Samsung vient de présenter sa gamme 2026 de smartphones pliants et le nouveau Z Fold 8 avec son format passeport attire évidemment l’essentiel de l’attention, mais il ne faut pas pour autant en oublier les deux autres. Concernant le Galaxy Z Flip 8, les évolutions sont minimes, mais elles méritent tout de même toute notre attention.
Design plus fin, nouveau processeur, le Galaxy Z Flip 8 ne révolutionne pas la roue, mais l’ombre de la crise de la mémoire plane tout de même sur la facture. Son prix est légèrement revu à la hausse, passant de 1200 à 1300 euros pour sa configuration de base et de 1320 à 1500 euros pour le modèle 512 Go. Reste-t-il toujours le roi de sa catégorie ? Voici quelques éléments de réponse dans ce test complet.

Design : une cure d’amincissement
Sur la page officielle du Z Flip 8, Samsung se vante de proposer « Notre Flip le plus fin et le plus léger ». Les différences sont de l’ordre de l’ajustement, mais elles méritent tout de même d’être soulignées. Il passe donc de 6,5 à 6,1 mm d’épaisseur et de 188 grammes sur la balance à 180. Pas de quoi s’ébahir indéfiniment, mais on apprécie tout de même cette évolution dans le bon sens sur un smartphone dont le principal attrait est d’être petit et mignon. Ses autres dimensions n’évoluent quant à elles qu’à la marge, gagnant 0,2 mm en largeur comme en longueur.

Si vous avez connu l’époque des téléphones à clapet au début des années 2000, vous savez qu’une partie du plaisir lié à leur manipulation venait de la possibilité de les ouvrir d’une seule main de manière très fluide et de les refermer avec entrain. Sur les smartphones, c’est un peu plus compliqué, notamment en raison d’une charnière plus solide et d’un besoin de protéger l’écran. Une friction assez visible sur le Z Flip 7 avec ses tranches droites ne laissant que peu de place pour glisser le doigt.
Pour son Z Flip 8, Samsung a donc légèrement biseauté le cadre sur sa section interne afin de faciliter l’insertion du pouce et sa charnière Armor FlexHinge réduit la friction. Est-ce que c’est mieux ? Un peu. Est-ce suffisant ? Pas assez pour nous renvoyer aux années Matrix.

Les finitions sont quant à elles impeccables, comme toujours avec Samsung. Les matériaux sont de qualité et on peut s’attendre à une bonne longévité grâce à son revêtement Gorilla Glass Victus 2 et sa certification IP48, gage d’une résistance aux éclaboussures.
Deux écrans haut de gamme
Alors que l’écran secondaire des premiers modèles de la gamme était en deçà des attentes, Samsung a finalement ramené les deux affichages à une qualité proche. On a donc d’un côté une dalle Oled de 6,9 pouces en définition Full HD+ (2520 x 1080 px) et avec un taux de rafraîchissement de 120 Hz, et de l’autre une diagonale de 4,1 pouces pour une définition de 1048 x 948 px, toujours en 120 Hz. La philosophie du Flip se dirige donc toujours dans le même sens : pouvoir en faire de plus en plus sans avoir à ouvrir le téléphone.

