En septembre 1999, les joueurs du monde entier découvrent pour la toute première fois la PlayStation 2 de Sony, révélée au Tokyo Game Show. En attendant cette PS2 (et son révolutionnaire lecteur DVD) qui débarquera l’année suivante, à cette même période, la première PlayStation est déjà installée dans de très nombreux foyers. Une partie de ces même joueurs estampillés PS ont les yeux rivés sur un étonnant faucon à quatre roues, un certain Tony Hawk, avec un jeu de skate révolutionnaire.
Dans le petit monde du jeu vidéo, les années passent… mais la passion et les souvenirs restent ! Re:Play revient sur les grands classiques de l’Histoire du jeu vidéo. Un petit retour vers le futur passé, à la recherche de votre âme d’enfant ou d’adolescent, celle-là même qui vous a sans doute déjà fait (ou vous fera) prononcer la formule magique “c’était mieux avant”. Et si c’était vrai…? Alors on souffle dans la cartouche, c’est parti pour Re:Play !
Un jeu lancé dans un contexte incertain pour la discipline
Tony Hawk’s Skateboarding (qui deviendra Tony Hawk’s Pro Skater par la suite en Europe) est lancé en septembre 1999 aux Etats-Unis, et dès le mois suivant en Europe. Le projet dirigé par Activision est mené alors même que l’intérêt pour le skateboard n’est pas à son paroxysme, notamment à l’international, au profit du snowboard. Toutefois, certains jeux comme Top Skater (SEGA) ou encore Street Skater (Electronic Arts) connaissent un certain succès.
Pour Activision et Tony Hawk, il est alors question de proposer un jeu accessible, permettant aux joueurs de ressentir l’adrénaline de la discipline, sans pour autant se montrer trop pointu dans son gameplay, notamment auprès du jeune public. C’est Neversoft qui se met au travail, le studio ayant précédemment œuvré sur Apocalypse (le jeu avec Bruce Willis oui), dont Tony Hawk’s Skateboarding reprendra d’ailleurs le moteur de jeu.

Quand bien même Tony Hawk n’est pas particulièrement impliqué dans la création du jeu, il fera très largement bénéficier au titre de son aura, principalement à des fins marketing. Pas de motion capture ici, mais des mouvements reproduits en se basant sur les mouvements du plus célèbre des faucons à roulettes. La célèbre figure “The 900” a été introduite dans le jeu très tardivement, puisque Tony Hawk (le vrai) réalisera cette dernière l’été précédant la sortie du jeu.
Avec Tony Hawk’s Skateboarding, Activision va créer non seulement une série de jeux à succès, mais aussi démocratiser le skate dans le monde, et contribuer à faire de son ambassadeur une véritable légende, tout comme de nombreux autres professionnels de la discipline.
Le jeu de toute une génération ?
Alors même que la licence Cool Boarders cartonne avec son approche arcade (du snowboard), Activison adopte une approche similaire, avec une vue à la troisième personne, et une caméra fixe. Lui aussi très orienté arcade, le jeu offre des contrôles simples, permettant rapidement à chacun de réaliser grabs, flipes, ollies et autres grinds… avec en prime des giclées de sang lors d’une mauvaise réception, mais un côté relativement permissif néanmoins, et ce, afin d’éviter autant que possible la frustration, au profit d’un fun immédiat et d’une énorme marge de progression.

Outre la possibilité d’évoluer librement, Tony Hawk’s Skateboarding propose également un mode Carrière, lequel nécessite de réaliser divers objectifs en un temps limité. C’est via ce même mode Carrière, et ses talents de joueur, que l’on pourra déverrouiller les différentes arènes de jeu, les différents skates, les vidéos et autres bonus proposés par le jeu, et non via une quelconque “monnaie virtuelle”.
Outre un gameplay solide, Tony Hawk’s Skateboarding, c’est aussi une ambiance incroyable, avec des graphismes saisissants donc, mais aussi une bande-son à la fois rock et hip-hop, portée par une BO mémorable, sans compter la voix des véritables protagonistes dans le jeu. Chaque opus se démarquera ainsi par sa bande-son, composée par des groupes (plus ou moins) connus.

