Qu’on se le dise, le marché des écouteurs sans fil n’a jamais été aussi prospère. En 2025, ce segment a généré 42 milliards de dollars de chiffre d’affaires et une croissance de 9 % par an est attendue jusqu’en 2032. Pourtant, derrière ce succès s’est longtemps cachée une forme d’uniformisation.
Depuis une décennie, la quasi-totalité des écouteurs sont des intra-auriculaires. Portés par une promesse simple, ils séduisent en masse avec des embouts qui se fixent dans l’oreille et une réduction de bruit active pour une immersion totale.Toutefois, les utilisateurs qui supportent mal cette sensation d’intrusion, ou qui souhaitent rester attentifs à leur environnement, disposaient dès lors de très peu d’alternatives. En dehors des AirPods classiques, de la famille Marshall Minor et des Samsung Galaxy Buds3, l’offre réellement non intrusive restait limitée.
Depuis un an, la donne change. Initié par Shokz dans le sport avec les OpenFit, le mouvement des écouteurs totalement ouverts bouscule le paysage autour de deux approches. D’un côté, une fixation derrière l’oreille façon Honor Earbuds Open ou Xiaomi OpenWear. Et de l’autre, un format plus audacieux de type boucle d’oreille comme les Bose Ultra Open, les Motorola Buds Loop ou encore les Sony LinkBuds Open.

C’est dans cette seconde famille que s’inscrivent les Huawei FreeClip 2. Un an après un premier essai convaincant, la marque promet un meilleur confort, moins de fuites sonores et des appels améliorés. Le tout, sans hausse de prix. Pari tenu ? La réponse dans notre test complet.
Prix et disponibilité
Disponible depuis le 20 janvier 2026, les FreeClip 2 ont le même prix de lancement que leurs prédécesseurs, soit 199 € et ils se déclinent dans des versions noir, bleu ou blanc.
Une montée en gamme perceptible
Pour cette seconde génération, Huawei n’a pas trahi l’essentiel de l’identité du précédent modèle. Les FreeClip 2 conservent cette forme typique en crochet horizontal, presque comme une petite boucle d’oreille, qui vient se poser autour du pavillon sans jamais pénétrer dans le conduit auditif.
De manière globale, la qualité de fabrication progresse de façon visible dès la prise en main. Tout d’abord, chaque écouteur est un peu plus léger, 5,1 grammes contre environ 5,6 grammes auparavant, et surtout mieux équilibré, ce qui répartit mieux le poids entre l’avant et l’arrière de l’oreille.

Ensuite, le silicone qui recouvre la partie en contact avec la peau est désormais plus souple et moins glissant que celui du premier modèle, ce qui améliore immédiatement la sensation au porter. La charnière, qui relie la partie avant et la partie arrière, se montre plus flexible et surtout plus réactive dans son mouvement. Ce qui permet d’éviter toute sensation de pincement lors de la mise en place des écouteurs.
Le boîtier accompagne lui aussi cette montée en gamme. Le plastique utilisé paraît plus dense, la surface mate résiste mieux aux traces et sa finition désormais striée améliore la prise en main. Par ailleurs, l’ouverture du couvercle se fait facilement d’une seule main. Les écouteurs viennent se loger sans hésitation grâce à un aimant plus précis, et leur position verticale facilite nettement la prise en main lors de la sortie du boîtier.

Enfin, point important car beaucoup de sportifs s’intéressent aux écouteurs ouverts, la certification IP57 apporte une vraie tranquillité face à la pluie et à la transpiration, alors que les FreeClip 1 se contentaient d’une protection IP54 plus limitée.
Un confort qui dépendra de votre dextérité
Pour quelqu’un qui n’a jamais porté d’écouteurs ouverts de ce type, le premier contact demande nécessairement un petit temps d’adaptation. Trouver le bon angle les premières fois demande un peu d’entraînement afin que la partie arrière se place naturellement et que l’ensemble ne tire pas sur la peau.
Afin d’obtenir un maintien optimal, le geste reste assez simple. On présente d’abord la partie avant à l’entrée de l’oreille, puis on laisse la partie arrière venir se poser derrière le pavillon, sans forcer. L’écouteur doit tenir par appui naturel, sans tension perceptible. S’il pince ou s’il glisse, c’est souvent que l’angle n’est pas encore le bon.

