John Zimmer n’est pas n’importe qui dans le monde de l’automobile. Co-fondateur de la plateforme Lyft, il est l’un des premiers défenseurs de la voiture autonome. Mais malgré cette envie d’innovation, il garde les pieds sur terre. Pour lui les conducteurs humains ont encore de belles années devant eux.
« Je ne peux pas imaginer un moment au cours de la prochaine décennie où nous aurions besoin de moins de conducteurs. » Il a tout de même émis l’hypothèse de réaliser 1 à 10 % des trajets de sa société avec des voitures autonomes dans les prochaines années.
Selon lui la croissance de Lyft reste supérieure à celle du marché des voitures autonomes. Sur les dix dernières années, ce sont plus de cinq millions de personnes qui ont pris le volant pour un trajet Lyft pour 112 millions de passagers et 3 milliards de courses. L’entreprise de San Francisco est à ce titre une des solutions de VTC les plus populaires au monde.
Lyft et la voiture autonome, rendez-vous dans 10 ans
Interrogé sur l’avenir des voitures autonomes, Zimmer n’a pas voulu prendre de risque. Il juge le marché trop instable pour être prédictible. Selon lui la barrière technologique n’est pas totalement franchie, et même quand cela sera fait, il faudra réduire considérablement les coûts pour intéresser un large public.
« Je crois fermement que ce n’est pas une question de si, mais évidemment de quand. » Zimmer explique qu’il devrait être l’un des premiers à donner sa chance aux voitures autonomes. Pour lui ce sont des solutions comme Lyft ou Uber qui proposeront en premier des voitures autonomes.
Car si ces dernières sont capables de parcourir sans danger 10 à 15 % des trajets, elles ne comprennent toujours pas toutes les variables à prendre en compte sur la route. Lyft ou Uber pourrait donc construire un « réseau hybride » où les trajets les plus simples seront réalisés par des voitures autonomes.
Lyft : les partenariats plutôt que la R&D
Dans son exemple, il assure « qu’un trajet sur 10 » se fera à l’avenir avec des voitures autonomes. Une chose est sûre, Zimmer sait très bien de quoi il parle quand il évoque le sujet des voitures autonomes. En avril 2021 sa société Lyft a vendu son unité de conduite autonome à une filiale de Toyota contre 550 millions de dollars.
Lors de la vente, Zimmer l’a expliqué en privilégiant les « partenariats » plutôt que l’exploitation en interne. Elle aurait été très coûteuse pour la jeune entreprise. L’idée est donc de laisser les grands noms de l’industrie automobile faire le travail de R&D tandis que Lyft récupérera le produit fini dans quelques années.
Cette stratégie permet à Zimmer de voir comment le marché évolue et lui évite de faire fausse route dans le développement d’une technologie. « Aujourd’hui il n’y a pas de gagnant, mais dans 10 ans qui sait ? »
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