Après des années d’élaboration par les autorités, la vérification de l’âge est désormais obligatoire pour les sites pornographiques en France. Si l’objectif est d’empêcher les mineurs d’accéder à ce type de contenu, l’efficacité de cette mesure pose, encore aujourd’hui, des questions.
Un système qui doit garantir l’anonymat
Durant les trois premiers mois de mise en œuvre de la législation, les utilisateurs devront prouver leur âge en renseignant les données de leur carte bancaire. Ensuite, il faudra soit envoyer une vidéo de son visage, une intelligence artificielle se chargeant de l’analyser pour déterminer l’âge, soit scanner sa pièce d’identité.
Les législateurs ont élaboré un système perfectionné afin de préserver au mieux la confidentialité des données. Ainsi, un premier hébergeur va collecter les données sensibles comme la vidéo ou la pièce d’identité, sans pour autant savoir pour quel site l’utilisateur effectue la vérification. Un second prestataire transmettra uniquement une confirmation de l’âge au site pornographique, sans connaître l’identité ou les données précises de l’utilisateur.
Tous les sites ne sont pas logés à la même enseigne
La vérification de l’âge ne concerne, pour le moment, pas tous les sites pornographiques accessibles en France. Seules les plateformes hébergées en France ou en dehors de l’Union européenne (UE) sont concernées. En cause, des subtilité du droit européen, et notamment la « libre circulation des services de la société de l’information ».
Ce principe garantit que les services numériques, y compris les sites internet, peuvent être librement proposés d’un État membre à l’autre, tant qu’ils respectent les règles en vigueur dans leur pays d’origine. Concrètement, si un hébergeur de contenus pornographiques est établi dans une région de l’UE où les réglementations concernant la vérification de l’âge sont plus souples ou inexistantes, il peut continuer à diffuser ses contenus en France sans être tenu de respecter les exigences imposées par ses lois.
Problème, certains des sites pornographiques les plus populaires, comme Pornhub, xHamster, Xvideos ou encore Xnxx, sont hébergés dans l’UE.

Des techniques pour contourner les mesures
Par ailleurs, les pays qui ont introduit des législations similaires à la loi SREN ont noté une explosion des téléchargements de VPN : les personnes exclues des plateformes contournent les règles en prétendant se trouver dans d’autres pays. Ils risquent, également, de se tourner vers d’autres sites, plus sombres, où quasiment aucune modération n’est appliquée. De quoi les exposer à des contenus encore plus dangereux, non filtrés ou illégaux.
Bien que la nécessité d’agir soit criante, la consommation de contenus pornographiques par les mineurs ayant explosé au cours de la dernière décennie, la marche à suivre s’avère extrêmement complexe.
- Depuis ce 11 janvier, les sites pornographiques doivent vérifier l’âge des utilisateurs.
- Pour commencer, les utilisateurs doivent prouver leur âge en insérant les données de leur carte bancaire.
- Les plateformes hébergées au sein de l’Union européenne, mais pas en France, ne sont pas concernées par cette mesure.
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