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Plus de 50 ans après Neil Armstrong, la NASA part vers la Lune !

Voilà plus de 50 ans que les passionnés d’espace attendaient ce moment. Après des décennies de frustration, la NASA reprend la direction de la Lune.

Enfin ! Depuis la fin de l’été, la NASA attend que tous les voyants soient au vert pour faire décoller sa mégafusée SLS en direction de la Lune. Finalement c’est dans la nuit du 14 au 15 novembre que l’engin a quitté le pas de tir 39A de Cap Canaveral, plus de 50 ans après la Saturn V de Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins.

Il était sept heures du matin, heure française, quand la NASA a mis fin au compte à rebours. La fusée s’est alors propulsée dans les airs dans un vacarme assourdissant. Présentée comme la fusée la plus puissante de la planète, SLS a tenu toutes ses promesses. Au sommet de cette montagne de puissance (de 98 mètres), le petit module Orion, au coeur de toutes les attentes.

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Le plan de vol de la NASA pour cette mission Artemis 1 qui commence aujourd’hui © NASA

Avec cette mission, Artemis 1, la NASA veut retourner sur la Lune. Ce premier décollage doit permettre à l’agence américaine de retrouver ses marques, un demi-siècle après la fin des missions Apollo. Prévue pour durer entre 4 et 6 semaines, cette première partie du programme Artemis doit donner confiance à la NASA.

Dans les prochains jours, la fusée prendra la direction de la Lune et le module Orion se mettra en orbite autour de notre satellite. Il reviendra dans un second temps sur Terre. Une mission de ce genre n’avait plus été réalisée par la NASA depuis Apollo 17 en 1972.

Artemis : Opération Lune

Depuis la fin de cette guerre à l’espace avec l’URSS, la Lune avait toujours été un objectif pour la NASA, mais l’agence, qui dépend de financements publics, n’a jamais reçu le soutien nécessaire pour mener une telle mission à son terme. Un projet de retour sur notre satellite est né au début des années 2000 (Constellation), mais Barrack Obama y mettra fin, préférant concentrer les ressources de l’État sur sa réforme de l’Obama Care.

Il faudra attendre 2016 et l’arrivée de Donald Trump dans le bureau ovale pour remettre la Lune au cœur des discussions. Le 45e président des États-Unis fixe ses objectifs : la NASA doit retourner sur notre satellite en 2024, date de la fin (potentielle) de son second mandat.

Battu en novembre 2020 par Joe Biden, le programme Artemis est néanmoins poursuivi et la Maison-Blanche continue de le financer. En tout ce retour sur la Lune devrait coûter 35 milliards de dollars à l’État américain. 53 ans après Apollo 11, sa sœur jumelle dans la mythologie grecque, Artemis, prend le relais pour une première mission, déjà historique.

Artemis : tout sauf une copie des missions Apollo

Si le décollage d’aujourd’hui fait partie de ce programme, il n’en est que le commencement. Cette première mission a d’ailleurs des allures de grande répétition générale pour l’agence spatiale américaine. Sans être humain à bord, Artemis 1 sert avant tout de test de fiabilité pour sa fusée SLS et le petit module Orion.

Prenant le relais de l’historique Saturn V, SLS (pour Space Launch System) n’a pas le droit à l’erreur. Tout le programme de retour lunaire dépend du bon fonctionnement de la fusée, et donc de ce premier vol. Après de multiples reports, le décollage a eu lieu dans la nuit du 14 au 15 novembre. Seule une frayeur sur le remplissage de l’hydrogène a retardé le plan de vol de quelques minutes.

Ne voulant prendre aucun risque, la NASA a envoyé la “red team” au plus près de la fusée pour vérifier que tout allait bien. Une fois le “go” reçu, l’agence spatiale américaine a repris les préparatifs du lancement qui s’est déroulé autour de 7h50 heure française.

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La fusée SLS de la NASA sur son pas de tir en août dernier © NASA

La NASA a raison d’être prudente, car le 29 août dernier, la première fenêtre de lancement n’avait pas pu être utilisée à cause d’un problème sur une des valves du moteur 3 empêchant le remplissage en hydrogène de la fusée. La procédure de départ avait alors été interrompue mais elle n’avait jamais repris.

Entre-temps des tempêtes tropicales (Ian et Nicole) ont soufflé la Floride et la fusée a été clouée au sol.Le grand décollage a donc eu lieu en novembre. C’était l’une des dernières occasions pour l’agence spatiale américaine qui se devait de réussir cette mission pour ne pas mettre tout le programme en retard.

Toujours vigilantes, les équipes de la NASA peuvent maintenant souffler un bon coup, une grande partie de la mission est désormais derrière eux.

D’ici quelques jours le module Orion devrait arriver en orbite autour de la Lune. Il y passera près d’une semaine avant d’entamer la route du retour en direction de notre planète bleue. En chemin la fusée va servir de taxi pour une dizaine de satellites qui effectueront des missions annexes.

Gateway : l’autre projet de la NASA pour la Lune

Avec le programme Artemis, la NASA veut rééditer les exploits des missions Apollo, sans pour autant faire un copier-coller. Pas question de refaire un «saut de puce» à la surface de notre satellite comme il y a 50 ans. L’agence spatiale américaine veut s’installer durablement sur la Lune. Avec Artemis 3, la première mission habitée qui se rendra sur le sol lunaire, la NASA veut construire les prémices d’une base habitable.

Dans le même temps, elle espère pouvoir mettre sur pied «Gateway». Cette station spatiale sera assez proche de l’ISS dans l’aspect. La principale différence sera l’orbite de rotation de cette nouvelle station. Elle tournera en effet autour de la Lune. Cette « porte d’entrée » devrait permettre aux différentes agences spatiales membres du projet (NASA, ESA, JAXA et CSA) de se rendre facilement sur la Lune.

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Le français Thomas Pesquet fait partie des candidats européens pour une place en direction de la Lune © NASA/ESA

Parmi les candidats européens pour un voyage vers la Lune, le nom du normand Thomas Pesquet circule d’ailleurs beaucoup. Grâce à la contribution de la France et du CNES dans les projets de l’agence spatiale européenne, il fait partie des prétendants pour ce siège en or. En attendant de savoir si Thomas Pesquet sera le Neil Armstrong français, tous les astronautes ont les yeux tournés vers Artemis 1. Cette première pierre va servir de fondation pour toutes les missions lunaires de ces 10 prochaines années.

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