Les organisateurs des Enhanced Games avaient promis une soirée historique avec plusieurs records du monde battus grâce à un protocole de dopage sophistiqué. Il n’en est rien : sur l’ensemble de la soirée, un seul record du monde est tombé.
C’est le nageur grec Kristian Gkolomeev qui a sauvé la mise, en remportant le 50 mètres nage libre en 20,81 secondes. Il a ainsi devancé le record officiel de l’Australien Cameron McEvoy, établi en mars dernier. À noter que la performance n’est pas reconnue par les fédérations internationales, puisqu’elle a été réalisée avec des substances dopantes et une combinaison intégrale interdite dans le sport classique. Le nageur empoche tout de même 1 million de dollars de prime.
A $1,000,000 WORLD RECORD SWIM!
Kristian Gkolomeev wins the Men’s 50m Freestyle in 20.81s and takes home $1,000,000 bonus + $250,000 first place prize and reclaims his 50M Freestyle world record. pic.twitter.com/A9XApwrYPS
— Enhanced Games (@enhanced_games) May 25, 2026
Les autres tentatives de records, elles, sont littéralement tombées à l’eau. Le Britannique Ben Proud, médaillé d’argent à Paris 2024, a manqué le record du monde du 50 mètres papillon de seulement 0,05 seconde. Du côté des haltérophiles, Hafthor Bjornsson, alias La Montagne dans Game of Thrones, n’a pas réussi à battre son propre record au soulevé de terre. Les organisateurs ont même bricolé les règles en direct, accordant une quatrième tentative à deux concurrents. Sans succès.
JUST IN: Thor "The Mountain" Bjornsson fails his WR Deadlift attempt at The Enhanced Games pic.twitter.com/ZshPzUpV1Z
— Autism Capital 🧩 (@AutismCapital) May 25, 2026
Le paradoxe de la soirée : les non-dopés dominent
C’est l’un des retournements les plus inattendus de la soirée. Parmi les 42 athlètes en compétition, une poignée avait choisi de concourir sans substances. Et ce sont eux qui ont monopolisé les podiums en sprint.
Le champion du monde américain Fred Kerley, suspendu du circuit classique pour des contrôles manqués, a remporté le 100 mètres en 9,97 secondes face à des adversaires sous testostérone et stéroïdes. La Barbadienne Tristan Evelyn a elle aussi remporté le 100 mètres féminin sans se doper. En natation, Hunter Armstrong a décroché le 50 mètres dos en 24,21 secondes, battant deux concurrents sous substances.
A non-enhanced athlete, Hunter Armstrong, won 1st place in the Men’s 50m Backstroke at the Enhanced Games while competing against athletes using testosterone, steroids, and other PEDs. pic.twitter.com/j8pKQdQPLs
— FearBuck (@FearedBuck) May 25, 2026
Un événement qui soulève toujours autant de questions
Cette première édition, malgré ses promesses non tenues, ne semble pas avoir refroidi les organisateurs. Gkolomeev lui-même a déjà annoncé la couleur : « L’année prochaine, je le battrai à nouveau ». Les Enhanced Games ont donc survécu à leur baptême du feu. La question n’est plus de savoir s’il y aura une deuxième édition, mais jusqu’où elle ira.
Car des spécialistes de la santé ont averti que plusieurs des substances consommées par les athlètes risquaient d’entraîner des conséquences fatales, notamment sur le cœur, le foie et les reins. Les effets à long terme d’un tel cocktail restent largement inconnus. Mais l’appât du gain ne faiblit pas.
En effet, la maison mère, Enhanced, vend directement au grand public une grande partie des substances consommées par ses athlètes. Et elle est soutenue par de grands noms comme Peter Thiel et Donald Trump Jr., qui misent sur un marché de la longévité en pleine explosion.
- Malgré des promesses de records en série des Enhanced Games, un seul a été battu lors de cette première édition à Las Vegas.
- Le paradoxe de la soirée : les athlètes qui ont refusé de se doper ont remporté les épreuves de sprint.
- Les Enhanced Games sont avant tout une vitrine commerciale pour vendre des substances anti-âge au grand public.
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