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Paris : que sont ces “dark stores” qui envahissent la capitale ?

Ils sont déjà 115 recensés.

La livraison de courses et de repas à domicile à fait naître un nouveau concept, les “dark stores”. À Paris, voilà qu’ils sont déjà 115 répertoriés ça et là, dans un récent recensement de Journal du Net. Si rien n’est souvent affiché sur leurs devantures, vous remarquerez certainement leur présence par le nombre de scooters passants près d’eux… au grand dam des riverains.

Ces “stores”, qui n’ont rien à voir avec des magasins classiques, sont en fait des entrepôts avec des milliers de références pour répondre au commandes en ligne pour des courses livrées à domicile de GoPuff ou encore Cajoo.

D’autres “dark stores” sont des cuisines nées du boom des entreprises comme Uber Eats et Deliveroo – que l’on appelle plus généralement des “dark kitchens”. Sur ces plateformes, les nouveaux restaurateurs ont bien compris qu’ils n’avaient plus besoin de grandes salles pour accueillir leurs clients et se contentent de faire des repas puis de les donner aux livreurs.

Les “magasins fantômes” prolifèrent

En ne faisant que livrer, les restaurants et les enseignes de grande distribution ont réduit leurs infrastructures à de simples cuisines et entrepôts de quelques dizaines de mètres carrés seulement. Moins chers, disposés à plusieurs endroits pour ratisser plus large une ville et livrer plus vite, voilà que leur nombre ne fait que grossir en Europe comme aux États-Unis. À Paris, ils seraient 115 aujourd’hui.

En France, la startup Not so Dark levait 21 millions d’euros en février 2021, à peine un an après son lancement. L’appétit des investisseurs s’expliquait par le modèle de cette boîte, qui profitait du confinement pour proposer ses “dark kitchens”. Depuis, elle a changé de stratégie, mais les espaces comme les siens continuent d’ouvrir partout.

À Boston, sur la côte est des États-Unis, c’est le mastodonte “Cloud Kitchens” qui ouvrait récemment ses portes. Ce nom vous est d’autant plus inconnu, mais il est celui du nouveau projet du cofondateur d’Uber Travis Kalanick. Pépite des investisseurs, il est néanmoins devenu le cauchemar des cuisiniers.

Selon une récente enquête du Boston Globe, 90% des restaurants qui lui louaient ses espaces rencontraient des problèmes et se voyaient obligés de fermer après seulement quelques mois.

Cauchemar des riverains

Le modèle des dark kitchens peut paraître intéressant, mais les entreprises derrière ces espaces cherchent à tout prix le profit et peuvent mettre à mal des restaurateurs qui se lanceraient, en leur demandant une part trop importante de leurs chiffres d’affaires, ou en ne réglant pas à temps les problèmes techniques dans les cuisines.

Quant aux dark stores pour les livraisons de courses, une enquête de Franceinfo montrait à quel point ces lieux pouvaient devenir une vraie calamité pour les riverains. À coup de plusieurs dizaines voire centaines de scooters journaliers, arrivant et repartant pour les livraisons, des rues parfois tranquilles ont vu leur fréquentation exploser et le calme disparaître.

Bien moins important que le nombre calculé par Journal du Net, le premier adjoint à la Mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, disait que “Sur les 65 premiers contrôles que nous avons opéré au mois de janvier, 45 sont dans une illégalité de fait, car ils considèrent que ce sont des commerces alors que, pour nous, ce sont des entrepôts. A Paris, le critère est assez simple : il n’est pas autorisé d’avoir un local de stockage uniquement dans un immeuble d’habitation.”

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