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Si vous avez des pneus Goodyear, faites particulièrement attention…

L’entreprise a été mise en examen cette semaine pour “homicide involontaire” après 3 accidents causé par ses pneus.

Mis en examen ce 13 mai, l’entreprise Goodyear est depuis 48 heures dans la tourmente juridique. Une filiale du géant du pneu est accusée d’avoir eu connaissance de plusieurs défauts sur des produits pour camions, sans faire les retours et les modifications nécessaires. Dans une déclaration faite à la presse, le porte-parole de la société américaine reconnaît cette mise en examen pour « des faits survenus entre 2014 et 2016 » sur le territoire français.

Les représentants de l’entreprise ont donc été mis en examen par un juge d’instruction du parquet de Besançon. Ils sont accusés d’homicide involontaire, tromperie sur les qualités substantielles d’une marchandise » et « pratiques commerciales trompeuses. » Ces chefs d’accusation sont passibles d’une amende pouvant monter « jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires » de l’entreprise.

Du côté des victimes Philippe Courtois, l’avocat de Sophie Rollet, veuve d’un chauffeur routier qui avait révélé l’affaire à la justice en 2016, s’est dit « satisfait de cette première mise en examen qui ne peut qu’annoncer d’autres à venir. »

Trois accidents et 4 morts

Car cette affaire est bien plus grave qu’un simple non-respect des normes. Les défauts de fabrication des pneus Goodyear auraient amené à des éclatements, conduisant à 3 accidents entre 2014 et 2016, dans la Somme, le Doubs et les Yvelines. Ces collisions ont fait 4 morts.

L’enquête a été ouverte en 2014, suite à l’accident de Jean-Paul Rollet, un chauffeur routier de 53 ans, décédé sur l’autoroute A36 au niveau de la commune de Roye dans le Doubs. Sa femme Sophie Rollet est la première à avoir porté plainte contre Goodyear, lançant une longue procédure judiciaire.

11 ans plus tard, les premières mises en examen tombent donc. Une étape importante en vue d’un procès qui s’annonce encore lointain.

Des défauts connus en interne

Du côté de Goodyear, les soupçons sont de plus en plus lourds. L’entreprise est accusée d’avoir eu connaissance des défauts sur les pneus LHSII et LHSII +.

Suite aux premières auditions « les deux sociétés contestent les faits qui leur sont reprochés. L’information judiciaire se poursuit » selon les mots de Margaret Parietti, procureure de la République. Pour l’heure, l’enquête continue et la construction du dossier risque de prendre des années.

Lors des premières auditions, Goodyear a apporté de nouvelles informations qui doivent maintenant être analysées par les magistrats. « On saura, après le réquisitoire définitif, si on va vers un procès ou pas », précise la procureure.

De son côté, Félix de Belloy, l’avocat de l’entreprise assure que son client fera le nécessaire pour « coopérer pendant toute la durée de l’instruction ». Cette affaire est donc encore loin d’être réglée, et Sophie Rollet, dont la ténacité a été saluée par les magistrats, est encore loin de connaître le fin mot de cette histoire.

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