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Start-up d’IA : l’inexorable quête vers la rentabilité

Malgré les milliards levés, les start-up d’IA continuent de perdre de l’argent.

Après l’engouement initial, est venu le temps des doutes. Les start-up d’IA, même les leaders du secteur, peinent à devenir rentables. En cause, notamment, des dépenses astronomiques pour former et faire fonctionner la technologie. Un modèle qui ne peut perdurer indéfiniment.

Des dépenses astronomiques

Il y a un an, Emad Mostaque, PDG de Stability AI, affirmait que l’IA était en passe de devenir la plus grosse bulle spéculative de l’Histoire. Une hypothèse qui semble se confirmer. Alors que les levées de fonds dans le secteur sont toutes plus impressionnantes les unes que les autres, force est de constater que les start-up patinent lorsqu’il est question de rentabilité.

OpenAI, entreprise à l’origine de ChatGPT, en est le parfait exemple. Malgré l’immense popularité de son IA et le soutien financier du mastodonte Microsoft, la société est encore loin de générer des bénéfices. Selon une enquête publiée en juillet, la firme pourrait enregistrer un déficit allant jusqu’à 5 milliards de dollars cette année, malgré des revenus annuels de plus de 3 milliards de dollars.

Une situation qui s’explique par le coût colossal de l’entraînement et le fonctionnement des modèles, qui requièrent des capacités de calcul immenses. D’ailleurs, OpenAI serait en pourparlers pour boucler un nouveau tour de table à hauteur de 6 milliards de dollars.

Même son de cloche pour Anthropic. L’éditeur de Claude, qui a bénéficié du soutien de Google et d’Amazon à hauteur de plusieurs milliards de dollars. Tandis que ses revenus annuels sont estimés à environ 200 millions de dollars, elle dépenserait 2 milliards sur la même période. De son côté, la jeune pousse française Mistral AI a indiqué au Monde que « le développement économique est en bonne voie et se passe comme prévu ». Mais elle ne communique pas sur ses revenus, ni sur sa profitabilité.

Chatgpt Dollars
© Hamara / Shutterstock.com

Une adoption encore lente

Les promesses sont pourtant nombreuses. Selon les start-up, la technologie va totalement chambouler le monde de l’entreprise, en optimisant la productivité de chacun. La réalité est, pour le moment, bien différente. Jim Covello, chef de la recherche en actions mondiales chez Goldman Sachs, souligne dans un rapport que « les promesses de l’IA n’ont pas encore été concrétisées dans une application véritablement transformative ». Par manque de moyens, financiers, matériels et humains, beaucoup d’entreprises rechignent à franchir le cap de l’IA.

Les start-up évoluant dans le secteur doivent en outre rivaliser avec les géants technologiques, de qui elles dépendent. En plus de les soutenir financièrement, ils distribuent leurs modèles au travers de leurs offres cloud. Par ailleurs, ces derniers n’hésitent pas à débaucher le personnel des jeunes pousses pour renforcer leurs équipes. Microsoft a, par exemple, recruté le cofondateur de la start-up Inflection AI pour diriger sa nouvelle division dédiée à l’IA.

D’autres obstacles doivent être surmontés, à l’image de l’hallucination des modèles : ils ne sont pas fiables à 100 % et requièrent toujours une vérification humaine. « Il n’y a vraiment pas eu une industrie comme l’IA générative avant, qui draine des montants d’argent insensés tout en ne produisant pas assez », estime Ed Zitron, essayiste et critique technologique.

Dans un contexte incertain, l’avenir de ces start-up dépendra de leur capacité à optimiser les coûts et à développer des applications réellement révolutionnaires. Le chemin s’annonce long et sinueux, mais les récompenses pourraient être considérables pour celles qui tiendront la distance.

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