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Smartphones reconditionnés : la fausse bonne affaire ?

Sur le papier, acheter un smartphone reconditionné présente de nombreux avantages. Et pourtant, les arnaques ne sont pas très loin.

Recommerce, BackMarket, Rebuy, Refurbed, Volpy. Derrière ces noms se cachent les plus grands vendeurs ou plateformes de vente de produits reconditionnés. Face à la crise économique et à des tarifs en constante augmentation, les consommateurs se tournent de plus en plus vers ce mode d’achat.

Selon une étude Kantar pour Recommerce, le marché du reconditionné a représenté un milliard d’euros en 2021, soit une croissance de 15% en un an. Il faut dire que, sur le papier, l’offre est plutôt intéressante.

Les géants du secteur promettent d’acquérir des smartphones ou tablettes en vogue à des prix défiant toute concurrence. Comment font-ils ? Ils récupèrent des modèles défectueux mais pas irréparables. Ils remplacent les composants, leur donnent un nouvelle jeunesse et les revendent avec une garantie de deux ans à un prix bien plus intéressant qu’un modèle neuf.

Ainsi, à l’heure où nous écrivons ces lignes, on peut trouver un iPhone 12 sorti fin 2020 pour moins de 600 euros. Un iPhone 13 peut se trouver 15% moins cher dans ces offres reconditionnées. Mieux, un Galaxy S21 FE 5G lancé début 2022 à 799 euros est déjà disponible sur certaines plateformes à moins de 600 euros.

Forcément, avec de telles offres, le reconditionné a tout de la bonne affaire pour les portefeuilles moins garnis. Si certains professionnels du secteur proposent en effet des offres intéressantes, une enquête de la DGCCRF révèle que nombre d’entre eux n’hésitent pas tricher. Ainsi, ce qui était une bonne affaire se révèle être une arnaque pure et simple.

Absence de contrôles et mensonges

L’enquête de la DGCCRF est sans appel. Sur 83 magasins et sites de ventes en ligne contrôlés, 53 revendeurs de produits reconditionnés ont fait l’objet d’une injonction administrative ou d’un avertissement pour des anomalies en matière d’information aux consommateurs. En cause, des défauts de garanties ou l’absence de vrais tests sur les produits récupérés avant remise sur le marché.

La répression des fraudes a d’abord constaté que certains professionnels ne donnaient pas suffisamment d’informations sur l’état des produits vendus. Certains étiquetés comme en « Bon état » ou « Fonctionnel » ne l’étaient qu’en apparence. Sous le capot, les enquêteurs ont retrouvé des batteries en fin de vie, des haut-parleurs fatigués ou des micros défectueux.

Certains revendeurs se sont retrouvés dans l’incapacité de délivrer les justificatifs prouvant que les appareils avaient passé une batterie de tests. Pire encore, « certains produits dits reconditionnés étaient juste remballés, d’autres étaient testés uniquement à l’allumage » indique Rémy Slove, directeur de cabinet et porte-parole de la DGCCRF aux Echos. Benoît Varin, président de Rcube, l’un des fédérations professionnelles du secteur, dénonce lui aussi auprès des Echos :

Certains acteurs du secteur, surtout en région parisienne où le salaire des techniciens pèse sur les marges, ne sont que des passe-plats qui achètent des stocks de smartphones reconditionnés à l’étranger, sans connaître les tests effectués, et se contentent de les remballer.

Last but not least, certains revendeurs n’hésitent pas à semer le trouble sur les durées de garanties. Nombre de professionnels contrôlés par la DGCCRF réduisaient la durée de garantie légale qui est de deux ans, comme pour les produits neufs.

L’indice de réparabilité : une vaste supercherie ?

Qu’il s’agisse de produits neufs ou reconditionnés, les vendeurs de matériel électronique sont obligés depuis un an d’afficher un indice de réparabilité. Cette note sur 10 est supposée indiquer aux consommateurs dans quelle mesure le produit qu’ils achètent est réparable. Cela permettrait d’allonger la durée de vie des appareils et donc de limiter l’impact des produits électroniques sur la planète.

Le problème de la loi en vigueur réside dans la méthode de notation. En effet, l’indice de réparabilité repose sur une autoévaluation des fabricants. Ainsi, Samsung, Apple, Sony et consorts effectuent leurs propres tests et évaluent eux-mêmes le degré de réparabilité de leurs smartphones, tablettes, ordinateurs, TV etc.

Cette méthode a été largement critiquée par l’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP) qui estime que ce système de notation est bien trop généreux. Dans un rapport, elle publie les résultats de ses propres évaluations à partir des mêmes critères que ceux imposés par la loi. Il en résulte que les marques n’hésitent pas à gonfler les notes.

Ainsi, quand Samsung donne la note de 8/10 à son Galaxy A41, HOP lui donne un 6,6/10. Idem chez Apple, qui donne un 6,2/10 à son dernier MacBook Pro, quand l’association évalue son indice de réparabilité à 5,8/10. La DGCCRF a donc été saisie de ce dossier et mène l’enquête.

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1 commentaire
1 commentaire
  1. Sans compter qu’il faut payer une deuxième fois la taxe sur les produits audiovisuels alors qu’elle a déjà été payée lorsque le produit était neuf !
    Encore une arnque supplémentaire, merci les “ayant-droit”

Les commentaires sont fermés.