La Corée du Nord est en plein développement d’un nouveau satellite espion. D’ici peu, le fruit de la dictature de Pyongyang rejoindra l’orbite basse. Il est actuellement en “phase finale” et vient de terminer un “test important”, rapportait un média d’Etat ce lundi 19 décembre. À la clé, deux photos où l’on semble pouvoir distinguer la Corée du Nord vue de 500 km d’altitude. Comme lui, ils sont déjà des milliers à avoir atteint l’orbite depuis la guerre froide, notamment aux États-Unis et en Russie.
Ce que cache le satellite de reconnaissance
Le premier vol de SpaceX en 2022 fut un lancement de Falcon 9, avec à son bord un satellite de reconnaissance au compte d’une agence de renseignement militaire américaine classée “secret défense”. Dans l’espace, l’orbite basse n’est donc pas à son premier envoi de satellite espion. On décompte même plus de 900 engins envoyés par l’Union soviétique. Aujourd’hui, leur nombre est plus restreint, mais leur durée de vie est plus longue. Les technologies évoluent, et les capacités sont redoutables.
À Pyongyang, le but du développement du nouveau satellite espion est double. D’un côté, l’appareil doit pouvoir embarquer des outils de pointe, que ce soit pour la récupération d’information, leur précision et la communication avec le sol. Des caméras, batteries, émetteurs et récepteurs seraient actuellement testés sur le nouveau satellite. De l’autre, le développement du satellite est un moyen de développer du matériel militaire plus explicite, comme des missiles balistiques intercontinentaux.
Le lancement final du satellite est prévu pour avril 2023. Un développement éclair – si l’on se tient aux dires des agences – alors que le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un évoquait le projet l’année dernière seulement. Les technologies développées ne valent pas les celles des grandes puissances, notamment du côté de la résolution. Le satellite serait doté d’une caméra de 20 mètres de résolution (les meilleures caméras permettent des résolutions de moins de 1 mètre) et deux caméras multispectres (prenant plusieurs clichés sur des longueurs d’onde différentes pour des détails invisibles à l’oeil nu).
“À une résolution de 20 m, le satellite sera capable de distinguer des bâtiments, des navires et des avions, mais pas des véhicules, des personnes ou d’autres machines”, relativisait l’expertise de la Corée du Nord Martyn Williams, de l’organisation pacifiste du Stimson Center.
🆕 Just In: North Korea says yesterday’s rocket launch was part of its tests for a military reconnaissance satellite. Page 2 of Monday’s Rodong Sinmun carries an image of the launch and a photo talen by the satellite of downtown Seoul. (cont) pic.twitter.com/UUjS8WryX8
— Martyn Williams (@martyn_williams) December 18, 2022
Les satellites espions français
En France, la recherche consacrée au développement de satellite espion démarre dans les années 1980 et s’appuie sur le savoir du CNES et du programme Spot, pour l’observation civile héliosynchrone. Le premier satellite de reconnaissance militaire est mis au point et lancé en 1995 avec une résolution d’un mètre déjà. Aujourd’hui, dans le cadre du programme d’armement MUSIS, 3 satellites appelés CSO (Composante spatiale optique) ont été progressivement lancés depuis 2018 pour offrir une résolution record de 20 centimètres.
Pour atteindre un tel niveau de détail, l’Etat français a fait appel à la société Geosystems France qui permet fusionner plusieurs clichés pour créer une image unique de 14 trillions de pixels (de 20 cm chacun donc). Comme l’indiquait un communiqué de la société en mars 2021, ce genre d’images avait de quoi peser son poids. Comptez 1,2 To par cliché.
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