Ce serait presque un comble pour Apple. Alors que la marque s’évertue à rester un modèle en matière de respect de la vie privée (et en a même fait un argument marketing), la CNIL vient de lui infliger une amende pour ne pas avoir respecté le consentement de ses utilisateurs.
Plus précisément, le régulateur français vient d’épingler la Pomme pour avoir déposé des traceurs publicitaires dans les iPhone afin d’afficher des publicités personnalisées sur l’App Store, le magasin d’application de l’iPhone. La CNIL précise :
Sous l’ancienne version 14.6 du système d’exploitation de l’iPhone, lorsqu’un utilisateur se rendait sur l’App Store, des identifiants poursuivant plusieurs finalités, dont des finalités de personnalisation des annonces publicitaires diffusées sur l’App Store, étaient par défaut automatiquement lus sur le terminal sans recueil du consentement.
Le régulateur considère que ce ciblage (activé par défaut avant iOS 15) n’était pas nécessaire pour le bon fonctionnement de l’App Store et que Apple aurait dû, a minima, demander le consentement des utilisateurs.
Une amende symbolique
Pour cette violation de la vie privée, la CNIL inflige donc une amende de 8 millions d’euros à Apple. Une sanction plus symbolique qu’autre chose, tant le montant de l’amende est dérisoire au regard des bénéfices réalisés par l’entreprise chaque année. Dans une déclaration, Apple explique :
Apple est déçu par cette décision, la CNIL ayant précédemment reconnu que la façon dont nous diffusons les annonces dans l’App Store donne la priorité à la protection de la vie privée. des utilisateurs.
Elle ajoute que « Apple Search Ad ne suit jamais les utilisateurs sur des applications ou sites tiers, et n’utilise que des données de première main (first-party data) pour personnaliser les publicités ».
L’entreprise avait par ailleurs pris les devants après l’ouverture de l’enquête faisant suite à une plainte de France Digitale mi-2021, rappelle RTL. Insuffisant pour éviter une sanction, mais assez pour que l’amende reste symbolique.
En Europe, les géants de la Tech vont devoir se montrer moins négligents en matière de respect de la vie privée. Le Digital Market Act et le Digital Services Act, deux textes votés par l’Union européenne l’année dernière, visent à protéger davantage les utilisateurs.
Ce changement de règles va obliger les acteurs de la tech et du numérique à revoir leurs méthodes, aussi bien en matière de concurrence que de conception de produits (l’USB-C généralisé par exemple) ou de respect de la vie privée.
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