Du côté de chez Ubisoft, c’est loin d’être la joie. Le géant de l’industrie du jeu vidéo traverse une période (très) tumultueuse. Les faux pas s’enchaînent et l’entreprise n’arrive pas à sortir la tête de l’eau. Alors que des rumeurs de rachat se font entendre depuis quelque temps, que son dernier titre est un échec, que le prochain Assassin’s Creed et que son action est particulièrement malmenée en Bourse, Ubisoft continue de s’enfoncer.
Depuis ce mardi 15 octobre 2024, les salariés d’Ubisoft haussent le ton. Devant le siège à Saint-Mandé mais également devant les studios de Lyon, Montpellier et Annecy, des centaines de salariés en grève scandent leur mécontentement et leurs revendications. Que se passe-t-il chez Ubisoft ?
Fin du 100% télétravail chez Ubisoft
La pandémie de Covid-19 a complètement chamboulé notre manière de travailler. À la suite des multiples confinements, le télétravail est devenu un réflexe incontournable. Malgré la fin de la crise sanitaire, le télétravail est resté dans les habitudes de travail de nombreux salariés. Mais plus de quatre ans après la pandémie, de plus en plus d’entreprises veulent un “retour à la normale”. Ils veulent revoir leurs collaborateurs en présentiel. C’est notamment le cas d’Amazon, qui rage face à l’apparition du “coffe badging” pour lutter contre les nouvelles règles concernant le télétravail.
Ainsi, Ubisoft veut revoir ses salariés dans ses bureaux. L’éditeur français veut imposer un nombre de jours de télétravail accordé à ses employés. La direction a récemment annoncé le retour imposé au travail en présentiel trois jours par semaine. Cela marque donc la fin du 100% télétravail qui est, aujourd’hui, un avantage non négligeable.
C’est pour cette raison que les diverses organisations syndicales du groupe ont lancé un appel à la grève à la fin du mois de septembre… Et que de nombreux salariés y ont répondu. C’est assez rare : l’industrie du jeu vidéo est très peu syndiquée. Ce qui rend la situation encore plus impressionnante.
Selon les salariés d’Ubisoft en colère, le groupe n’a pas réussi à démontrer en quoi ce retour en présentiel serait bénéfique pour leur productivité et leur créativité. À savoir que les discussions sur les dernières négociations annuelles obligatoires (NAO) et l’intéressement avaient déjà été mouvementées… Tout cela rajoute donc de l’huile sur le feu.
Alors qu’Ubisoft emploie plus de 4000 personnes dans l’Hexagone, et près de 19 000 dans le monde entier, certains voient dans cette décision un “plan de départ déguisé”. Certains salariés ont été embauchés en 100% télétravail, d’autres ont organisé leur vie en fonction de ce changement. Les faire revenir au bureau plusieurs jours par semaine est particulièrement contraignant, pouvant pousser quelques-uns vers la sortie. C’est encore plus inutile pour certains d’entre eux, comme un salarié qui explique être le seul de son équipe à travailler en Europe.
L’entreprise rappelle qu’elle a “toujours attribué une grande importance au dialogue social avec les représentants du personnel et poursuivra ce dialogue avec toutes les formes de représentations du personnel”. Néanmoins, les syndicats craignent qu’Ubisoft veuille faire passer cette décision de force.
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