Sur ce point, il y a du mieux, sans atteindre pour autant la liberté offerte par Motorola sur ses modèles. Toutes les applications ne sont pas nativement compatibles. Par le biais de widgets et de l’utilitaire Multistar (présent sur le téléphone), on retrouve un foisonnement de fonctionnalités, mais pas toutes. Un exemple : vous pouvez lancer YouTube Music sur cet écran, mais les commandes multimédia ne sont disponibles sur l’accueil que lorsque le téléphone est verrouillé. Il est par ailleurs impossible d’ajouter un widget associé à l’application musicale de Google. Dans ce cas précis, on peut retrouver le widget système dans les paramètres rapides, mais ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de l’usage incomplet de l’écran externe.
À l’intérieur, la diagonale de 6,9 pouces est confortable. Il faut néanmoins garder à l’esprit que le format est plus allongé qu’à l’accoutumée. C’est une force pour les contenus verticaux et le scrolling, mais une faiblesse lorsqu’il s’agit de regarder des vidéos horizontales en plein écran, des piliers noirs apparaissant alors de part et d’autre de l’image. Avec sa luminosité maximale de 2600 nits, il reste en outre parfaitement lisible, même en plein soleil. Les reflets font néanmoins apparaître la pliure, pourtant très discrète habituellement.
L’écran externe est pour sa part sensible aux reflets et peine à mettre parfaitement en valeur les contenus sombres lorsque la luminosité ambiante est importante. Bon, vous n’avez pas forcément envie de regarder un film d’horreur sur une dalle de 4,1 pouces de toute façon.
Des performances suffisantes
Contrairement aux Z Fold 8 et Z Fold 8 Ultra qui embarquent un Snapdragon 8 Elite Gen 5, le Galaxy Z Flip 8 se contente d’un Exynos 2600. Il s’agit de la première puce de Samsung utilisant le procédé de gravure 2 nm (contre 3 nm pour le 2500), promettant une meilleure efficacité énergétique. Dans sa tâche, elle est épaulée par 12 Go de RAM et 256 à 512 Go de stockage.

Concrètement, c’est une excellente puce capable de faire tourner même les jeux les plus gourmands à plein régime. Fortnite en élevé tourne fluidement à 60 FPS par exemple, de même que Genshin Impact. Autant dire qu’elle sera en mesure d’absorber toutes les charges que vous auriez envie de lui infliger, que ce soit pour simplement animer le système d’exploitation et scroller les réseaux sociaux ou pour réaliser de la retouche photo/vidéo.
Pour autant, malgré ses compétences, le Z Flip 8 n’est pas pensé pour être un smartphone gaming. Son format complique la dissipation de chaleur et, comme son prédécesseur, il monte en température sur les sessions de jeu trop longues. Est-ce que ça l’empêche de maintenir ses capacités ? Non. Est-ce que ça consomme beaucoup de batterie ? Malheureusement, oui.
Une autonomie dans la norme
Côté batterie, Samsung ne change rien. On retrouve donc, comme sur le Galaxy Z Flip 7, un accu de 4300 mAh, capable de tenir une journée à une journée et demie selon votre usage avant de réclamer sa dose d’électrons. Le “selon votre usage” est important ; sur des usages légers, l’Exynos 2600 s’en sort à merveille, mais il consomme plus que de raison dès lors qu’on le pousse dans ses retranchements. En 15 minutes de Fortnite, il perd par exemple un peu plus de 5 % d’autonomie.

La vitesse de charge n’est pas améliorée non plus par rapport à la génération précédente. Avec 25 W, il faut environ 1h30 pour une charge complète. On est donc à mille lieux des concurrents les plus rapides. S’il est encore besoin de le préciser, notez que le chargeur n’est pas fourni dans la boîte et doit donc s’acheter séparément.
Un volet photo qui stagne
Un autre point qui n’évolue pas (ou peu), c’est la photo. Comme le Z Flip 7 et le Z Flip 6 avant lui, cette huitième génération embarque deux appareils photo à l’arrière, avec des capteurs de 50 Mpx pour le grand-angle (f/1,8) et de 12 Mpx pour l’ultra grand-angle (f/2,2). Malgré son prix, il ne profite toujours pas d’un téléobjectif et il faudra donc activer vos jambes ou le zoom numérique pour agrandir votre sujet.