Une fois en place, la sensation surprend, car l’oreille reste totalement libre. Il est possible de continuer d’entendre les voix autour de nous, les bruits de la rue et même le cliquetis d’un clavier dans un open space. Le principal avantage de cette ouverture apparaît sur la durée.
Là où des écouteurs classiques finissent souvent par chauffer ou fatiguer le conduit auditif, les FreeClip 2 se font oublier. Plusieurs heures d’écoute ne provoquent ni pression ni sensation d’oreille bouchée ou d’effet tunnel. Avec des lunettes, la cohabitation se passe plutôt bien, l’écouteur venant se placer à côté des branches sans véritable gêne.

Néanmoins ce format a aussi ses limites. Le maintien dépend beaucoup de la morphologie de l’oreille de chacun. Nos essais sur plusieurs personnes montrent des résultats clairement meilleurs sur les petites et moyennes oreilles que sur les grandes.
En mouvement, le comportement reste cohérent à condition, encore une fois, d’avoir trouvé son angle personnel. Si le placement est correct, les écouteurs restent en place même lors d’une activité sportive. Dans le cas contraire, un déplacement peut apparaître et nuire à l’écoute comme à la sensation de port.
Ergonomie, enfin un peu plus de logique
Huawei a revu la manière d’interagir avec ses FreeClip 2, et c’est une excellente nouvelle, tant les interactions avec le premier modèle étaient spartiates. Pour rappel, la zone tactile couvrait quasiment tout l’écouteur, ce qui rendait les gestes imprécis. Surtout, il fallait souvent choisir entre plusieurs fonctions, par exemple privilégier la gestion du volume ou conserver lecture et pause. Grand bien a pris au constructeur chinois, ces compromis appartiennent désormais au passé.
Les commandes reposent maintenant sur des appuis brefs, deux ou trois tapotements à effectuer sur la charnière. Une bonne idée, car cela évite de déstabiliser la position des écouteurs en appuyant sur les deux autres parties. La gestion du volume, elle, se fait par un glissement sur la partie arrière, un mouvement beaucoup plus logique qu’auparavant.

La prise en main s’avère finalement assez naturelle. La zone réactive est bien délimitée, les commandes répondent sans latence et cette nouvelle chorégraphie se mémorise en quelques jours. Petit conseil tout de même, il faut garder à l’esprit la philosophie même des FreeClip 2. Des gestes légers et doux fonctionnent mieux que des pressions trop appuyées qui risqueraient de déplacer l’écouteur. Une chose qui nous est arrivée lors des premières utilisations à cause de nos appuis de buffles.
Connectivité, une mise à jour discrète mais efficace
Logiquement, Huawei met à jour sa puce Bluetooth qui passe en version 6.0. Les FreeClip 2 restent compatibles multipoint, et dans les faits la connexion se montre stable. La latence est même suffisamment contenue pour utiliser les écouteurs pour du jeu mobile sans décalage trop gênant.
Sur la question des codecs, le constructeur ne communique aucune information officielle au moment de notre test. En se référant aux FreeClip 1, et en partant du principe qu’Huawei n’a pas opéré de régression, il est fort probable que ces FreeClip 2 proposent le duo classique SBC et AAC, accompagné du codec maison L2HC.

Ce format propriétaire vise à améliorer la qualité audio sur les smartphones Huawei en optimisant la bande passante et la stabilité du flux. En plus du détecteur de port toujours bienvenu, les FreeClip 2 conservent une particularité héritée du premier modèle et encore assez rare sur le marché. Les deux oreillettes sont totalement interchangeables. Elles détectent automatiquement si elles sont portées à gauche ou à droite et adaptent la stéréo en conséquence. Le test d’orientation des écouteurs en les sortant du boîtier n’a donc plus lieu d’être.
Application, un parcours du combattant sur Android
Sur iPhone, l’expérience applicative est presque idéale. Les FreeClip 2 se gèrent via Huawei AI Life, disponible directement sur l’App Store. L’application reconnaît immédiatement les écouteurs et donne accès à tous les réglages sans la moindre manipulation exotique.
Sur Android, le tableau est bien moins simple. AI Life n’est plus proposée officiellement sur le Play Store. Pour l’installer, il faut passer par la boutique Huawei AppGallery ou par un fichier récupéré depuis le site du constructeur. Cette méthode oblige à autoriser temporairement l’installation depuis une source externe dans les paramètres du smartphone, une démarche qui peut légitimement rebuter.

