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Stellantis annonce une baisse drastique de sa production européenne (-800 000 voitures) : l’action s’écroule et les échanges ont été suspendus en Bourse

Stellantis vient de dévoiler son vaste plan de relance après une année 2025 catastrophique. Dans la foulée, son action a plongé en Bourse. On vous explique pourquoi.

Stellantis n’a plus le droit à l’erreur. Le groupe aux 14 marques sort d’une année 2025 historiquement mauvaise. Perte nette de 22,3 milliards d’euros, chiffre d’affaires en recul, usines européennes tournant à seulement 60 % de leurs capacités : le tableau est sombre. En cause, un virage électrique mal négocié, une politique tarifaire qui a éloigné les clients, couplée à des erreurs de gestion des stocks aux États-Unis.

C’est dans ce contexte qu’Antonio Filosa, nommé PDG il y a moins d’un an pour redresser la barre, a présenté ce jeudi son grand plan stratégique. Baptisé « FaSTLAne 2030 », il prévoit 60 milliards d’euros d’investissements sur cinq ans. Et l’objectif est double : relancer la croissance tout en retrouvant une rentabilité solide. « Stellantis, avec tous ses atouts et ses capacités, est bien positionnée pour réussir », a-t-il déclaré, en ouverture de la présentation aux investisseurs, organisée au siège nord-américain du groupe, près de Detroit.

Le plan repose sur plusieurs piliers. 36 milliards d’euros iront directement aux marques et aux produits, avec plus de 60 nouveaux véhicules prévus d’ici à 2030, dont 29 modèles 100 % électriques. Les 24 milliards restants seront consacrés aux plateformes techniques et aux nouvelles technologies. Une nouvelle architecture commune, baptisée STLA One, sera lancée en 2027 avec un objectif de 20 % de réduction des coûts de production. Une stratégie qui semble bien ficelée ; pourtant, l’action du constructeur a dégringolé de plus de 6 % en Bourse. Pourquoi ?

Antonio Filosa Stellantis Voiture Electrique
© Stellantis

Une Europe saignée, des investisseurs inquiets

Car l’Europe va payer le prix fort. Pour redresser ses usines du Vieux Continent, Stellantis a annoncé réduire ses capacités de production de plus de 800 000 véhicules d’ici à 2030, soit une baisse de 20 %. Tandis que certains sites seront reconvertis, à l’instar de l’usine de Poissy, en France, d’autres accueilleront des partenaires chinois. Leapmotor produira ses propres modèles dans les usines de Madrid et Saragosse, en Espagne. Et de son côté, Dongfeng va s’installer à Rennes. L’idée est de faire passer le taux d’utilisation des usines européennes de 60 % à 80 % d’ici 2030.

Le groupe assure qu’il veillera à « préserver les emplois industriels ». Mais les investisseurs, eux, n’ont pas été convaincus. Ils ont sans doute été refroidis l’ampleur des sacrifices consentis en Europe, combinée à des objectifs de rentabilité jugés peu ambitieux : une marge d’exploitation de 3 à 5 % visée, alors que les marchés espéraient des annonces plus musclées. La cotation du titre a même été brièvement suspendue à la Bourse de Milan dans la foulée de l’annonce.

Stellantis Etats Unis
© Jonathan Weiss / Shutterstock.com

Stellantis veut se réinventer

Le ton est plus offensif pour le reste du monde. En Amérique du Nord, Stellantis vise une hausse de 25 % de son chiffre d’affaires et une marge de 8 à 10 %. 7 nouveaux modèles y seront lancés à moins de 40 000 dollars, dont deux sous la barre des 30 000 dollars. Le groupe mise notamment sur le retour en grâce de Jeep et Ram, ses deux locomotives américaines.

Autre décision structurante : le recentrage du portefeuille de marques. Jeep, Ram, Peugeot et Fiat deviennent les quatre enseignes mondiales du groupe, et concentreront 70 % des investissements. Chrysler, Dodge, Citroën, Opel et Alfa Romeo passent en statut régional. DS et Lancia, elles, sont absorbées par Citroën et Fiat. Aucune marque ne disparaît, mais la hiérarchie est désormais claire.

Le constructeur a également annoncé des partenariats tech tous azimuts : NVIDIA et Qualcomm pour les logiciels embarqués, CATL pour les batteries, Wayve pour la conduite autonome, et même Mistral AI, la pépite française de l’intelligence artificielle (IA) pour les systèmes à bord.

Notre analyse :

Le plan est clair, et Stellantis se donne une feuille de route lisible. Mais la sanction des marchés traduit une réticence de la part des investisseurs quant à sa capacité à l’exécuter. Car l’entreprise a déjà manqué plusieurs virages ces dernières années, et les objectifs de rentabilité européenne restent modestes.

Quant aux partenariats avec Leapmotor et Dongfeng, ils soulèvent une question que le groupe ne tranche pas vraiment : peut-on redresser une industrie européenne en confiant ses usines à des constructeurs chinois ?

  • Stellantis dévoile un plan d’investissement de 60 milliards d’euros sur cinq ans, avec quatre marques prioritaires : Jeep, Ram, Peugeot et Fiat.
  • En Europe, le groupe va réduire ses capacités de production de 800 000 véhicules et ouvrir ses usines à des partenaires chinois.
  • Objectif affiché : retrouver une rentabilité solide d’ici 2030, après une perte nette record de 22,3 milliards d’euros en 2025.

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