Vous souhaitez envoyer un satellite en orbite ? Alors vous n’avez pas beaucoup de choix. Les lanceurs européens Ariane 6 et Véga sont fiables, mais leur carnet de commandes est très rempli. Avec le contexte géopolitique actuel, les décollages depuis Baïkonour, site historique des fusées russes, sont inimaginables.
Il reste les privés. Aux États-Unis, on pense évidemment à SpaceX, mais Rocket Lab, avec son pas de tir en Nouvelle-Zélande, est une alternative intéressante. Plusieurs sociétés européennes se sont tournées vers cette solution, notamment la jeune pousse bretonne Unseenlabs avec sa constellation de satellites d’observation.
En dehors de ces deux lanceurs, sous pavillon américain, impossible de trouver une entreprise capable d’atteindre l’orbite. Pourtant, en Chine comme en Europe, les projets sont nombreux, mais ils ne sont pas encore assez matures.
Isar Aerospace : le leader européen
Mais les choses pourraient bien changer ce week-end. Après de nombreux reports à cause d’une météo capricieuse, la fusée Spectrum, de l’entreprise Isar Aerospace doit décoller ce samedi 29 mars. Elle prendra son envol depuis la base d’Andoya, en Norvège.
Sur le papier, elle présente toutes les caractéristiques du lanceur moderne. 28 mètres de haut pour 2 de large, elle peut envoyer une tonne de charge utile en orbite. Mais pour ce premier vol, elle partira « à vide ». Le co-fondateur d’Isar, Daniel Metzler, reste d’ailleurs très pragmatique. Il ne s’attend pas à une réussite totale dès le premier essai.
Une ruée vers l’espace
Depuis une petite dizaine d’années, des entreprises naissent dans un seul but : faciliter l’accès à l’orbite. L’idée n’est pas de concurrencer les géants du secteur sur des lancements importants, ou habités. L’objectif affiché est plutôt de trouver une nouvelle clientèle, alors que la demande en satellite explose.
Une évolution du marché que les investisseurs ont vu arriver. Depuis 2015 ce sont des milliards d’euros qui ont été mis dans le « New Space ». Des dizaines de sociétés ont touché de l’argent, venant aussi bien de capitaux publics que privés.
Isar Aerospace, aujourd’hui en avance sur ses concurrents directs, était d’ailleurs le projet préféré des invertisses. Depuis sa fondation en 2018, elle a reçu 400 millions d’euros. Dans un marché où la moyenne des investissements est autour de 100 millions d’euros, on comprend mieux son avance technologique.
Une unité européenne impossible ?
La grande force du programme Ariane, c’est la cohésion européenne qu’il représente. Mais avec la course aux mini-lanceurs, chaque pays défend son champion, dans une lutte à mort. L’Espagne a ainsi pris le parti de PLD Space, l’Allemagne a son candidat désigné avec Isar Aerospace, et même en cas d’échec, un plan B est déjà dans les petits papiers de Berlin, avec RFD.
Enfin, dans l’Hexagone, la France assure vouloir donner sa chance à tous, mais le programme MaiaSpace bénéficiant du soutien d’Arianespace a indéniablement un train d’avance. Malgré tout de jeunes sociétés privées comme Latitude, Sirius ou encore HyPrSpace se développent. Elles espèrent toutes faire voler leur fusée au moins une fois, démontrant leurs capacités aux yeux du monde.
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