Swile s’est ouvert au groupe bancaire BPCE à l’occasion d’une prise de participation de 22% dans le capital de la pépite française qui a numérisé le titre-restaurant. Grâce à l’opération, la fintech va récupérer l’activité de Bimpli (ex-Aperetiz), l’application d’avantages salarié du groupe BPCE, utilisée par plus de 4 millions de professionnels et 53 000 entreprises.
Une telle entrée au capital est aussi un moyen pour la pépite française née à Montpellier de protéger sa valorisation. Face à la morosité des marchés, les valorisations des entreprises technologiques ont fondu et certaines fintech telles que Klarna (la plus grosse startup européenne) ont vu leur montant se dévaluer de plus de 85%.
Selon ses dires, Swile bouclerait son opération avec BPCE sans changement pour sa valorisation. Comprenez par là qu’elle n’aura pas baissé, une “bonne nouvelle” en 2022. Mais cela fait tout de même du groupe bancaire le premier actionnaire de la startup, avec tous les changements stratégiques que cela pourrait laisser. Il faut dire que Swile est du genre précoce : il ne lui aura fallu que trois ans après sa création pour devenir une licorne (dépasser le milliard d’euros de valorisation).
L’investisseur stratégique de Swile
Pour continuer à grossir, en plus de cette croissance externe grâce à Bimpli, Swile capitalise sur l’international et les marchés brésilien et mexicain. Pour cela, elle peut encore compter sur les capitaux investis par le japonais Softbank, qui entrait au capital de la pépite à l’occasion d’une levée de fonds de 200 millions d’euros. Index, Euraxeo et Bpifrance participaient également à l’opération.
Pour faire venir Softbank, Swile pouvait remercier la présence du français Michel Combes au poste de chef des opérations. Depuis, l’investisseur a quitté le conglomérat, une mauvaise nouvelle pour l’écosystème francophone.
Qui de BCPE ou de Softbank sera l’investisseur le plus stratégique pour Swile ? La question se pose, mais en ces temps difficiles, un acteur traditionnel qui a autant besoin de Swile que Swile a besoin de lui n’est certainement pas de refus.
La consolidation dans le paysage fintech devrait de plus en plus voir ce genre de procédure, à l’heure où les fintech ont du mal à trouver un modèle d’affaires rentable et que les banques veulent rattraper leur retard technologique face aux banques en ligne en rachetant des pépites. Il y a deux ans, Société Générale rachetait la totalité de Shine, une néobanque pour les pros.
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