Concernant les records de températures, l’humanité s’est hissée au rang d’élite, aucun doute là-dessus. Après 2024, qui fut l’année la plus chaude jamais enregistrée, 2023 s’est classée juste derrière, et voilà que point la fin de l’année 2025, apportant avec elle encore une nouvelle peu réjouissante. Nous avons « progressé », puisque, selon les dernières données du Service de surveillance climatique de l’Union européenne (Copernicus) et de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), elle ne sera finalement qu’à la deuxième ou à la troisième place.
Le mercure continue à s’emballer malgré tout ce que nous essayons de mettre en place pour enrayer la machine. La situation est catastrophique, le réchauffement climatique ne s’inverse pas, et ce ne sera probablement jamais le cas : vous avez déjà essayé d’arrêter un train lancé à pleine vitesse en soufflant dessus ? Non ? Eh bien c’est à peu près la conviction actuelle guidant les politiques climatiques à l’échelle mondiale : « on n’est pas sortis du sable ! », comme dirait une certaine Reine de bretagne.
Le mythe des 1,5°C : qui y croit encore ?
Le seuil des 1,5°C, fixé par les accords de Paris, comme nous vous l’annoncions plus tôt cette année, est un objectif chimérique. L’engagement des pays signataires est devenu, depuis, un vague slogan diplomatique que certains agitent mollement pour ne pas assumer l’échec cuisant d’une transition écologique qui se ferait naturellement, sans oser toucher aux secteurs les plus polluants.
Les États-Unis sont d’ailleurs pointés du doigt par la communauté scientifique, car ils « réduisent leurs efforts climatiques », selon Copernicus. Sans défendre le « président » américain actuel et sa vision quelque peu ahurie des réalités scientifiques (qui pensait soigner le COVID-19 avec des UV et de la javel, rappelons-le), il faut admettre qu’il a au moins le mérite de clarifier la position américaine sur le climat. En se retirant des accords de Paris à peine arrivé à la Maison Blanche, il n’a rien fait d’autre que ce pour quoi il a été élu : ignorer la science et flatter les instincts les plus archaïques de son électorat.
Samantha Burgess, responsable stratégique du changement climatique à Copernicus, a beau rappeler que le chiffre des 1,5°C est tout sauf symbolique. « Ces repères ne sont pas abstraits, ils reflètent l’accélération du changement climatique ». Ce seuil, nous l’avons dépassé sur trois années consécutives. La seule question restant en suspens à ce jour est à quelle vitesse allons-nous percuter le gros bur en béton qui nous attend dans les prochaines décennies ?
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, de son côté, enfonce le clou : « Chaque année au-dessus de 1,5 degrés va écraser les économies, aggraver les inégalités et infliger des dégâts irréversibles ». Une déclaration, qui, dans un mode normalement constitué, devrait provoquer une vive réaction de la part des pays les plus pollueurs. Il y a malheureusement fort à parier qu’elle disparaîtra dans le brouhaha ambiant ; tout est bon pour éviter le sujet, tant que les agendas politiques sont respectés !

Un tableau brûlant qui part en lambeaux
Celeste Saulo, secrétaire générale de l’OMM, nous a fait également grâce de cette déclaration pleine d’optimisme : « Cette série sans précédent de températures élevées, combinée à la hausse des niveaux de gaz à effet de serre, rend clair qu’il sera pratiquement impossible de limiter le réchauffement à 1,5°C dans les prochaines années sans dépasser temporairement cet objectif ».
Les émissions de gaz à effets de serre continuent d’augmenter et les océans sont en surchauffe : ces deux seuls facteurs suffiront à faire perdurer le réchauffement durant des centaines d’années, même si l’humanité disparaissait demain. C’est le principe d’inertie climatique, qui veut que même un arrêt total des émissions n’entraînerait pas de refroidissement dans l’immédiat. Le système Terre-Atmosphère doit d’abord évacuer l’excédent de chaleur accumulé depuis un siècle et demi.
Les décideurs politiques auraient pu agir autrement et faire en sorte d’offrir un répit aux générations qui suivront, mais c’est trop tard, les données sont incontestables. Catastrophes naturelles, bouleversements climatiques, déplacements de population forcés, fonte accélérée des glaces, biodiversité menacée, propagation de maladies infectieuses, pression sur les ressources vitales : voici une liste non exhaustive du quotidien de nos descendants à l’horizon 2100. La seule bonne nouvelle (et c’est un peu égoïste, certes) est que nous ne serons plus là pour assister à la catastrophe.
- Les relevés internationaux confirment que la décennie dépasse tous les seuils de réchauffement anticipés, rendant caducs les anciens objectifs climatiques.
- Les institutions scientifiques alertent désormais sur une trajectoire incontrôlable, alimentée par des décisions politiques insuffisantes et des systèmes trop lents.
- Les projections pour la fin du siècle décrivent un monde durablement déstabilisé, où les crises climatiques deviendront structurelles et non plus exceptionnelles.
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