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Qu’est-ce que la panne AdBlue, fréquente et qui demande 1500 euros de réparations ?

La panne AdBlue touche de nombreux propriétaires, entraînant de coûteuses réparations. Un phénomène qui inquiète les automobilistes et leur porte-monnaie.

« Défaut antipollution », tel est le message d’alerte qui cristallise le sang des conducteurs de certains véhicules diesel. Ils annoncent souvent une panne liée à l’AdBlue, un additif censé réduire la pollution, mais qui cause de plus en plus de soucis mécaniques.

Pourquoi ce problème prend-il de l’ampleur ? Quelles en sont les conséquences ? Comment y faire face ? On fait le point.

L’AdBlue, un système de dépollution devenu obligatoire

L’AdBlue n’est pas une invention récente. Ce système équipe les véhicules diesel neufs depuis une dizaine d’années. Son objectif ? Réduire drastiquement les émissions polluantes, notamment les oxydes d’azote.

Concrètement, l’AdBlue est un liquide composé d’eau déminéralisée et d’urée (oui, un élément qui compose également nos urines). Injecté dans les gaz d’échappement, il les transforme en vapeur d’eau et en azote inoffensif. Une belle promesse sur le papier, mais qui se heurte à la réalité du terrain.

Les constructeurs ont dû intégrer ce dispositif pour respecter les normes antipollution de plus en plus strictes. Résultat : tous les véhicules diesel récents en sont équipés, qu’il s’agisse de voitures particulières, d’utilitaires ou même de poids lourds.

Une panne qui se manifeste brutalement

La panne AdBlue ne prévient pas. Elle frappe sans crier gare, laissant les conducteurs désemparés. Tout commence généralement par un voyant sur le tableau de bord. Un voyant qui n’est pas à prendre à la légère. Il signifie que le système AdBlue dysfonctionne et que, sans intervention rapide, le véhicule refusera tout simplement de démarrer. Une mesure radicale imposée par les constructeurs pour éviter que les voitures ne roulent sans ce système antipollution.

Les propriétaires de véhicules touchés par cette amère expérience sont obligés d’intervenir, sous peine de rester sur le bord de la route. Si rien n’est fait, la voiture finit par ne plus démarrer.

À l’origine du problème : la cristallisation de l’AdBlue

Mais pourquoi ces pannes surviennent-elles ? Le coupable est souvent le même : la cristallisation de l’AdBlue. Ce phénomène se produit lorsque le liquide se solidifie, formant des cristaux qui bouchent l’injecteur.

Cette cristallisation peut avoir plusieurs causes. Parfois, c’est la qualité même de l’AdBlue, d’autres fois, c’est son stockage dans le véhicule qui pose problème. Les variations de température, par exemple, peuvent favoriser ce processus. Le fait de rouler peu souvent avec un véhicule équipé d’un réservoir AdBlue favorise aussi la formation de cristaux d’urée à cause de la stagnation du liquide dans le système.

Le hic, c’est que cette panne ne se résout pas en remplaçant simplement le liquide AdBlue. Une fois l’injecteur bouché, c’est tout le système qui est compromis. D’où la nécessité d’une intervention en profondeur.

Des réparations coûteuses qui font grincer des dents

Quand la panne AdBlue frappe, le portefeuille trinque. Les réparations oscillent généralement entre 1000 et 2000 euros. Un montant qui fait mal, surtout pour un problème lié à un dispositif antipollution obligatoire.

Que comprend cette réparation ? Le plus souvent, il faut remplacer l’injecteur bouché. Mais ce n’est pas tout. Le réservoir d’AdBlue lui-même peut nécessiter un changement. Dans certains cas, la sonde mesurant le niveau d’oxyde d’azote doit aussi être remplacée.

Seulement, pour beaucoup de français, leur véhicule est un outil indispensable qui leur permet de se rendre sur leur lieu de travail. Ainsi, il leur est obligé d’accepter ces coûteux devis qui ne sont évidemment pas pris en charge par les constructeurs automobiles.

Toutes les marques touchées, mais certaines plus que d’autres

Peugeot
© Peugeot

Si aucune marque n’est à l’abri de la panne AdBlue, certaines semblent plus touchées que d’autres. Le groupe Stellantis, qui comprend notamment Peugeot et Citroën, est particulièrement concerné.

L’UFC Que Choisir a tiré la sonnette d’alarme. En 2023, l’association de consommateurs a reçu plus de 1700 signalements de conducteurs victimes de ce problème. Un chiffre qui ne représente probablement que la partie émergée de l’iceberg.

En Belgique, la situation est similaire. L’association Testachats a recueilli plus de 3500 plaintes. Face à l’ampleur du phénomène, elle a même mis en demeure le groupe Stellantis, exigeant un dédommagement pour les victimes.

Entre ce grave problème et les nombreuses casses moteurs liés à la conception hasardeuse du fameux 1,2 PureTech, tout indique que fuir les voitures de Stellantis est devenu une nécessité sous peine de se voir infliger d’importants frais de réparation.