La qualité laisse quant à elle à désirer, surtout pour un téléphone à ce prix. Entre les photos aux couleurs flashy, les aberrations chromatiques pouvant apparaître ici ou là et le manque de finesse global, il ne fait aucun doute que vous ferez mieux avec un appareil vendu à la moitié de son prix. Étonnamment, c’est presque de nuit qu’il s’en sort le mieux, avec une belle augmentation de la luminosité sans pour autant rendre la scène surréaliste. Une exposition plaisante donc, mais des clichés plus lisses.
La plus grande force du Z Flip 8 et des smartphones pliables en général, c’est la créativité apportée par le format pour vos selfies. Certes, le capteur avant de 10 Mpx est correct (de jour, un peu trop flou la nuit), mais pliez le téléphone, posez-le quelque part et vous pourrez vous prendre en photo, vous et votre groupe d’amis, avec le module principal. C’est un avantage non négligeable.
En vidéo, il propose de monter en 4K jusqu’à 60 images par seconde avec HDR ou en Full HD jusqu’à 240 im/s pour du ralenti. On apprécie la douceur de l’autofocus et la stabilisation efficace. Vous pouvez d’ailleurs toujours le plier à 90° pour activer le mode caméscope avec sa prise en main ferme.
One UI toujours à la pointe
Depuis quelques années, Samsung a trouvé la formule gagnante avec son interface One UI. Autrefois décriée, elle compte aujourd’hui parmi les plus réputées. Dès la sortie de la boîte, le Z Flip 8 démarre sous Android 17 avec One UI 9.0 et la marque coréenne promet sept ans de mises à jour Android. C’est un support plus long que la majorité de ses concurrents.

Comme toujours, One UI apporte des animations bienvenues, une fluidité exemplaire, une excellente cohérence globale et un bon nombre d’options de personnalisation. On note quelques applications tierces comme Facebook, Instagram, Spotify, Netflix, Perplexity et TikTok, mais on apprécie qu’il s’agisse là uniquement d’applications très populaires. En revanche, on doit également composer avec les apps du constructeur, particulièrement nombreuses et souvent inutiles. Members et Samsung Shop ressemblent plus à de la pub de marque, Health et Wearable sont inutiles ou presque si vous ne possédez pas de Galaxy Watch, le navigateur vient en doublon de Chrome et de celui qui vous est demandé d’installer au premier démarrage, etc.
Même la fonction Now Brief, pouvant s’afficher sur l’écran externe, manque de pertinence. Elle gagnerait à remplacer l’incitation à regarder Netflix (auquel je ne suis pas abonné) par des éléments plus intéressants, comme la date de mon prochain RDV, des raccourcis domotiques ou un TOP 3 des actualités du jour par exemple.

Samsung a par ailleurs multiplié ses fonctions IA. Assistant pour vos appels, votre prise de notes, vos messages, votre navigation web, vos retranscriptions de réunions, fond d’écran météo… la liste est longue et pertinente. Dommage qu’il faille obligatoirement un compte Samsung dans la plupart des cas et activer manuellement le traitement des données en local uniquement.
Notre avis sur le Galaxy Z Flip 8
Le Samsung Galaxy Z Flip 8 est une évolution paresseuse de son prédécesseur. C’est globalement une mise à jour avec une nouvelle puce et quelques grammes en moins sur la balance. À choisir, économisez quelques centaines d’euros en vérifiant si le Z Flip 7 est toujours disponible quelque part.

Pour autant, le Z Flip 8 reste un petit bijou d’ingénierie. Son design, sa charnière et ses écrans inspirent confiance et le support étendu du géant coréen rassure pour l’avenir. En soi, il touche donc sa cible avec son design mignon. Pour le reste, il n’impressionne pas réellement.
Pourquoi nous ne notons pas le Galaxy Z Flip 8 ?
Samsung n’a pas été en mesure de nous prêter le Z Flip 8 plus d’une semaine. Contraints de le renvoyer à la marque pour le partager avec nos confrères (ce qui est tout naturel), nous n’avons pas pu pousser nos tests en laboratoire, ni utiliser le téléphone assez longtemps pour en sortir une note définitive. Nous intégrerons cette note lorsque nous aurons l’occasion de le tester pendant au moins un mois, un peu plus tard dans l’année.
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