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Pourquoi le Bitcoin évite-t-il les déboires de la crypto-monnaie Facebook ?

La crypto-monnaie Libra est centralisée, et c’est ce qui lui pose des problèmes aujourd’hui.

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Crypto-monnaie Libra
© Libra

Depuis qu’elle a été officialisée au courant du mois de juin, la devise électronique imaginée par Facebook pose de nombreux problèmes aux régulateurs du monde. Alors que certains pays comme la Russie, la Chine ou l’Inde ont immédiatement coupé court à cette crypto-monnaie, d’autres régulateurs et banques centrales se posent toujours de sérieuses questions quant aux potentielles répercussions de cette dernière.

Le pouvoir centralisé

Dans notre guide sur les différences entre le Bitcoin et la Libra, cette dernière se distingue notamment du fait qu’elle soit centralisée : elle est contrôlée par une association qui est composée aujourd’hui de 27 membres fondateurs (dont Facebook via sa filiale Calibra) – un chiffre qui devrait rapidement croître à 100 si l’on en croit les affirmations de Facebook.

Cela n’empêche pas que cette crypto-monnaie Libra est donc « centralisée », ce qui n’est pas le cas du Bitcoin : en tant que devise décentralisée, ce dernier passe ainsi à travers les mailles de la régulation, ce qui lui permet de se passer d’intermédiaires financiers traditionnels et de résister aux politiques des différentes banques centrales. A l’origine, le mouvement derrière le Bitcoin avait pour objectif de créer un nouvel « État Numérique » avec une monnaie gouvernée par l’ensemble de ses utilisateurs.

Il faut toutefois reconnaître qu’une régulation de la Libra pourrait toutefois permettre à cette devise électronique de passer un nouveau cap de popularité – qui n’a pas encore été franchi par le Bitcoin. Reste à savoir si les politiques se montreront suffisamment flexibles pour qu’une telle crypto-monnaie privée puisse un jour voir le jour…

 

 

Association Libra

Membres fondateurs de Libra © Libra

Ce pouvoir centralisé de la Libra, c’est justement ce qui fait que les nombreux régulateurs puissent avoir un droit de regard sur son développement. S’ils ne sont pas d’accord avec le principe, ils peuvent donc potentiellement l’interdire – comme c’est déjà le cas dans certains pays. C’est pour cette raison que Facebook a, depuis le début, communiqué avec les différents régulateurs et banques centrales du monde entier, pour tenter de rassurer ces dernières quant à son développement.

« 50% de chance de survie ? »

Quelques heures après présentation, le Ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire a très rapidement réagi en pointant les dangers de la crypto-monnaie Facebook : « que Facebook créé un instrument de transaction, pourquoi pas. En revanche, que ça devienne une monnaie souveraine, il ne peut pas en être question ». Le Ministre français a immédiatement souligné que les monnaies souveraines devaient rester dans les mains des États – et non d’entreprises privées.

Il y a quelques jours, c’est le Congrès américain qui s’est prononcé sur la devise électronique de Facebook, demandant à l’association de mettre en pause tous ses projets autour de la crypto-monnaie en attendant une réflexion plus approfondie sur les répercussions d’une telle innovation : « il semble que ces produits pourraient se prêter à un tout nouveau système financier mondial basé en Suisse et ayant pour objectif de rivaliser avec la monnaie américaine et le dollar. Cela soulève de sérieuses préoccupations en matière de vie privée, de commerce, de sécurité nationale et de politique monétaire, non seulement pour Facebook plus de 2 milliards d’utilisateurs, mais aussi pour les investisseurs, les consommateurs et l’économie mondiale ».

Ce week-end, c’est au tour de Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque Centrale Européenne, qui aurait déclaré qu’il était « hors de question » de laisser les GAFA mettre en place des devise privée et sans régulation. Il regrette par ailleurs qu’on aurait déjà laissé « les GAFA se développer dans un vide réglementaire pour toutes leurs activités commerciales », et il ne souhaiterait pas reproduire une erreur similaire avec cette crypto-monnaie.

Face à cette avalanche de critiques de la part de banques centrales, le gérant d’actifs Ari Paul n’a pas mâché ses mots en affirmant que la Libra n’avait que 50% de chance de voir le jour. Si Facebook est à l’origine du projet, le groupe américain ne souhaite pas avoir davantage de responsabilités que les autres membres composant l’association suisse derrière la Libra. Il semble toutefois aujourd’hui bien seul face aux régulateurs…

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