Mieux vaut donc procéder avec précaution. Activer cette autorisation uniquement le temps de l’installation, puis la désactiver ensuite afin de retrouver le niveau de sécurité habituel. Hélas, même en respectant cette méthode, l’installation reste un peu aléatoire. Les dernières versions d’Android bloquent parfois l’application pour des raisons de mises à jour de sécurité non conformes. Nous avons réussi l’opération sur un Samsung Z Flip 5, mais pas sur un Realme GT7. Un beau bazar, pour rester poli.
Heureusement, Huawei Audio Connect fait office de solution de secours crédible. Cette application, plus facilement accessible sur le PlayStore, propose l’essentiel des fonctions des FreeClip 2. C’est le cas de l’égaliseur avec plusieurs profils, de la personnalisation des gestes tactiles, de la gestion du multipoint et de l’activation du mode faible latence. L’interface reste volontairement sobre, presque minimaliste, ce qui n’est pour nous déplaire.
Son, une copie en progression
Les FreeClip 2 reposent sur des transducteurs dynamiques de 10,8 mm associés à une configuration à double diaphragme. Une construction peu commune, avant tout pensée pour compenser les limites naturelles d’un format totalement ouvert.
Logiquement, l’immersion sonore, l’ampleur et la précision acoustique n’atteindront donc jamais la qualité de bons écouteurs fermés. Tout simplement, car l’isolation passive est quasiment nulle. De ce fait, l’appréciation de la musique est à jauger à l’aune de cette particularité.
À partir de ce cadre, les progrès par rapport aux FreeClip 1 sont bien réels, alors que ces derniers étaient déjà plutôt bons. Le rendu apparaît encore plus équilibré et surtout plus aéré. Les basses manquent évidemment d’impact sur les morceaux de rap et d’électro, mais elles gagnent en présence et en lisibilité. Sur des titres pop ou rock, le grave accompagne même correctement la rythmique sans se disperser sous forme de nappes, ce qui est souvent le défaut des écouteurs ouverts.

Les médiums constituent sans doute la plus belle réussite de Huawei. Les voix ressortent avec clarté, les podcasts se montrent suffisamment intelligibles et les instruments acoustiques profitent d’une restitution plutôt naturelle. Les aigus adoptent une approche douce, parfois un peu en retrait, mais jamais agressive. Cette signature contribue au confort sur la durée et à cette sensation d’espace typique du format ouvert. La scène sonore paraît large, aérée, presque extérieure à l’oreille.
En environnement bruyant, les limites réapparaissent logiquement. Dans les transports ou le long d’une avenue bruyante, la musique perd une partie de son assise, faute d’isolation. Cependant, sur ce terrain, aucun modèle ouvert n’échappe à cette limite.
Un kit main libre convaincant et une petite nouveauté bien pensée
Sur des écouteurs ouverts, parler de réduction de bruit active pour la musique relève presque du contresens. Quelques marques comme Xiaomi ou Honor ont tenté d’en intégrer une, mais les résultats restent souvent inutiles, pour ne pas dire médiocres.
Comme l’an dernier, Huawei a la bonne idée de ne pas céder à cette hérésie. Le constructeur préfère concentrer ses efforts sur un terrain plus pertinent, celui des appels. Chaque FreeClip 2 embarque trois microphones associés à un algorithme de réduction du bruit ambiant, et le constructeur indique qu’un nouveau processeur NPU dédié est de la partie.

