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Pourquoi les Français ont-ils boudé les salles de cinéma en 2025 ?

L’année qui s’achève figure parmi les pires pour les salles de cinémas françaises. Avec seulement 157 millions de billets vendus contre 181 millions en 2024, les salles obscures accusent une chute de fréquentation de plus de 13%. Mais pourquoi les Français ne vont-ils plus au cinéma ?

157 millions d’entrées. Voilà le bilan des salles de cinéma en France pour l’année 2025. Une performance décevante (-13%) après une année 2024 encourageante (181 millions d’entrées). Pour comprendre cette désaffection, il faut d’abord regarder du côté de la programmation. L’année 2024 avait été portée par deux locomotives exceptionnelles : « Le Comte de Monte-Cristo » et « Un p’tit truc en plus », tous deux franchissant la barre symbolique des dix millions d’entrées. En 2025, aucun film français n’a réussi à créer un tel engouement populaire. « Il y a eu un nombre limité de films qui pouvaient rassembler une large fréquentation en 2025, c’est l’origine de ce retrait », explique Marc-Olivier Sebbag, délégué général de la Fédération nationale des cinémas français.

Côté américain, les déceptions ont également pesé lourd dans la balance. « Mission : Impossible – The Final Reckoning », pourtant attendu comme l’un des blockbusters de l’année, n’a réalisé que 2,5 millions d’entrées en France, bien en deçà des attentes pour une franchise aussi établie. Cette contre-performance illustre une certaine lassitude des Français de voir des suites et franchises se multiplier dans les salles obscures.

Les seniors ne vont plus au cinéma

Expliquer le désamour des salles de cinéma par l’unique programmation serait réducteur. Selon le Centre national du cinéma, le segment de consommation qui a disparu des salles est celui des seniors. « Ce sont eux qui sont les plus sensibles à la variété de l’offre », explique le CNC. Une analyse qui en dit long. Les plus de 60 ans, jusqu’ici fidèles aux salles de cinéma, semblent avoir modifié leurs habitudes, probablement au profit des plateformes de streaming. Un bouleversement culturel qui s’explique sans doute par les prix des tickets d’entrée. Les anciennes générations ont connu des tarifs bien plus accessibles, aussi un ticket de cinéma à 12 euros (en moyenne, hors abonnement) peut leur sembler stratosphérique.

À l’inverse, les jeunes générations continuent de fréquenter les cinémas, mais avec une autre motivation. Pour eux, la sortie en salle est devenue « événementielle », réservée aux blockbusters et aux phénomènes culturels incontournables. Les succès phénoménaux de « Zootopie 2 » et « Avatar 3 » en fin d’année en témoignent. Le film d’animation Disney a attiré 5,2 millions de spectateurs en quatre semaines seulement, devenant le plus gros succès de l’année en France. Quant au troisième volet de la saga de James Cameron, il a dépassé les 2,5 millions d’entrées dès sa première semaine d’exploitation.

Cette dynamique de fin d’année a d’ailleurs permis aux professionnels de retrouver le sourire. « On était à +30% de fréquentation par rapport à 2024 et +20% par rapport à l’ère pré-Covid », se réjouit Marc-Olivier Sebbag. La preuve que le cinéma conserve un pouvoir d’attraction, à condition de proposer des événements suffisamment fédérateurs.

2026, année de rebond ?

Reste que cette fréquentation de 157 millions de spectateurs ramène le marché français à son niveau des années 2000, loin des 200 millions annuels qui ont marqué les années 2010. Le secteur ne sombre pas pour autant dans le pessimisme. Le CNC a accordé en septembre des avances sur trésorerie à 70 établissements sur les quelque 2 200 que compte le pays, mais aucune vague de fermetures n’a été constatée.

Et les professionnels regardent déjà vers 2026 avec optimisme. L’offre s’annonce dense, avec des productions françaises ambitieuses comme « Marsupilami » ou l’adaptation des « Légendaires », ainsi qu’un retour en force attendu des studios hollywoodiens après le creux provoqué par la grève des scénaristes de 2023. Les cinéphiles guettent surtout le mois de décembre 2026 et la sortie simultanée de « Dune : troisième partie » et « Avengers: Doomsday », déjà surnommée « Dunesday » en référence au phénomène « Barbenheimer » de 2023. Préparez les popcorns !

  • La fréquentation des cinémas français a chuté à 157 millions d’entrées en 2025, contre 181 millions en 2024.
  • Les seniors ont massivement déserté les salles tandis que les jeunes ne s’y rendent plus que pour des sorties « événementielles ».
  • Les professionnels restent optimistes pour 2026 grâce à une offre plus dense et le retour des productions hollywoodiennes.

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