Le concept est on ne peut plus simple : les Enhanced Games sont une sorte de Jeux olympiques où le dopage est non seulement autorisé, mais encouragé. Initié en 2023, le projet va bénéficier de sa première édition ce week-end à Las Vegas. Une cinquantaine d’athlètes s’affronteront dans trois disciplines : natation, sprint et haltérophilie.
La seule limite à respecter : les substances consommées doivent être approuvées par la Food and Drug Administration (FDA), agence américaine chargée d’approuver la nourriture et les médicaments. Un filtre bien moins strict que les standards antidopage habituels.
Ainsi, les athlètes pourront empocher la somme de 250 000 dollars s’ils gagnent une épreuve, et d’1 million pour battre un record du monde. De quoi convaincre des sportifs aux fins de mois difficiles, mais pas que. On va aussi retrouver Thor Björnsson, l’acteur islandais connu pour son rôle de La Montagne dans Games of Thrones, ainsi que le nageur britannique Ben Proud, médaillé d’argent à Paris 2024.
Ce dernier l’assume sans détour : il lui faudrait treize ans de titres mondiaux pour gagner ce qu’une seule compétition peut lui rapporter ici. Le sprinter américain Fred Kerley, lui, vise le record du monde du 100 mètres de Usain Bolt. Rien que ça.
Les premiers "Jeux dopés", surnom des Enhanced Games, doivent se tenir ce dimanche 24 mai à Las Vegas. Lors de la préparation, voici comment s'organise concrètement le dopage des athlètes…
Les dessous des "Jeux dopés", une vidéo à retrouver en intégralité sur notre chaîne… pic.twitter.com/ruBAJDS6ww
— Brut FR (@brutofficiel) May 20, 2026
Une longue liste de substances autorisées
Pour augmenter leurs performances, les athlètes consomment une large gamme de substances : testostérone, stéroïdes anabolisants, hormone de croissance, EPO, stimulants… À noter qu’un protocole médical individualisé a été mis en place, élaboré lors d’un camp d’entraînement aux Émirats arabes unis. Mais il est, malgré tout, impossible de savoir ce que chacun ingère réellement, les organisateurs invoquant la confidentialité médicale.
Dans ce contexte, des records vont presque certainement tomber. Le nageur grec Kristian Gkolomeev avait déjà réalisé un temps inférieur au record du monde du 50 mètres nage libre lors d’un événement exhibition en 2025, avec l’aide de substances et d’une combinaison intégrale interdite dans le sport classique.
Problème, aucune fédération nationale ou internationale ne reconnaît ces performances. Les organisateurs, eux, assurent que leur chronométrage et leurs infrastructures sont dignes des grandes compétitions mondiales.

Milliardaires de la tech et business de l’anti-âge
Bien sûr, cet événement d’un nouveau genre a un attrait clair pour ceux qui le financent. Et il ne s’agit pas de n’importe qui : on retrouve Peter Thiel, cofondateur de PayPal et Palantir, Donald Trump Jr., ainsi que plusieurs figures de la tech libertarienne. Leur objectif dépasse largement le sport, puisque les Enhanced Games sont avant tout une vitrine commerciale pour vendre peptides, testostérone et produits anti-âge directement aux consommateurs. Le vrai business model, c’est le marché de la longévité.
De quoi susciter de nombreuses critiques. L’Agence mondiale antidopage (AMA) et le Comité international olympique évoquent une trahison des valeurs du sport, tandis que des médecins alertent sur les risques très concrets de telles substances. Ceux-ci comprennent des problèmes cardiaques, rénaux, psychiatriques, sans parler des effets à long terme, que la science peine encore à mesurer.
- Ce week-end à Las Vegas, des athlètes olympiques vont se doper légalement, et viser des records à 1 million de dollars.
- Testostérone, stéroïdes, EPO… De nombreuses substances illégales dans les compétitions officielles sont autorisées.
- L’événement est financé par des milliardaires de la tech qui veulent vendre de l’anti-âge au grand public.
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