Ce samedi 29 août, tout semblait aller pour le mieux pour Tadej Pogacar. Le quintuple vainqueur du Tour de France menait très largement sur le Tour d’Espagne, une compétition cycliste qu’il n’avait jusque-là jamais remportée, et son triomphe final ne faisait aucun doute. C’est alors qu’une chute a changé tous ses plans et impacté par la même occasion la fin de saison de ses rivaux.
Le champion souffre en effet d’une fracture déplacée de la clavicule gauche ainsi que d’une fracture stable de la septième vertèbre cervicale. Un temps retardée par une commotion cérébrale, l’intervention chirurgicale nécessaire à son rétablissement a finalement été réalisée ce lundi 31 août. Depuis lors, le Slovène a quitté l’hôpital universitaire Dexeus de Barcelone et regagné son domicile.
Une seule question se pose désormais pour lui et tout le reste du peloton cycliste international : sera-t-il rétabli à temps pour les championnats du monde de Montréal, le 27 septembre prochain, et les dernières compétitions de la saison qui viendront par la suite en octobre (Tour de Lombardie, championnats d’Europe sur ses terres en Slovénie) ?
Cité par le média belge dhnet.be, Kristof Knap, médecin de la sélection slovène, estime que cela sera très compliqué : « Ce n’est pas réaliste, même si nous le souhaiterions tous ». Selon lui, le coureur d’UAE Team Emirates-XRG doit avant tout récupérer et ne surtout pas hâter son retour.
Son coéquipier, Domen Novak, semble un peu plus optimiste : « Il se remettra rapidement de sa fracture de la clavicule, mais nous ne savons pas combien de temps les effets de sa commotion dureront. Le plus important est qu’il récupère à 100 %. Participer au Mondial n’est pas une obligation ».
Une fin de saison cycliste très différente
On l’aura compris, rien n’est encore confirmé, mais le temps de récupération nécessaire pour ses blessures ainsi que pour la remise en forme avant une reprise de la compétition rendent très improbable le retour de Tadej Pogacar cette année.
En son absence, les cartes sont totalement rebattues dans la mesure où la présence de l’ogre slovène a tendance à tétaniser ses adversaires. Souvent, ce dernier démarre très loin de l’arrivée et conclut avec deux ou trois minutes d’avance sur le second.
La voie semble donc bien plus ouverte pour ses rivaux, à l’image de Remco Evenepoel, Wout van Aert, Mathieu van der Poel, mais aussi de Paul Seixas, le prodige français de 19 ans, récent quatrième de la Grande Boucle.
Dans L’Équipe, ce dernier a d’ailleurs abordé le sujet. Selon lui, l’absence de Pogacar va changer la physionomie de la course aux Mondiaux, dans la mesure où il est « le patron » du peloton.
Il poursuit :
D’habitude, il faut réfléchir à la manière de courir face à lui (Pogacar). On observe quand il attaque et on essaie simplement de prendre la bonne roue. On peut bien sûr tenter quelque chose avant, mais il y a peu de chances que cela réussisse, il a une équipe solide et il est capable de tout lorsqu’il se sent en danger. Son absence modifie la physionomie de la course, qui est désormais plus ouverte.
Si personne ne peut objectivement se réjouir des déboires physiques d’un coureur, son absence sur les courses de fin de saison aura en tout cas le mérite de changer la donne et d’augmenter l’aléa sportif qui avait totalement disparu en sa présence depuis plusieurs années.
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