Proptech : est-ce bientôt la fin des agences immobilières physiques ?

Connaissez-vous la Proptech ? Revue de détails sur les perles de l’immobilier online qui font accourir les investisseurs.

Proptech immobilier

Article rédigé par Vincent Lecamus, fondateur d’Immobilier 2.0, site de référence de l’industrie immobilière sur la veille technologique et le marketing immobilier.
Cet article s’inscrit dans notre rubrique « Paroles de Pros » dans laquelle des acteurs réputés du numérique prennent la parole sur des sujets liés à l’impact d’internet et des nouvelles technologies sur nos modes de vie.
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Dernièrement, je vous expliquais que des startups achètent déjà vos biens immobilier sur Internet grâce au big data. Ces entreprises ont levé des fonds. Et les levées de fond ne sont pas prêtes de s’arrêter. La proptech, ces startups immobilières au sens large, sont dans le viseur des capitaux risqueurs. Et l’objectif est clairement d’aller chercher à créer une rupture dans les métiers des différents sous secteurs de l’immobilier. Pour le grand public, ce sont les agences immobilières qui sont les 1ers acteurs de terrain. Les seconds acteurs les plus connus, ce sont les portails de petites annonces immobilières. Un nouvel entrant vient avec la ferme intention de prendre des parts de marché à ces deux acteurs : les agences immobilières online !

Concrètement, il s’agit d’agences immobilières au forfait, dont 90% du processus se passe sur Internet, et en mobilité. Tout a commencé en 2014 en Angleterre. PurpleBricks lève 8 millions de livres. 3 ans plus tard, il y a 4 gros acteurs, qui représentent plus de 80 millions d’euros de levés et quasiment 10% du marché immobilier anglais. Présentation.

Purple Bricks

Il s’agit du 1er acteur à s’être lancé sur le marché anglais. Le concept est simple : ils proposent un forfait de 849 livres pour vendre votre maison. Eux s’occupent du marketing et le propriétaire s’occupe des visites. Ils ont levé plus de 60 millions de dollars depuis leur lancement et se sont lancés aux Etats-Unis et en Australie. Purple Bricks recrute des «  agents immobiliers » de terrain pour accompagner le client et s’occuper de faire signer les acheteurs et les vendeurs.

EasyProperty

Bébé d’EasyJet, EasyProperty arrive avec la même offre et l’appui financier d’une entreprise puissante. Positionné quasiment au même prix, Easyproperty propose aussi une offre premium à 1500 livres sterling qui comprend le fait de s’occuper des visites. Ils se lancent aussi dans la location. Affaire à suivre.

Yopa

C’est le concurrent le plus sérieux de Purple Bricks, avec EasyProperty. Aussi anglais, ils ont le même modèle à 10 livres près. Ils ont levé 15 millions de livres en mai dernier, ce qui porte leur levé à 31 millions. Bon deuxième, le petit poucet suit de près le leader et se partage avec Purple bricks les parts du gâteau des agents immobiliers, qu’ils grappillent peu à peu en Grande Bretagne.

Emoov

Encore une startup similaire à se lancer sur le marché. Emoov a levé lui aussi, 9 millions de livres, il y a quelques mois. Positionné avec quasiment la même offre que les deux startups précédentes, ils attaquent plus fort sur les prix. En effet, ils proposent de vendre le bien pour seulement 795 livres, soit 50 livres de moins que Purple Bricks. Sinon, le modèle est totalement similaire.

Chaque acteur qui se lance baisse donc le prix pour le vendeur.

Howzer

Et ça continue avec Howzer, puisqu’ils ne font tout simplement pas payer le propriétaire qui vend son bien. C’est l’acheteur qui paiera la commission à l’achat. Contrairement à ses trois concurrents, ils ne touchent l’argent que si ils vendent le bien et trouve un acheteur prêt à payer. C’est surement ce qui fait qu’ils n’ont levé que 2 millions pour le moment. Toutefois, ce qui est intéressant dans cette approche, c’est qu’ils facilitent leur travail auprès du vendeur. Ils entrent plus facilement des biens et s’offre la possibilité de constituer un stock plus rapidement. Et dans l’immobilier, celui qui contrôle le stock contrôle le marché.

La grande force de ses acteurs est donc de rentrer facilement du stock. Ensuite, ils utilisent l’intelligence artificielle pour faire du matching entre les biens et les acheteurs. En Angleterre, ils jouent donc sur les plates bandes des portails immobilier et des agences immobilières traditionnelles. Mais qu’en est-il en France?

Un acteur vient de lever 1 millions d’euros : Proprioo

Ils ont levé auprès de Kima aventures, le fond de Xavier Niel. Proprioo propose le même concept que ces startups immobilières, mais pour la France : vendre votre bien immobilier pour 990 euros. Pour ce prix, ils font l’estimation, ils publient sur les portails immobiliers (pour le moment, pas sur l’ensemble de ceux réservés aux professionnels) et vous avez à disposition un membre de leur équipe, qui vous accompagne pour la vente, au téléphone. Pour le reste, au propriétaire de se débrouiller. A ce jour, ils annoncent rentrer un nouveau bien par jour et avoir vendu déjà 15 biens après quelques mois de lancement.

On assiste donc à l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché. Ces acteurs sont financés et proposent une offre fortement agressive. Ils vont donc surement prendre des parts de marché ; c’est déjà le cas en Angleterre. Maintenant, la question se porte sur l’avenir du marché de l’agence immobilière traditionnelle, face à un service low-cost. On est d’accord que les professionnels de l’immobilier qui occupent le terrain depuis plusieurs décennies offrent un service plus haut de gamme, qui permet de faire de vraies découvertes clients et de mieux connaitre sa zone de chalandise et ses habitants. Toutefois, pour beaucoup, les agences immobilières sont vieillissantes et la technologie fait bouger les lignes. Cela va-t-il avoir un impact sur les honoraires à court ou moyen terme? Sur les services proposés par les agents? Sur l’implémentation plus rapide de techno similaire au sein des agences? L’avenir nous le dira.


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Un commentaire

  1. Claude HAGEGE on

    Comment ces sociétés comptent faire pour être bénéficiaires un jour.  En effet,  à 1000 euros le mandat,  une fois les frais le pub payés, les charges inhérentes… et l’agent accompagnateur… Que reste-t-il? Et combien est payé cet agent?Le business modèle ne tient pas la route et toutes ces startups ne vivent que sur l’endettement auprès de leurs fonds d’investissement qui eux ne sont intéressés que par les données récupérées sur les vendeurs et les acheteurs. 

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