C’est une affaire de sexisme qui a particulièrement choqué. À tel point que Patrick Branco Ruivo, directeur général de la Société d’Exploitation de la Tour Eiffel (SETE) depuis 2018, va quitter ses fonctions d’ici à la fin de l’année. En cause, la remise des conclusions d’une enquête interne qui a mis en lumière des « dysfonctionnements et lacunes opérationnels » majeurs survenus le 5 septembre dernier.
Car à cette date, une importante délégation du mouvement religieux hindouiste BAPS s’est rendue à la tour Eiffel très tôt le matin, avant même l’ouverture du suite. Suite à une demande formulée par cette dernière, la direction a ordonné de restreindre les contacts avec les employées, en raison de la présence de moines dont les vœux interdisent tout contact avec les femmes.
Dans un communiqué, le personnel a ainsi dénoncé une politique ayant conduit « à ce que des salariées soient écartées, remplacées et rendues invisibles en raison de leur sexe ». Plusieurs agentes ont dû quitter leur poste pour attendre dans des pièces isolées, tandis que d’autres ont été remplacées par des collègues masculins, déplorent les témoignages. Estimant ces consignes « profondément contraires aux valeurs d’égalité et de non-discrimination », les salariés ont engagé un mouvement de grève, qui a provoqué la fermeture du monument le plus emblématique de Paris.

Un véritable tollé
Cette affaire a suscité une importante vague d’indignation. Emmanuel Grégoire, maire de Paris, a fustigé une décision « absurde, injuste et inacceptable ». Même son de cloche à l’Assemblée nationale, où la présidente, Yaël Braun-Pivet, a déclaré : « Je refuse que l’on demande à des femmes de s’effacer pour répondre aux exigences de visiteurs étrangers ».
Un véritable tollé pour lequel la SETE a présenté ses excuses, et qualifié la situation d’« inacceptable ». Ariel Weil, son président, a annoncé la création d’un département spécialisé chargé de gérer l’accueil des personnalités, des délégations officielles et des invités VIP, accompagné de programmes de formation ciblés sur l’égalité entre les femmes et les hommes.
De son côté, l’organisation BAPS a elle aussi fait son mea culpa, regrettant « toute douleur ou gêne occasionnée ». L’organisme a rappelé que sa requête initiale s’inscrivait dans le cadre de ses traditions spirituelles.
- Le directeur général de la Tour Eiffel quittera ses fonctions à la fin de l’année après la conclusion d’une enquête interne.
- Le 5 septembre, des employées ont été évincées et invisibilisées à la demande d’une délégation religieuse hindoue, déclenchant une grève du personnel.
- Face au tollé politique, la société d’exploitation a présenté ses excuses et annoncé la création d’un nouveau service ainsi que des formations à l’égalité.
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