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Crypto-monnaies

Quand les déboires de Bitmain écrasent les rêves des classes moyennes

Le plus grand mineur de Bitcoin du monde est en mauvaise posture depuis que la valeur de la monnaie a chuté, et des communautés entières sont directement touchées par ce déclin.

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Bitmain
© Paco S

Quand une entreprise licencie des salariés, on pense souvent au sort de ces employés qui doivent du jour au lendemain se reconstruire. Mais les conséquences d’une baisse drastique des effectifs d’une société peuvent également impacter durablement des territoires aux alentours. C’est ce qui est arrivé au Texas ces derniers mois, et tout particulièrement depuis que Bitmain a magistralement planté son IPO à 18 milliards.

Le leader mondial du minage de cryptomonnaies avait en effet prévu d’installer une gigantesque usine s’appuyant sur un data center de 325 000 machines à 500 millions de dollars pour créer de la cryptomonnaie, dans le compté de Milam. La petite ville de Rockdale, 5 000 âmes y aura vu une lueur d’espoir alors que les souvenirs de la crise de 2008 hantent toujours ses habitants. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu.

Les monts et merveilles promis par Bitmain

En arrivant au Texas, le géant chinois avait ainsi entrepris de sérieuses négociations avec la modeste bourgade républicaine afin afin d’obtenir de drastiques réductions sur le prix de l’électricité locale. Car oui, on ne le dira jamais assez, mais même si les devises virtuelles représentent l’avenir pour toute ma génération, leur création est si polluante que la nouvelle installation de Bitmain était supposée consommer 500 mégawatts pour fonctionner, soit l’équivalent de plusieurs centaines de milliers de foyers.

La firme aura d’ailleurs fini par obtenir un discount de -tenez-vous bien- 80% sur le tarif de l’énergie, durant 5 ans. C’est dire à quel point les locaux comptaient sur son arrivée, censée rapporter 700 000 dollars annuels après application de cette offre spéciale (soit 17% du revenu actuel du compté lié à l’électricité).

Mais ce n’est pas tout : entre 400 et 600 promesses d’embauche faisaient aussi partie du deal. Et quand on sait que le Bitcoin a atteint les 20 000 $ lors des échanges entre la municipalité et la licorne fin 2017, on comprend aisément que les initiés n’y aient vu qu’une magnifique opportunité. 1 an plus tard, Bitmain licenciera entre 50 et 80% de ses effectifs, selon les sources.

Échec cuisant

Fondée en 2013 à Pékin par Micree Zhan et Jihan Wu, celle qu’on ne peut plus vraiment appeler startup avait réussi à gagner près de deux milliards l’année où Trump s’est installé à la Maison-Blanche. Elle avait d’ailleurs aussi investi Washington (et New York) pour y lancer ses fermes à Bitcoin, faisant de son statut l’organisateurdes trois quarts du minage mondial.

Mais le climat chaud et humide du Lone Star State aura eu raison de ses ambitions : il n’y a plus que 5 salariés sur place, alors que le taux de chômage a atteint 12,5 %. À Rockdale, les magasins ferment, et ce n’est pas sans rappeler le décor de la rue où Winona Ryder tient sa petite boutique solitaire dans la dernière saison de Stranger Things. Même le VP de Bitmain, James Kyle, y aura laissé sa place, après avoir fréquenté le Rotary et le Lion’s Club du coin.

La raison de ce fail ? La fluctuation de la cryptomonnaie, qui est tombée près des 3 000 $ fin 2018. En résultera l’arrêt de 13% de la production mondiale de Bitcoin. Avec un concours de circonstances alliant manque de fonds et galères de travaux imprévues, c’est donc un coup d’arrêt brutal au projet qui a miné toute la population américaine de la région.

Et vous, miseriez-vous sur un pari aussi risqué ?

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