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Qui est Revalo, la startup française qui s’attaque au casse-tête invisible des entreprises ?

Des millions d’ordinateurs professionnels encore fonctionnels dorment chaque année dans les entreprises françaises. Revalo veut régler ce problème invisible en prenant en charge la reprise du parc informatique et en orientant les équipements vers le reconditionné, et vient de lever 400 000 euros pour accélérer son développement.

Revalo est littéralement née d’une amitié de longue date. Car les cofondateurs, Malo Donat et Aubin Lefebure, se connaissent depuis l’enfance, et ont longtemps multiplié les projets ensemble. Mais en 2017, alors qu’il effectue un job d’été dans une entreprise spécialisée dans la reprise de smartphones, Malo Donat met le doigt sur un réel paradoxe : à l’ère des services instantanés, se séparer de matériel informatique reste une démarche lourde, peu intuitive et chronophage.

Et très vite, les deux associés identifient un angle mort bien plus large que le simple grand public. Chaque année en France, près de 2,5 millions d’ordinateurs portables professionnels sont écartés alors qu’ils sont encore pleinement fonctionnels, tandis que dans les entreprises, la fin de vie du parc informatique n’est tout simplement pas un sujet prioritaire. « C’est rarement dans le haut de la pile des directeurs des systèmes d’information (DSI). Le matériel est amorti comptablement à zéro, donc il disparaît un peu des radars », résume Malo Donat dans un entretien accordé à Presse-citron.

Ce désintérêt apparent cache pourtant une charge bien loin d’être anodine. Gérer ces équipements demande du temps, de la coordination, une connaissance des filières adaptées et une certaine vigilance réglementaire. Faute de solution claire, le matériel s’accumule, perd de la valeur, et finit parfois par coûter cher à éliminer. « On se dit toujours qu’on verra plus tard, et au final, le problème grossit », constate le cofondateur.

Comment Revalo enlève un casse-tête aux entreprises

C’est précisément là que Revalo intervient : la jeune pousse prend en charge l’ensemble du processus de reprise du matériel. « Globalement, on gère le problème de la fin de vie du parc informatique des entreprises à leur place », explique Malo Donat. Une mission d’autant plus utile que les responsables IT n’ont pas le droit de se débarrasser librement de leurs anciens équipements. « Ils ne peuvent pas les adresser à n’importe quelle filière, ni aller les déposer en déchetterie. Il y a des contraintes, mais aussi beaucoup de flou », poursuit le cofondateur.

Plus concrètement, Revalo se positionne comme un intermédiaire unique entre les entreprises et les acteurs du reconditionné. La startup assure l’inventaire du matériel, l’organisation logistique et l’orientation des équipements vers les filières adaptées, en fonction de leur état. « Trouver seul les bonnes solutions demande du temps, et surtout de connaître l’écosystème. Nous, ces solutions, on les connaît, parce qu’on travaille avec elles au quotidien », continue-t-il.

Pour cela, Revalo s’appuie sur un réseau de partenaires spécialisés dans le reconditionnement, répartis sur l’ensemble du territoire. Parmi eux, Destock Info à Grenoble, Okamac à Angers, spécialiste du reconditionné Apple, ou encore IT Green. Un maillage que la firme étend progressivement à l’échelle européenne, avec des partenaires au Luxembourg, en Belgique ou en Espagne, et des projets en Italie.

L’intérêt pour les entreprises est avant tout opérationnel. « C’est un énorme gain de temps. On leur enlève une vraie épine du pied », insiste Malo Donat. Revalo peut même, dans certains cas, se déplacer chez ses clients pour réaliser l’inventaire du matériel sur place.

Revalo Reconditionne
© Elnur / Shutterstock.com

Reconditionner pour réduire (et mesurer) son impact carbone

Mais ce n’est pas tout. Revalo s’inscrit plus largement dans la montée en puissance du reconditionné au sein des entreprises. Un choix qui répond à un double enjeu, économique et environnemental. « Un appareil reconditionné coûte souvent environ 50 % moins cher qu’un appareil neuf, avec des garanties équivalentes », rappelle Malo Donat. « C’est aussi du matériel qui a déjà été testé, éprouvé, et dont la qualité est souvent très bonne, à condition de savoir d’où il vient », souligne-t-il.

Dans ce contexte, Revalo met également en avant un outil devenu central pour ses clients : le bilan carbone. À l’issue de chaque opération de reprise, la startup fournit un reporting détaillé des émissions de CO2 évitées grâce au reconditionnement, « quelque chose d’ultra sourcé, avec des données détaillées, auditées, et compréhensibles », insiste le CEO. Le document présente les économies réalisées appareil par appareil, traduites en équivalent CO2, avec une méthodologie fondée sur des référentiels reconnus comme ceux de l’ADEME ou du GHG Protocol.

C’est un point clé pour les entreprises engagées dans une démarche de RSE (Responsabilité sociétale des entreprises). Longtemps cantonnée à des engagements déclaratifs, elle entre désormais dans une phase plus opérationnelle, portée notamment par la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD). Cette directive européenne impose progressivement aux entreprises de mesurer, de documenter et de justifier leur impact environnemental.

« On ne communique pas principalement sur l’aspect légal, mais on pousse les entreprises à anticiper », étaye Aubin Lefebure, cofondateur et directeur général de Revalo. Pour certaines, la reprise du parc informatique devient ainsi un levier concret, mesurable et directement intégrable dans leurs reportings extra-financiers.

Une levée de fonds pour changer d’échelle, en France et en Europe

Un modèle qui plaît. Après plusieurs années de croissance, Revalo vient de boucler une levée de fonds de 400 000 euros auprès de Bpifrance, Side Angels et sa communauté, Tomcat. « L’objectif est avant tout d’accélérer notre développement », fait savoir Malo Donat. Les fonds doivent notamment permettre de renforcer les équipes, en particulier sur les volets commercial et opérationnel, afin de traiter davantage de flux de matériel.

Cette montée en puissance répond à une tension bien identifiée sur le marché du reconditionné. « Aujourd’hui, il y a un énorme besoin de matériel en France et en Europe, mais on ne sait pas encore le collecter efficacement », observe le dirigeant. En se positionnant en amont de la chaîne, Revalo entend justement alimenter durablement les reconditionneurs partenaires, tout en proposant aux entreprises une solution pérenne pour la sortie de leur parc informatique.

« Nous avons été convaincus par la réponse qu’apporte Revalo sur un marché en pleine croissance, au carrefour entre les urgences environnementales, les obligations réglementaires et l’impact grandissant du numérique, qui obligent les entreprises à adopter une stratégie davantage responsable », souligne Renaud Guillerm, CEO de Side Angels. « Le marché européen du reconditionné connaît une croissance massive sur le secteur des particuliers, 10 millions de salariés en TPE, PME et ETI restent exclus, faute d’offres adaptées. Revalo démocratise l’accès au reconditionné pour ce segment stratégique, avec une solution simple, transparente et sans contrainte », poursuit-il.

La levée doit également soutenir l’expansion européenne de la startup. Puis à terme, l’ambition est de faire de la reprise du parc informatique un réflexe opérationnel pour les entreprises. De quoi transformer un sujet longtemps relégué au second plan en véritable levier stratégique.

  • Revalo aide les entreprises à se débarrasser simplement de leur matériel informatique inutilisé.
  • La startup oriente les équipements vers le reconditionné et fournit un bilan carbone détaillé.
  • Il s’agit d’un vrai levier opérationnel pour gagner du temps, réduire son impact et anticiper les nouvelles obligations RSE.

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