C’est fait. Le Parlement a voté pour l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de quinze ans. La France devient ainsi le premier pays d’Europe à prendre cette mesure forte. Elle est accompagnée par l’interdiction des smartphones dans les lycées.
L’interdiction des réseaux sociaux était l’une des dernières batailles d’Emmanuel Macron. La loi a été approuvée hier soir lors d’un vote ultime à l’Assemblée nationale (279 voix pour, 81 contre), qui faisait suite à une commission mixte. Une avancée dont s’est félicité le président de la République… dans un message publié sur les réseaux sociaux :
« La France ouvre la voie en Europe pour la protection de nos enfants, de nos adolescents. On continue ! »
Je m’y étais engagé, c’est désormais voté : les réseaux sociaux seront interdits aux moins de 15 ans à la rentrée. Merci aux parlementaires. Au Conseil constitutionnel de statuer puis place à l’action pour rendre cette mesure concrète et protéger nos enfants en ligne. pic.twitter.com/jC79unxX67
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) July 21, 2026
Interdiction des réseaux sociaux : comment ça fonctionne ?
La loi va être très rapidement appliquée, mais comporte encore certaines zones d’ombre. Tout d’abord, il n’y a pas de réseau social nommément visé, mais Facebook, Instagram, X, Snapchat, TikTok et consorts sont évidemment concernés. Il existe toutefois des exceptions, comme Wikipédia. YouTube et WhatsApp, pour leur part, pourront être accessibles, mais la partie commentaires du lecteur vidéo ne sera pas disponible et, sur WhatsApp, les ados n’auront accès qu’aux discussions. Les groupes « famille » sont donc saufs.
À partir du 1er septembre, il ne sera donc plus possible pour un mineur de moins de quinze ans de se créer un compte sur les réseaux sociaux. S’il en a déjà un (ou plusieurs), il disposera d’un sursis jusqu’au 1er janvier 2027, après quoi son accès lui sera restreint.
Ce sera aux plateformes de s’assurer de l’âge des utilisateurs. Pour l’instant, la mise en place concrète de ces vérifications reste encore floue. Les plateformes devront développer un système par elles-mêmes, basé sur la vérification de la carte d’identité, via un scan ou FranceConnect. Bruxelles travaille également à mettre en place une application de vérification de l’âge harmonisée à l’échelle de l’Union européenne. En revanche, la technique de la reconnaissance faciale, jugée trop imprécise, ne sera pas de la partie. C’est ce point précis qui a crispé les opposants à la loi. Vérifier l’âge des ados sur les réseaux, c’est vérifier l’âge de tout le monde. Ainsi, même les adultes devront présenter leur carte d’identité pour y accéder. Les opposants dénoncent ainsi la fin de l’anonymat sur Internet, en oubliant au passage qu’il n’a jamais réellement existé. D’autres, comme Xavier Niel, estiment que cette mesure est inefficace, puisque les ados trouveront la parade.
Totalement débile. Vous pensez que les ados n’ont pas déjà des techniques pour contourner ça ?? 😂 https://t.co/ngCGdMjOxN
— Xavier Niel (@Xavier75) July 21, 2026
Les ados sont malins et beaucoup accèderont aux réseaux, que ce soit en scannant la CNI d’un proche ou en utilisant un VPN. Que les parents se rassurent, ils ne risquent aucune sanction juridique. La loi responsabilise en effet les plateformes, et non les utilisateurs. Si les filtres mis en place ne sont pas efficaces, ce sont elles, et elles seules, qui risquent des sanctions juridiques.
La France est le premier pays européen à sauter le pas, mais d’autres devraient suivre, comme le Danemark, la Grèce ou la Slovénie. De là à avoir une harmonisation à l’échelle européenne, il n’y a qu’un pas.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.
