- Le 24 août 2023, le tribunal du Mans a jugé une affaire originale
- Un couple était accusé de diffamation et d’usurpation d’identité après avoir publié un avis négatif sur la fiche Google d’un magasin
- Après avoir déposé une main courante envers son employeur et un collègue, cet ancien salarié a utilisé le compte Google de sa compagne pour rédiger le mauvais commentaire en question
- Finalement, les prévenus ont été relaxés
Il n’est pas rare que des histoires saugrenues passent devant un tribunal. Le jeudi 24 août 2023, la justice a dû trancher suite au dépôt d’un avis négatif sur Google. Effectivement, le gérant d’un magasin de cigarettes électroniques a poursuivi un couple pour diffamation et usurpation d’identité. Les deux individus avaient publié un avis avec une étoile et un mauvais commentaire sur la fiche Google de son commerce.
Mais que s’est-il passé pour que le tribunal du Mans ait eu à se positionner pour un “simple” avis négatif sur Google ? Pour cela, il faut remonter au 12 août 2021. Ce jour-là, Un salarié du commerce en question dépose alors une main courante contre son employeur et un collègue pour harcèlement et menaces de violence.
Quelques jours plus tard, un nouvel avis du magasin fait son apparition sur Google : “Main courante déposée contre XXX ainsi que le patron (…) pour menaces de violences. La prochaine fois c’est une plainte avec un dossier déjà monté (dites bonjour aux preuves) vous qui refusez d’être écouté quand vous menacez. Allez bisous”. Le commentaire est signé par la compagne du salarié ayant déposé une main courante un peu plus tôt dans le mois.
L’employeur décide donc de poursuivre le couple en justice. La compagne pour diffamation, et le salarié pour usurpation d’identité. Il n’a pas hésité à demander des dommages-intérêts. Deux ans plus tard, le tribunal du Mans a fini par conclure cette affaire. Un avis Google que le couple n’est pas près d’oublier.
Un avis Google qui n’est pas sans conséquences
Si l’avis a été publié depuis le compte de la compagne de l’ancien salarié, il en est pourtant l’auteur. En effet, l’ex-employé a reconnu les faits devant le tribunal. Ce dernier assume son commentaire et affirme ne pas s’être posé trop de questions en utilisant le compte de sa partenaire. L’ancien salarié a assuré sa défense, sans avoir recours à un avocat. Le représentant de la compagne a, quant à lui, avancé que rien ne prouve que sa cliente ait rédigé le commentaire.
Le tribunal du Mans a fini par trancher : les deux prévenus sont relaxés. Pour la justice, la diffamation ne pouvait être retenue, les faits étant prescrits au moment du dépôt de la plainte. Concernant l’usurpation d’identité, les magistrats ont estimé qu’il n’y avait pas assez de preuves pour la caractériser.
Si l’histoire est assez insolite, vous réfléchirez peut-être à deux fois avant de publier un avis négatif sur Google. On ne sait jamais… Même s’il est quand même assez rare qu’un commentaire ait des conséquences aussi importantes.
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Wow, vous allez jusqu’a dissuader de faire des avis négatifs, quel article…
Les mauvaises notes c’est comme les haters sur internet ou les cons dans la vie, il y en aura toujours un peu et c’est parfaitement normal. Cependant, si il y a beaucoup trop (donc une mauvaise note globale) c’est la faute de l’entreprise. Et les avis c’est bien. C’est de la liberté d’expression. Mais bon c’est toujours très dur de se remettre en question alors je comprend parfaitement le patron d’aller plutôt voir un avocat et engager des poursuites pour une plainte parfaitement justifié (c’est de l’ironie, monde de merde).
Bien que je trouve malveillant votre commentaire à ne plus laisser de commentaires négatifs sur Google…
Pour ma part je continuerai à dire la vérité quitte à me retrouver devant les tribunaux !
En tant que journaliste je pense qu’il ne faut pas tout mélanger entre mentir et dire la vérité et règlements de compte entre employeur et employé!!!!!
Et l’employeur n’a pas reçu une petite visite de l’inspection du travail ? On parle de menaces de violence sur employé…