- La tension sur les matériaux de fabrication de batteries est de plus en plus forte, notamment les métaux rares.
- La black mass, un matériau issu du recyclage des batteries se profile comme une alternative intéressante.
- Une production de black mass à grande échelle se confronte cependant à des obstacles importants.
La transition vers les véhicules électriques est en route et ce processus entraîne dans son sillage de nouvelles problématiques. Parmi celles-ci, la question de la gestion des déchets issus de batteries usées et celle de la dépendance au métaux précieux. Cobalt, lithium et nickel sont des ressources disponibles sur Terre en quantité limitée. Il faudra donc tôt ou tard nous tourner vers des solutions plus durables pour envisager un avenir industriel serein.
Les voitures électriques nécessitant des batteries de taille conséquentes, la situation se fait de plus en plus pressante. Toutefois, un nouveau matériau suscite un espoir : la black mass. Produit résiduel du recyclage des batteries, il éveille fortement l’intérêt des industriels et des décideurs politiques.
La black mass : une potentielle révolution dans le recyclage des batteries ?
Ce matériau porte bien son nom : masse poudreuse d’un noir profond, il est le résultat du broyage des batteries de voitures en fin de vie et des différents résidus de leur fabrication. Composé à grande majorité de cobalt, de lithium et de nickel, son utilisation dans un cadre industriel serait donc très intéressante.
L’industrie automobile étant très gourmandes en ressources, la black mass réduirait ainsi fortement sa dépendance aux métaux rares. Si l’on en croit les estimations du groupe financier Bloomberg, la part de matériaux recyclés dans la production de lithium, de nickel et de cobalt vont fortement augmenter d’ici 2030. Ainsi, les prédictions parlent d’une augmentation de 15 % pour le lithium et 11 % en ce qui concerne le nickel. La part de cobalt, quant à elle, monterait jusqu’à 44 % !
Le potentiel de ce matériau est donc très prometteur, mais tout n’est pas rose. À l’échelle européenne, sa production reste encore aujourd’hui insuffisante et reste en retrait par rapport à l’Asie. Le principal acteur de ce secteur est pour le moment la Corée du Sud.
En date du 14 juin, une loi a été voté au Parlement européen pour rattraper le retard du vieux continent. Son but : augmenter la part de batteries recyclées jusqu’à 73 % sur l’année 2023. Ce nouveau cadre législatif s’inscrit clairement dans le processus plus global dans lequel s’est engagé l’UE : la maîtrise globale de la technologie des batteries, de leur création jusqu’à leur revalorisation.
Enjeux et défis du recyclage de la black mass
Un problème demeure néanmoins : la classification du matériau varie fortement en UE d’un pays à l’autre, ce qui complique sa production à grande échelle. Dans l’idéal, il faudrait que la black mass soit catégorisée comme “déchet dangereux”. Une fois cette étiquette apposée, seuls les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques pourront en faire l’exportation.
Une autre ombre se dresse au tableau, celui de l’émergence de nouveaux types de batteries : celles à base de fer, de lithium et de phosphates par exemple. Moins chères à produire, leur recyclage est en revanche une affaire autrement plus complexe.
Alors, la black mass, révolution ou simple sursaut d’une industrie qui ne se projette plus aussi sereinement qu’il y a dix ans ? En théorie, ce matériau porte en lui des avantages considérables. Dans la pratique, une adoption à grande échelle pour que son potentiel soit exploité et optimisé comme il se doit sera un réel défi.
Quoiqu’il en soit, l’avenir de la black mass est pour le moment incertain, mais l’industrie automobile a tout intérêt à faire en sorte de le sécuriser.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.
Il semble que vous n’ayez pas encore compris que l’ère du renouvelable n’existe pas, c’est dans l’ère du recyclage que nous sommes rentrés !
Serge Rochain