Des solutions de contournement risquées

Face à ces pannes récurrentes et coûteuses, certains automobilistes sont tentés par des solutions radicales. La plus répandue ? La désactivation pure et simple du système AdBlue.

Cette pratique consiste à court-circuiter la pompe qui injecte l’AdBlue. Résultat : plus de panne possible… mais aussi plus de dépollution. Une solution qui peut sembler tentante, mais qui comporte de sérieux risques.

D’abord, c’est illégal. En France, l’amende peut atteindre 7500 euros en cas de contrôle. De plus, cette modification constitue un vice caché lors de la revente du véhicule. La voiture n’est tout simplement plus conforme à son homologation d’origine. Un point qui pourrait évidemment être soulevé lors du contrôle technique de la voiture.

Comment prévenir les pannes d’AdBlue ?

Face à ce casse-tête, la prévention semble être la meilleure solution. Mais comment éviter la cristallisation de l’AdBlue ? Quelques pistes existent, même si aucune n’est infaillible.

Certains préconisent l’utilisation d’un agent anti-cristallisant. Cet « additif à l’additif » pourrait réduire les risques de panne. Toutefois, son efficacité n’est pas garantie à 100 %.

Une autre approche consiste à être particulièrement vigilant sur la qualité de l’AdBlue utilisé. Privilégier des produits de marque, stockés dans de bonnes conditions, pourrait limiter les risques.

Enfin, certains garagistes recommandent de ne jamais laisser le réservoir d’AdBlue se vider complètement. Un niveau trop bas favoriserait la cristallisation.

Vers des actions en justice contre Stellantis

stellantis
© Stellantis

Face à l’ampleur du phénomène, la grogne monte chez les automobilistes. Des deux côtés de la frontière franco-belge, des actions collectives en justice sont envisagées.

L’objectif ? Obtenir des dédommagements de la part des constructeurs. Les associations de consommateurs pointent du doigt un défaut de conception. Selon elles, les automobilistes ne devraient pas avoir à supporter le coût de ces pannes récurrentes.

Pour le groupe Stellantis, particulièrement visé, l’enjeu est de taille. Après l’affaire des airbags défectueux et du moteur PureTech, une nouvelle polémique d’envergure ferait mauvais genre. Le géant de l’automobile vient de réagir pour apaiser la colère des consommateurs.

Sollicité par La Voix du Nord, le géant de l’automobile a répondu : « Tous les clients potentiellement concernés par des problèmes d’AdBlue sont entièrement indemnisés pour les coûts de pièces et de main-d’œuvre pendant la période de garantie conventionnelle. Pour répondre à diverses préoccupations soulevées par les clients, nous avons volontairement décidé à plusieurs reprises de fournir des couvertures spéciales au-delà de cette période de garantie conventionnelle. »

Seulement, la « couverture spéciale » concerne uniquement les pièces hors taxes uniquement, ce qui laisse un montant important à régler pour le propriétaire du véhicule ayant un défaut. Le constructeur exige aussi un entretien du véhicule uniquement dans son réseau.

Quel avenir pour l’AdBlue ?

La multiplication des pannes AdBlue pose question sur l’avenir de ce système. Certes, son rôle dans la réduction des émissions polluantes est indéniable. Mais à quel prix pour les automobilistes ? La défaillance du système va probablement pousser d’autant plus l’interdiction des moteurs thermiques en 2035, les véhicules électriques n’ayant évidemment pas ce genre de problème.

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2 commentaires
2 commentaires
  1. Suffit de mettre au point un vrai ADBlue anti cristallisant, ce qui ne devrait pas être si difficile que cela de nos jours.

    Sauf qu’en attendant, les constructeurs vendent de la pièces détachées.

  2. Puretech, adblue, batteries, le 21 ème siècle qui se veut vertueux est pour le moment dans la panade. Au 20° siècle les moteurs fonctionnaient et nous étions à la queue dans la pollution dans le monde. Aujourd’hui nous sommes toujours dans la queue de la pollution dans le monde mais à quel prix. Les flops industriels s’enchainent, c’est le consommateur final qui pait les pots cassés.
    Le dicta écologiste est une plaie. Il n’y a aucune cohérence et l’on ne sait faire qu’à coups de millions pour rien. Pour exemple : tout le monde sait que la voiture pollue le plus au démarrage, CQFD. Alors expliquez cette politique de désynchronisation des feux tricolores ? à Paris ? en Banlieue ? ailleurs ? La raison qu’il m’a été donné c’est pour inviter les automobilistes à prendre les transports en commun..Déjà bondé. Bref, les politiques nous imposent une écologie de façade et ne résolvent en rien les problèmes du quotidien. En même temps c’est une nouvelle forme pour appauvrir avec des taxes qui n’en finissent plus et que l’on nous invitent à croire qu’elles sont vertueuses.

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