Vous connaissez sûrement les robots français Pepper et Nao, désormais passés sous giron japonais. Mais ils ne sont pas les seuls humanoïdes made in France ; c’est aussi le cas de Buddy, un petit androïde qui a déjà séduit l’Éducation nationale. Et son constructeur, Blue Frog Robotics, a de très grandes ambitions.
Un robot social et empathique
Fondée en 2014 à Paris, la jeune pousse faisait déjà parler d’elle au CES 2017. Elle a parcouru un long chemin depuis. Buddy, décrit comme « un robot social capable de comprendre et d’exprimer des émotions de manière naturelle » par Rodolphe Hasselvander, PDG de Blue Frog, est doté d’un visage expressif animé. Il est en mesure de parler et d’adopter une gestuelle appropriée pour créer un lien empathique avec ses interlocuteurs.
De même, le robot est capable de se montrer joyeux, curieux, rassurant ou fatigué selon le contexte. Pour cela, il intègre plusieurs intelligence artificielles (IA) génératives comme ChatGPT, Mistral AI ou encore Claude.
Ses usages sont concrets, notamment pour les enfants malades avec qui Buddy peut établir une relation de confiance. Au départ, il était utilisé comme avatar de téléprésence : « Un élève hospitalisé peut contrôler Buddy à distance depuis une tablette dans sa chambre, pendant que le robot est physiquement présent dans la classe. Il voit et entend tout via la caméra et les micros de Buddy, peut afficher une émotion sur son visage animé, parler avec ses camarades, se déplacer dans la classe ou même dans la cour de récréation », explique le Rodolphe Hasselvander.
Puis ses capacités se sont étendues. Buddy permet d’initier les élèves à la programmation et à l’IA, et a même été déployé dans certaines unités localisées pour l’inclusion scolaire (ULIS), auprès d’enfants autistes. « Grâce à ses interactions bienveillantes, son comportement émotionnel et ses applications dédiées, il aide à resociabiliser, motiver et accompagner ces enfants dans leur parcours éducatif », indique le PDG. L’Éducation nationale a déjà commandé 2 000 unités auprès de l’entreprise.
« Nous travaillons activement à étendre cette commande publique à d’autres pays membres de l’Union européenne, pour générer un effet d’échelle et mutualiser les coûts, les usages et les retours d’expérience », précise-t-il.

De nombreux cas d’usage
Mais ce n’est pas tout. L’humanoïde est aussi utilisé dans un tas d’autres contextes : hôtellerie, banque, salons professionnels, « partout où l’accueil du public nécessite une présence 24/7, multilingue et engageante », selon le dirigeant. Il peut en outre accompagner les personnes âgées en perte d’autonomie, non seulement par sa capacité à détecter une inactivité prolongée, mais également en maintenant le lien social, argumente Rodolphe Hasselvander.
Buddy, qui est vendu sous la forme d’un abonnement annuel comprenant le support, les mises à jour et l’accompagnement, n’est pas uniquement exploité dans un contexte social, c’est aussi une plateforme robotique facilitant la recherche dans des laboratoires français et internationaux, « que ce soit en intelligence artificielle, interaction homme-machine ou robotique sociale ».
Blue Frog veut maintenant aller plus loin et développe « des interactions encore plus contextuelles, la détection émotionnelle et des fonctions avancées liées à la navigation sociale », étaye le PDG. « Buddy représente une forme d’IA physique, une IA qui sort de l’écran du smartphone ou de l’ordinateur pour agir dans le monde réel et avoir un impact concret », continue-t-il.
Face à une demande croissante, l’entreprise se prépare à drastiquement augmenter sa capacité de production avec un objectif concret : rapatrier l’ensemble de la production du robot au sein de l’Hexagone sans passer par la Chine. Elle a déjà entamé des discussions avec une usine située en Île-de-France, « un vrai choix stratégique pour renforcer notre souveraineté industrielle et notre réactivité », souligne le cadre.

En route vers la rentabilité
Dans ce contexte, Blue Frog affirme se rapprocher de la rentabilité grâce, notamment, à une optimisation des processus internes. Ce fut un travail de longue haleine : « Dans le B2B, les cycles de vente sont longs. Aujourd’hui, nous récoltons les fruits d’un travail de fond mené depuis plusieurs années », rappelle Rodolphe Hasselvander. La startup a ainsi pu faire ses armes dans le support client, la gestion de flotte et la fiabilité.
Et son calendrier va être chargé. En plus de l’élaboration d’une offre de location, elle prévoit, aussi, de « proposer un robot émotionnel accessible à tous, prêt pour entrer dans les foyers », fait savoir le dirigeant. Et si Buddy reste sa priorité absolue, il ne ferme pas la porte au développement d’autres technologies pour autant. Il détaille :
« Notre ambition est d’explorer des formes d’IA physique plus avancées, avec des robots capables d’interactions physiques et de manipulation. Ce sont des technologies complexes, mais elles représentent l’avenir de l’intelligence artificielle : une IA qui ne se contente pas de parler ou de répondre à l’écran, mais qui agit concrètement dans le monde réel, au service de l’humain ».
Buddy sera présenté sur un stand lors du salon VivaTech, qui se tiendra du 11 au 14 juin, tandis que Rodolphe Hasselvander interviendra sur le discovery stage.
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