Le bras de fer technologique entre Washington et Pékin continue, et celui-ci frappe de plein fouet l’industrie des semi-conducteurs. Les États-Unis, soucieux de préserver leur suprématie technologique, poussent leurs entreprises à couper les ponts avec la Chine. Cette restructuration forcée laisse présager des répercussions peu souhaitables pour nous autres, consommateurs. Dès 2025, tous nos appareils électroniques risquent de voir leur tarif augmenter.
Un divorce forcé aux conséquences mondiales
Les géants américains Applied Materials et Lam Research, véritables piliers de la fabrication des puces électroniques, imposent désormais une ligne dure à leurs fournisseurs : bannir tout composant d’origine chinoise de leurs chaînes d’approvisionnement. Autre mesure plus draconienne encore : ces entreprises rejettent tout partenariat avec des sociétés comptant des investisseurs ou des actionnaires chinois
À Plainview, le fabricant Veeco a même officialisé cette position par écrit, exigeant l’arrêt immédiat de toute collaboration avec de nouveaux fournisseurs chinois et la fin des partenariats existants d’ici fin 2025.
Les chaînes d’approvisionnement des semi-conducteurs sont déjà très complexes et interconnectées. Éliminer un acteur majeur comme la Chine de ces chaînes va davantage les complexifier et augmentera nécessairement les coûts et les délais de production. De plus, comme l’économie chinoise repose en grande partie sur la production de composants électroniques, son exclusion pourrait, dans le pire des cas, entraîner des pénuries à l’échelle mondiale.
La bataille des semi-conducteurs n’est donc pas près de se taire et pourrait provoquer une escalade des tensions commerciales : voilà le prix à payer de l’interdépendance technologique.
La quête périlleuse de nouvelles sources d’approvisionnement
L’industrie se retrouve face à un paradoxe épineux. La Chine représente le plus gros marché pour les équipementiers américains, et trouver des alternatives à prix compétitifs reste encore très compliqué. L’exemple de Shenyang Fortune Precision Equipment illustre parfaitement cette impasse : malgré l’ouverture d’une usine à Singapour, à deux pas des bureaux d’Applied Materials, l’entreprise se voit refuser toute autorisation de livraison en raison de ses racines chinoises.
Certains fournisseurs, désespérés, tentent des stratagèmes complexes, comme la création de holdings dans des pays tiers ou des joint-ventures en Malaisie, pour maintenir leurs liens commerciaux avec les États-Unis.
Cette réorganisation massive intervient dans un contexte politique déjà très tendu. Le Département américain du Commerce a déjà imposé des restrictions strictes, obligeant les fabricants d’équipements à obtenir des licences spéciales pour partager des informations techniques avec leurs fournisseurs chinois. Ces licences temporaires expireront fin 2025, date buttoir qui précipitera la transformation du secteur.
L’Europe, le Japon et les États-Unis injectent des dizaines de milliards de dollars pour relocaliser la production de semi-conducteurs. Toutefois, cette transition accélérée vers des chaînes d’approvisionnement excluant la Chine aura des répercussions directes sur nos portefeuilles et il ne fait quasiment aucun doute que nos appareils électroniques quotidiens nous soient de moins en moins accessibles.
- Les États-Unis forcent les entreprises de semi-conducteurs à couper les liens avec la Chine, ce qui augmentera les coûts de production.
- La complexité des chaînes d’approvisionnement et la dépendance à la Chine risquent de provoquer des pénuries et des retards.
- Les consommateurs pourraient voir les prix des appareils électroniques grimper dès 2025.
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