Le réchauffement climatique causé par l’homme a des dizaines d’effets sur la Terre. Si les conditions de vie à la surface sont évidemment bien différentes qu’il y a trois siècles, ce mois d’octobre en est la preuve, les changements se mesurent aussi aux limites de l’atmosphère.
En effet, la surconcentration de dioxyde de carbone dans la très haute atmosphère (entre 90 et 500 kilomètres de haut) a un impact direct. En captant la chaleur du Soleil, le CO2 densifie et refroidit le reste de l’atmosphère. Cela a pour effet de mieux dessiner la frontière entre atmosphère et espace. Cet abaissement du niveau de l’atmosphère entraîne de facto moins de traînées pour les satellites qui tournent en orbite juste au-dessus.
Une vraie aubaine pour les scientifiques et les entreprises spatiales qui peuvent prolonger la durée de vie de leurs satellites grâce au réchauffement climatique. Mais selon les résultats d’une étude menée par la British Antarctic Survey, ce changement a des conséquences beaucoup moins agréables.
Des satellites, mais aussi des débris toujours plus nombreux
Comme l’explique Ingrid Cnossen, auteure principale de l’étude, la baisse de densité dans la haute atmosphère a un impact sur la traînée provoquée par les satellites, mais aussi pour les débris en orbite autour de la Terre. Alors que ces derniers sont en train de devenir le poison de notre espace, ils pourraient être encore plus nuisibles que prévu.
La chercheuse explique qu’avec une densité moindre de l’atmosphère, les satellites tombent moins vite, mais c’est aussi le cas des débris. Ces derniers restent donc en orbite des mois de plus que prévu. Publiée dans la revue Geophysical Research Letters, l’étude estime que la situation ne devrait pas s’améliorer dans les 50 prochaines années.
Pour la chercheuse, son travail doit guider les autorités dans la lutte contre la pollution spatiale. Aujourd’hui les normes en termes de désorbitation des déchets spatiaux ne sont pas respectées partout et le nombre de débris présents en orbite basse se multiplie tous les jours.
Syndrome de Kessler : la fin est déjà écrite ?
Pour lutter contre cela, l’ESA a lancé plusieurs solutions, aujourd’hui au stade de prototype, afin de « capturer » les débris spatiaux et les ramener dans l’atmosphère. De nombreux scientifiques alertent sur la situation en orbite qui pourrait devenir incontrôlable dans peu de temps.
Alors que des entreprises comme SpaceX ou Amazon ont reçu l’accord de la FCC et de la FAA pour lancer des constellations de milliers de satellites en orbite basse, beaucoup parlent d’un risque de « syndrome de Kessler ». Dans ce scénario, pour le moment fictif, l’activité humaine en orbite serait si intense et incontrôlée qu’elle aurait « enfermée » la Terre sur elle-même. Dans ce monde dystopique, les voyages dans l’espace sont impossibles, une barrière de débris et de satellites barre la route aux explorateurs.
Pour ne pas en arriver là, Cnossen demande aux grandes nations de prendre, dès maintenant, la question des débris spatiaux au sérieux. Selon elle, plus vite nous agirons contre cette pollution spatiale, plus nous aurons de chance de conserver une orbite propre et utilisable.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.