D’ailleurs, si aujourd’hui encore, vous écoutez des groupes tels que Anthrax, Millencolin, Bad Religion, Rage Against the Machine, Papa Roach, Motörhead, Ramones, Red Hot Chili Peppers, Alien Ant Farm, AC/DC, Less Than Jake, The Offspring ou encore System of a Down , vous les avez sans doute entendus (peut-être pour la première fois d’ailleurs) dans un jeu Tony Hawk.
Tony Hawk, c’est “LE jeu d’une génération de mecs et de filles qui avaient le froque aux genoux” a-t-on pu entendre dans la rédaction de Presse-citron lors de la rédaction de cet article. Et c’est exactement cela, en plus de constituer une révolution culturelle d’une part, mais également sportive et musicale. Pas mal pour un “simple” jeu vidéo, non ?

Rapidement, Tony Hawk’s Skateboarding devient l’un des jeux les plus vendus sur PlayStation aux Etats-Unis. A la fin du mois de décembre, pour répondre à une très forte demande, l’éditeur annonce avoir livré plus de 350 000 exemplaires du jeu aux différents revendeurs. Comme de nombreux autres jeux de l’époque (on pense à Syphon Filter notamment ou encore à un certain Metal Gear Solid), Tony Hawk’s Skateboarding fera également l’objet d’une démo très populaire, qui incitera de nombreux joueurs à s’offrir le jeu complet.

Outre la sacro-sainte PlayStation de l’époque, Tony Hawk’s Skateboarding débarquera également un peu plus tard sur Nintendo 64, sur Dreamcast et sur GameBoy Color. A cela s’ajoute une autre version, lancée en 2003, sur une certaine N-Gage signée Nokia. Toutes versions confondues (un peu plus de 70 au total), la saga Tony Hawk s’est écoulée à plus de 31 millions d’exemplaires dans le monde depuis ce premier opus datant de 1999.
Tony Hawk, des millions de dollars de royalties, et la naissance d’une légende internationale
Récemment, Tony Hawk était revenu sur le succès du jeu vidéo qui lui était dédié, avec une anecdote remontant à la sortie du quatrième opus, en 2002. Le champion était alors convié à Los Angeles pour discuter de la saga, et alors que Tony Hawk pensait s’entretenir sur les détails du prochain jeu à venir, Activision lui fait part du succès des trois opus déjà disponibles, lesquels comptaient parmi les meilleures ventes PlayStation. A cette même occasion, Activision remet un chèque de 4 millions de dollars au champion, en guise de royalties.

Il faut savoir qu’à l’origine, Tony Hawk avait refusé une offre unique de 500 000 dollars par Activision, visant à utiliser son nom et son image dans le premier opus. Le champion de skate préférant alors recevoir des royalties basées sur les ventes des jeux, en misant sur le succès et la pérennité de la série.
Une décision pour le moins judicieuse, puisque ce sont des millions de dollars qu’à glané Tony Hawk avec la série d’Activision, tout en contribuant à élever la pratique du skateboard à un tout autre niveau dans le monde, et accessoirement être à l’origine de l’une des séries vidéoludiques les plus populaires au monde.

Car oui, grâce à un “simple” jeu vidéo, Activision et Tony Hawk sont parvenus à populariser le skateboard aux yeux du monde entier, avec un impact culturel et sportif monumental, et durable. Une mise en avant qui va profiter à Tony Hawk bien sûr, mais aussi à de nombreux skaters des années 2000, qui deviendront eux aussi des stars de la discipline comme Bam Margera, Bob Burnquist, Rodney Mullen… Pendant de longues années, Tony Hawk ne sera pas confronté au moindre rival sur la scène jeux vidéo, si ce n’est à un certain Skate, lancé en 2007 par Electronic Arts, et qui jouera la carte d’un certain réalisme. La série qui a connu quatre épisodes entre 2007 et 2010, reviendra d’ailleurs en 2025 sur nos consoles.
Après Tony Hawk’s Pro Skater 5 lancé en 2015, la série d’Activision s’est rappelée aux bons vieux souvenirs, avec un remake des deux premiers opus lancé en 2020. Reste à savoir ce que la saga nous réserve pour l’avenir…
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