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La seconde plus longue grève de l’histoire de Boeing prend fin, mais ses répercussions risquent de durer

Les employés de Boeing ont finalement accepté la quatrième proposition de leur direction, mettant fin à l’une des plus longues grèves de l’histoire du constructeur. Son activité militaire, cruciale, a fortement été affectée.

Boeing savait que ce mouvement pouvait s’étendre sur « des mois », elle ne s’était pas trompée. Trois mois après le début du mouvement, lancé le 4 août 2025, les 3 200 membres du syndicat IAM District 837 ont finalement validé la quatrième proposition de leur direction. Les activités vont donc retourner à la normale dans les usines de Saint-Louis dans le Missouri et de Mascoutah dans l’Illinois, cœur historique de l’activité militaire de Boeing.

Le personnel concerné réclamait de meilleures hausses salariales, un programme de retraites renforcé ainsi qu’une protection santé plus solide. Mais après trois offres rejetées coup sur coup, ils avaient dénoncé un manque de reconnaissance envers des travailleurs qualifiés qui n’avaient plus fait grève depuis 1996.

Finalement, les salariés décrochent 24 % d’augmentation générale sur cinq ans, un bonus immédiat de 6 000 dollars, doublé par rapport à l’offre précédente, et une trajectoire salariale qui fera passer le salaire annuel moyen de 75 000 à 109 000 dollars au terme du contrat. En contrepartie, Boeing a supprimé un paiement différé de 4 000 dollars, présent dans les versions antérieures de l’accord.

« Nous sommes fiers de ce que nos membres ont obtenu ensemble, et prêts à revenir construire les avions militaires les plus avancés au monde », a commenté le syndicat. Il s’agit de la seconde plus longue grève de l’histoire de l’avionneur après celle de 1948, qui avait duré 20 semaines.

Boeing Greve
© Sunil prajapati / Shutterstock.com

Un soulagement, mais la facture pourrait être salée

Boeing ne va pas forcément en sortir indemne. Car la grève a drastiquement freiné la production militaire, en particulier les avions de chasse F-15 et les F-18, ainsi que sur plusieurs programmes d’armements et d’entraînement. Le général Kenneth Wilsbach, de l’US Air Force, avait déjà confirmé des retards sur les livraisons.

Pour rappel, la branche défense de Boeing représente près d’un tiers des revenus du groupe. Et la période ne pouvait difficilement être plus mal choisie : l’entreprise fait face à des difficultés répétées sur ses programmes civils, notamment le 777X, qui s’est converti en véritable gouffre financier.

Pour pallier le manque d’employés, Boeing a dû recruter des travailleurs non syndiqués, envoyer des managers sur les chaînes, organiser des sessions de recrutement et revoir la répartition des tâches. Une stratégie qui a irrité le syndicat et dont les effets réels sur la qualité resteront scrutés de près.

  • Les 3 200 machinistes de Boeing ont mis fin à 101 jours de grève en acceptant la quatrième proposition de la direction.
  • L’accord prévoit 24 % d’augmentation sur cinq ans et un bonus immédiat de 6 000 dollars.
  • La production militaire a été touchée par cette nouvelle crise qui tombe mal pour Boeing.

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