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Santé : les abeilles pourraient détecter le cancer du poumon selon cette nouvelle étude

Chaque année, ce cancer tue plus de 1,8 million de personnes à l’échelle mondiale. Il se trouve que les abeilles pourraient devenir des alliées précieuses dans la détection de ce dernier.

L’étude en question est parue dans la revue Biosensors and Bioelectronics et a été émise par des chercheurs de l’Université d’État du Michigan (MSU). Selon ses conclusions, les abeilles seraient bien dotées d’un « superpouvoir » : leur sens olfactif, extrêmement fin, leur permet de distinguer les composés chimiques présents dans la respiration humaine, et donc de détecter la présence d’un cancer. Cet insecte de l’ordre des Hyménoptères est déjà reconnu pour ses facultés sociales et son importance centrale dans le processus de pollinisation, mais il pourrait désormais jouer un rôle de première importance dans la médecine humaine.

Le protocole du test

C’est sous la direction avisée de Debajit Saha que l’équipe a exploré le potentiel olfactif des abeilles. Saha, assistant professeur au Collège d’ingénierie et à l’Institut de sciences de la santé quantitatives à la MSU explique que « les insectes sont dotés d’un sens de l’odorat d’une acuité incroyable, tout comme les chiens ».

Premièrement, l’équipe a mis au point un mélange chimique synthétique pour imiter la composition de la respiration des patients atteints de cancer du poumon, en mélangeant six substances différentes. Parmi elles, on trouve le trichloroéthylène, un composé chimique couramment utilisé comme solvant industriel et le 2-méthylheptane, un hydrocarbure.

Par la suite, il s’agissait de faire en sorte que les abeilles puissent être au contact ce mélange. Afin de rendre cela possible, Elyssa Cox, ancienne gestionnaire de laboratoire, et Michael Parnas, un doctorant, ont conçu un harnais 3D permettant de maintenir une abeille vivante pendant qu’ils mesuraient les signaux cérébraux de l’insecte en réponse aux odeurs. Cox précise : « Nous avons testé les mélanges de respiration cancéreuse et saine sur environ 20 abeilles ouvrières ». En exposant les antennes des abeilles à ces odeurs, les chercheurs ont observé des changements notables dans les réponses neuronales des abeilles.

Des détecteurs sur six pattes

Les résultats ont ainsi démontré que les abeilles possèdent l’étonnante capacité de détecter des concentrations extrêmement faibles de composés indiquant la présence de cancer, dans des proportions de l’ordre du milliardième. En d’autres termes, si vous aviez un milliard de molécules de gaz dans un échantillon d’air, les abeilles seraient capables de détecter la présence de seulement quelques moléculesde celui-ci parmi elles. Assez stupéfiant. « Les abeilles peuvent différencier avec une acuité remarquable des changements minimes dans les concentrations chimiques du mélange de respiration » note Saha avec enthousiasme.

Parnas, en analysant méticuleusement les données neuronales, a observé des pics manifestes dans les signaux cérébraux des abeilles, confirmant leur aptitude à distinguer la respiration cancéreuse de la respiration saine. Fait qui confirme bien que les abeilles sont capables d’interpréter très différemment les odeurs ; plusieurs neurones distincts étant activés selon la nature des échantillons.

Vers une détection non invasive et plus rapide ?

Suite à ces résultats encourageants, l’équipe de Saha envisage donc d’exploiter ces découvertes afin de développer des technologies de test pour détecter les maladies basées sur la capacité olfactive des organismes vivants. Ils espèrent bien, à l’avenir, mettre au point un test non invasif où les patients n’auraient qu’à respirer dans un dispositif pour établir un diagnostic.

Ce dernier, équipé de capteurs inspirés par les capacités du cerveau des abeilles et de son habileté à discerner les odeurs. Il pourrait ainsi analyser la respiration et fournirait des résultats en temps réel sur la présence de composés chimiques indicateurs de cancer.

Bien que certaines techniques non invasives de détection existent déjà (rayons X), d’autres comme la biopsie (prélèvement d’un échantillon de tissu pulmonaire) ou la bronchoscopie (insertion d’un tube flexible dans les voies respiratoires) impliquent des interventions plus complexes et directes sur le corps du patient.

Voilà une raison de plus de protéger les abeilles, aujourd’hui gravement menacées d’extinction. Selon Greenpeace : « Les populations d’abeilles domestiques ont chuté de 25 % en Europe entre 1985 et 2005 ». Un constat catastrophique, car les trois quarts de la production de nourriture à l’échelle du globe dépend des insectes pollinisateurs comme les abeilles.

  • Une étude de l’Université d’État du Michigan a mis en lumière la capacité des abeilles à détecter la présence du cancer du poumon.
  • En exposant les abeilles à un mélange synthétique d’odeurs, les chercheurs ont remarqué que ces insectes pouvaient différencier certains composés présents dans l’haleine d’une personne atteinte d’un cancer.
  • Grâce à ces résultats, ils espèrent développer, à l’avenir, un dispositif de test non invasif pour détecter la présence de cancer.

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Par : Gouvernement français
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