Dans l’écosystème startup européen, les acteurs du capital-risque ne répondent plus. Depuis jeudi dernier et l’annonce par Vladimir Poutine de l’invasion de l’Ukraine, le nombre de levées de fonds a radicalement chuté, faisant reculer la moyenne quotidienne de l’ordre de 70%.
Au total, seulement 33 startups ont annoncé une opération de financement en cinq jours, selon des données recueillies depuis le 24 février dernier, et analysées par Crunchbase, spécialisé dans l’analyse commerciale des entreprises. Les investisseurs ont permis d’injecter 250 millions d’euros, pour une moyenne de 50 millions par jour.
Contexte inapproprié, investisseurs russes sur le départ
En comparaison, lors des trois premiers jours du mois de février, on recensait 140 opérations pour un montant total de 2,6 milliards d’euros. Au lieu de 50 millions par jour, le vivier de startups européennes tenait un rythme de 177 millions d’euros levés par jour. Le déclin de grande envergure, mais semble naturel en vue de la situation.
Dans les analyses de Crunchbase, un journaliste commentait qu’il ne serait pas étonnant que la chute provienne de simples reports des annonces, les startup craignant de se faire pointer du doigt en vue du contexte. “Le moment n’est pas approprié pour célébrer un nouveau cycle”, écrivait Joanna Glasner.
Cela dit, le contexte de la guerre en Ukraine a entraîné de très lourdes sanctions économiques et commerciales entre l’Europe et la Russie, qui ont freiné subitement l’ensemble des acteurs dont les banques et les marchés boursiers, de la même façon qu’il s’écroulaient aux débuts de la crise sanitaire.
Lire aussi – Startup : une année de tous les records en Afrique se précise
D’ailleurs, Crunchbase souligne que la diminution européenne ne trouve pas d’équivalent au niveau mondial. Sur la même période, le nombre d’opérations dans le monde entier a quelque peu chuté aussi mais l’Europe reste davantage touchée. En tout, 154 startups levaient des fonds les cinq jours suivant l’invasion russe, pour un total de 3,65 milliards de dollars.
Quant aux investisseurs russes, aussi, les tensions politiques n’ont pas épargné leurs relations et beaucoup ont dû se retirer des dossiers européens. En France, la startup toulousaine Limatech témoignait aux journalistes de La Tribune du départ de leur investisseur russe, la veille de l’annonce d’une levée de 20 millions d’euros. Par chance, la Banque européenne d’investissement a pris le relais pour contribuer à hauteur de 10 millions d’euros sur l’opération.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.