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Pourquoi se poser sur la Lune en 2024 est si compliqué ?

La NASA a réussi à se poser sur la Lune en 1969 avec la mission Apollo 11, alors pourquoi a-t-elle tant de mal en 2024 à faire de même ?

C’est l’un des grands arguments des défenseurs des théories du complot. Si la NASA a bien réussi à se poser sur la Lune en 1969, avec un ordinateur de bord aussi puissant que nos calculatrices de collège, pourquoi l’agence spatiale américaine a-t-elle tant de mal à reproduire pareille mission en 2024, avec toutes les technologies dont elle dispose aujourd’hui ?

La question peut sembler légitime, d’un point de vue extérieur, il paraît beaucoup plus simple d’aller sur la Lune en 2024, avec notre connaissance de l’espace et des lancements spatiaux, que ce ne fut le cas en 1969 lors de la mission Apollo 11 qui a vu Neil Armstrong et Buzz Aldrin être les premiers humains à fouler le sol lunaire.

Apollo, un programme historique, rempli d’échec

La première explication pour justifier les difficultés rencontrées par la NASA de nos jours est à chercher du côté de cette fameuse mission Apollo 11. En effet, l’agence spatiale américaine a réalisé lors de ces quelques jours de vols un vrai exploit scientifique et technique.

Apollo 11 marque l’apogée de la “course à l’espace” entre les États-Unis d’un côté et les soviétiques de l’autre. Ces derniers, qui avaient pourtant une longueur d’avance sur les américains, n’ont jamais réussi à amener une mission habitée sur la Lune. Les missions Apollo, et Apollo 11 en premier, n’étaient pas une norme des savoirs scientifiques des années 70, bien au contraire.

Ces vols étaient des démonstrations de puissance de la NASA, mais ils comportaient tous leur part de risque. D’ailleurs, Apollo 13 n’a jamais réussi à se poser sur la Lune et la mission est passée à un cheveu (en l’occurrence une chaussette) de tourner au drame.

Apollo 11, un exploit hors norme

Lune NASA artemis
© History in HD / Unsplash

Même la mission Apollo 11, que le grand public retient comme une réussite maitrisée de bout en bout par la NASA, n’a pas été une promenade de santé. Lors du décollage depuis la Lune, Buzz Aldrin a dû utiliser un stylo pour relancer les moteurs, l’interrupteur étant cassé.

Toutes les missions Apollo sont accompagnés de péripéties, la fusée Saturn V de la mission Apollo 12 est touchée par la foudre 30 secondes après le décollage, entraînant une coupure de courant générale dans la fusée.

Si la mission s’est ensuite déroulée sans encombre, ce n’est pas le cas à chaque fois. Lors de la mission Apollo 1, quelques jours avant le lancement officiel, un incendie se déclare dans le module. En moins de 15 secondes, les flammes embrasent le vaisseau et les communications radios coupent. Les trois astronautes, présents sur les lieux pour des tests, meurent sur le coup.

La sécurité en premier

Aller sur la Lune est donc une mission périlleuse, dans les années 60 la NASA avait conscience de ces dangers, mais dans sa lutte contre le communisme et l’URSS, elle était prête à faire des sacrifices pour arriver à ses fins. Aujourd’hui, les temps ont changé. L’agence spatiale américaine ne peut/veut pas prendre le moindre risque avec ses astronautes.

C’est pour rendre les protocoles de sécurité toujours plus stricts que l’agence spatiale américaine a tant de mal à enchaîner les missions habitées vers la Lune. La NASA pourrait reprendre les plans de Saturn V et retourner sur la Lune comme l’a fait Neil Armstrong en 1969, mais cela représenterait un risque immense pour la vie des astronautes à bord.

Un défi technique

Car malgré toutes les avancées techniques réalisées par la NASA et le monde spatial en général ces dernières décennies, se poser sur la Lune reste un exploit hors norme. La meilleure façon de se rendre compte est de regarder les dernières tentatives de mission vers notre satellite.

Très récemment (en 2024) la sonde privée Pérégrine, pourtant financé par la NASA, devait prendre la direction de notre satellite, mais un problème de propulsion a rendu la mission impossible. Quelques mois avant, c’était la sonde japonaise Hakuba qui tentait de se poser sur notre satellite. Après des semaines en orbite, la sonde a enclenché sa dernière descente, mais elle est arrivée trop vite et s’est crashée lors de l’atterrissage.

Toujours en 2023, c’est la Russie et son agence spatiale Roscosmos qui ont essayé de rejoindre la Lune. Là encore la mission a échoué lors de l’atterrissage, la sonde Luna-25 n’a pas réussi à rétablir les communications après sa descente, sans doute à cause d’un crash.

Apollo et Artémis, deux programmes différents

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La fusée SLS de la NASA qui doit amener des astronautes sur la Lune © NASA

Enfin, la dernière raison qui explique les difficultés rencontrées par la NASA dans son périple vers la Lune sont à trouver du côté de ses missions. Avec le programme Artémis, voulu par le président Donald Trump, la NASA fait un vrai bond en avant par rapport aux missions Apollo des années 70.

Il n’est pas simplement question de se poser sur la Lune et de revenir sain et sauf. La NASA ambitionne d’amener des astronautes à la surface de notre satellite pour des missions sur le long terme, avec la construction d’une base habitable aussi bien en orbite (la future Gateway) que sur le sol lunaire.

Ce changement d’échelle rend les missions toutes plus complexes les unes que les autres. Pour se donner un ordre d’idée, la mission Apollo 11 a permis de réaliser deux heures de sortie extra-véhiculaire. La seule mission Artémis 3, qui doit atteindre la Lune en 2026 devrait en compter 5 fois plus.

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2 commentaires
2 commentaires
  1. Excellent article lequel, par ses précisions, et nous informe et rappelle aux défenseurs des théories du complot la nécessité impérieuse de réflechir, de se documenter avant de brailler comme des écervelés.

    Vrai qu’au final les missions Apollo auront été aimées des dieux tant le facteur chance aura été de la partie, y compris avec le vol Apollo 13 : la chance ce n’est pas que la réussite mais bien aussi l’absence de drame.

  2. Une excellente vidéo tout juste proposée par l’excellente chaîne YouTube ‘Stardust’ :
    “Apollo 11 – Toute l’Histoire – Documentaire 2024″ : [https://www.youtube.com/watch?v=8wuG7e3x0X0]
    1h59’01”, en français. Récit passionnant, documenté, comme toujours sur cette chaîne. Vient parfaitement en complément de cet article.

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