Décidément, la Commission européenne ne laisse aucun répit à Apple. Après s’être vu sanctionné par une amende de 1,84 milliard d’euros pour concurrence déloyale envers Spotify (et autres plateformes de streaming musical), c’est maintenant Apple Pay qui est en péril avec l’entrée en vigueur imminente du DMA (Digital Market Act).
Ce nouveau texte européen a pour but de limiter le monopole des géants du numérique, à l’instar de Google, Apple, Facebook (Meta), Amazon et Microsoft. En mettant en place le DMA, la Commission européenne entend bien renforcer la concurrence afin de donner une chance aux entreprises qui n’ont pas la dimension des GAFAM et autres mastodontes de prendre part à l’économie du numérique. Le DMA n’est même pas encore entré en vigueur que déjà, les règles du jeu changent pour ces mastodontes.
Si la Commission européenne a validé la concurrence déloyale pratiquée par Apple envers les plateformes de streaming musical comme Spotify, les hauts représentants de Bruxelles pointent maintenant du doigt l’abus de position dominante d’Apple en ce qui concerne Apple Pay.
Avec l’entrée en vigueur du DMA, le monopole d’Apple Pay vacille. Selon une analyse extrêmement intéressante de iGeneration, cela pourrait pousser certaines banques européennes de renoncer à Apple Pay.
La fin d’Apple Pay en Europe ?
Aujourd’hui, il est possible de payer directement depuis son smartphone (voire sa montre connectée), et c’est redoutablement pratique. Contrairement aux appareils Android, pouvoir payer avec son iPhone coûte cher aux banques.
À l’heure actuelle, la firme de Cupertino impose des restrictions sur le paiement mobile et les puces NFC des iPhone. Pour faire simple : si vous voulez payer avec votre iPhone, il faut obligatoirement passer par Apple Pay. Aucune alternative n’est possible… Jusqu’à présent, du moins.
Non seulement cela ne laisse aucun choix à l’utilisateur, bonjour l’abus de position dominante, mais cela oblige les banques à payer. Ces dernières doivent s’acquitter d’une commission sur chaque paiement réalisé avec Apple Pay (entre 0,05% et 0,20% selon les établissements et les types de cartes) mais aussi d’une taxe dès qu’une carte bancaire est enregistrée dans l’application Cartes d’Apple. Le problème, c’est que les banques n’avaient pas vraiment d’alternatives jusqu’à maintenant. Au regard du poids de la firme de Cupertino, elles devaient se plier à ces règles du jeu.
Mais l’entrée en vigueur du DMA peut tout changer. Apple va devoir assouplir ses restrictions pour se conformer au nouveau texte européen et, ainsi, ouvrir la puce NFC de l’iPhone à d’autres services de paiement. Selon iGeneration, cela pourrait faire les affaires des banques européennes.
Le groupe European Payment Initiative (EPI) travaille actuellement sur une solution de paiement unifié en Europe, l’application Wero. Plusieurs banques majeures françaises soutiennent ce projet : La Banque Postale, le Crédit Agricole, BPN Paribas ou encore le Crédit Mutuel pour n’en citer que quelques-unes. L’ouverture de la puce NFC d’Apple pourrait permettre au groupe EPI de concrétiser son projet avec succès. Dans ce cas, plusieurs banques liées à EPI pourraient faire le choix de quitter Apple Pay.
Si certaines ne voudront pas se passer d’Apple Pay, qui restera sûrement très utilisé par les propriétaires d’iPhone, ce changement pourrait permettre aux banques de renégocier vigoureusement avec la firme de Cupertino. Eh oui, ils auront désormais un rapport de force plus équilibré. Toujours est-il que cette redistribution des cartes du jeu pourrait modifier les habitudes de paiement des consommateurs.
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