Cette petite puce est censée mieux isoler la parole et affiner le traitement acoustique. À l’usage, les appels passés dans la rue se montrent plutôt convaincants. Les interlocuteurs entendent une voix claire, sans cet effet lointain fréquent sur les écouteurs ouverts. Le vent léger ou les discussions alentours en passant devant la terrasse d’un café ne posent pas de problème majeur. Et surtout, l’oreille restant libre, la conversation paraît beaucoup plus naturelle, presque comme sans écouteurs, ce qui change réellement les habitudes.
Autre nouveauté intéressante, la fonction de volume adaptatif. Cette dernière ajuste automatiquement le niveau sonore en fonction de l’environnement. Dans les transports ou lors d’une discussion à proximité, le système réagit assez bien et évite de manipuler sans cesse le volume.

Toutefois, tout n’est pas encore parfait. Les bruits brefs et aigus, une porte de métro qui claque ou le klaxon d’une voiture, peuvent provoquer des variations un peu trop brusques et parfois peu agréables. Bilan, l’idée est très pertinente, mais encore à perfectionner.
Autonomie, l’autre avantage naturel des écouteurs ouverts
Sur des écouteurs ouverts, l’autonomie part avec un avantage mécanique. Sans réduction de bruit active à alimenter, la batterie est bien moins sollicitée que sur des intra classiques. Et comme le port est plus léger et moins fatigant, les sessions d’écoute ont tendance à s’allonger, avec beaucoup moins de pauses que l’on s’impose.
Mis l’un dans l’autre, il était déjà très appréciable d’avoir sur la première génération près de huit heures d’écoute. Pour ce nouveau modèle, Huawei promet désormais un petit cran supplémentaire. Soit autour de dix heures et jusqu’à trente-six heures au total avec le boîtier. Face à la concurrence, ces chiffres font bonne figure. Les Bose Ultra Open ou les Shokz OpenFit tournent plutôt entre sept et huit heures réelles, tout comme, pour comparaison, des écouteurs intra comme les AirPods Pro 3.

À l’usage, cette promesse du constructeur chinois se confirme presque. Sur plusieurs jours d’utilisation à volume modéré, mêlant musique, podcasts et appels, nous avons tenu un peu plus de neuf heures. L’augmentation est bien réelle, et même si elle n’est pas spectaculaire, elle reste appréciable.
Enfin, une grosse dizaine de minutes dans l’étui suffit à récupérer suffisamment d’énergie pour une heure. En revanche, la recharge sans fil n’est toujours pas d’actualité.
Notre avis sur les écouteurs ouverts Huawei FreeClip 2
Les FreeClip 2 confirment que les écouteurs ouverts ne sont plus une curiosité. Ils s’imposent désormais comme une alternative crédible pour ceux qui ne supportent pas l’intrusion des intra classiques. Ils offrent plus de liberté, une écoute transparente et un confort remarquable sur la durée.
Cette approche a toutefois deux revers. Le son perd en densité et en détails ce qu’il gagne en naturel. De plus, ce format demande plus d’attention de la part du porteur, notamment pour le placement et la gestion du bruit ambiant. En gardant ces limites à l’esprit, l’expérience se révèle particulièrement cohérente, que ce soit au bureau, dans les transports ou pour faire du sport.
L’autonomie en nette hausse, la bonne ergonomie des commandes et la qualité des appels renforcent encore ce bilan, même si l’expérience applicative sous Android reste un peu erratique au départ.
Face à la concurrence actuelle, les FreeClip 2 se placent néanmoins dans le haut du panier. Une écoute plus équilibrée que les Honor Open Ear, un port plus confortable que les Shokz OpenFit et un design plus raffiné que les Bose Ultra Open, mais avec une signature globalement plus sage. Dans un marché encore jeune, les FreeClip 2, réussis et cohérents, montrent que Huawei prend très au sérieux le virage des écouteurs ouverts.
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Huawei FreeClip 2
199 eurosOn aime
- Un design réussi des écouteurs et du bôitier
- Un port confortable dès que l'on a trouvé son angle
- Un son appréciable pour un format ouvert
- Un kit main libre convaincant
- Une excellente autonomie
On aime moins
- Une expérience applicative sur Android compliqué au départ
- Une signature sonore parfois trop sage
- Une option "son adaptatif" perfectible