Malgré la crise climatique, TotalEnergies accélère sur le pétrole et le gaz pour les dix prochaines années. Porté par des profits records, le géant français promet dans le même temps des milliards d’euros à ses actionnaires.
Décidément, certains s’en sortent mieux que d’autres en temps de crise. C’est le cas de TotalEnergies : porté par le cours du brute repassé au-dessus des 100 dollars le baril et des marges de raffinage élevées, le géant français affiche une santé financière insolente. Dans cette optique, il vient d’annoncer une forte accélération de son programme de rachat d’actions, de quoi reverser au moins 40 % de sa trésorerie opérationnelle aux investisseurs.
La firme va ainsi y consacrer 2,5 milliards de dollars au quatrième trimestre, contre 1,5 milliard aux trimestres précédents. Elle prévoit, en outre, d’y allouer encore entre 2 et 2,5 milliards début 2027. Dans le même temps, la direction s’engage à revaloriser son dividende de plus de 5 % par an d’ici 2030.
Un jargon financier qui signifie une chose simple : l’entreprise dégage de fortes liquidités et confirme sa très lucrative stratégie axée sur les hydrocarbures.

Pétrole et gaz : une production en hausse constante jusqu’en 2035
Alors que la crise climatique s’intensifie, 2026 en est bien la preuve, TotalEnergies ne lève pas le pied sur les énergies fossiles. Bien au contraire. Le groupe prévoit d’augmenter sa production de pétrole et de gaz de plus de 3 % par an d’ici à 2030, puis de 2 à 3 % annuels jusqu’en… 2035 !
Afin de soutenir ce rythme effréné, l’entreprise multiplie les nouveaux projets d’extraction à travers le monde, notamment en Namibie, au Mozambique, au Nigeria ou en Suriname. La direction l’assume pleinement : « Nous disons plus de pétrole, plus de gaz et plus d’électricité », a indiqué le PDG Patrick Pouyanné. L’idée est d’exploiter les gisements au maximum, tant qu’ils sont rentables. Une stratégie clairement à contresens par rapport aux objectifs climatiques internationaux, mais qui garantit des revenus immédiats.
TotalEnergies poursuit malgré tout son engagement dans la transition énergétique, mais à son propre rythme. Sa branche électricité et renouvelables dispose d’un objectif de croissance de 20 % par an. Elle doit représenter un quart de son activité en 2035, grâce aux bénéfices engrangés par le pétrole et le gaz. Ainsi, le groupe prépare l’après-fossile, sans pour autant sacrifier ses profits. L’urgence climatique attendra.
Car, on le rappelle, le pétrole et le gaz, de leur extraction à leur combustion, pèsent pour plus de la moitié des émissions de CO2 liées à l’énergie, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
- TotalEnergies accélère ses rachats d’actions et augmente son dividende de plus de 5 % par an d’ici à 2030.
- Le groupe prévoit d’augmenter sa production de pétrole et de gaz jusqu’en 2035, profitant de prix du brut élevés et de coûts d’extraction très bas.
- L’entreprise développe aussi sa branche électricité pour qu’elle atteigne un quart de son activité en 2035.
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