À l’issue de son très suivi discours au forum économique de Davos, Donald Trump a participé à une séance de questions-réponses, durant lequel il a raconté une anecdote très intéressante au sujet de Mark Zuckerberg. En effet, le patron de Meta lui aurait montré la carte d’un futur centre de données dédié à l’intelligence artificielle (IA), superposée à celle de Manhattan. De quoi choquer le président.
« Mark Zuckerberg m’a montré une usine qu’il avait placée sur une carte de Manhattan, et c’était pratiquement la taille de Manhattan. J’ai dit : “Tu te moques de moi”. C’était long sur des kilomètres, large sur des kilomètres, et très haut. Ça couvrait littéralement une grande partie de l’île », a-t-il lancé.
À noter que Manhattan fait environ 59 kilomètres carrés. Or, aucun projet officiellement connu de Meta n’atteint de telles dimensions. De quoi Trump parlait-il exactement ?

Un projet géant, mais pas grand comme Manhattan
L’hypothèse la plus probable renvoie au projet « Hyperion », que Meta est en train de construire en Louisiane. Il s’agit d’un immense campus de centres de données d’IA, dont l’ouverture est prévue autour de 2030.
Le site s’étend sur environ 9 kilomètres carrés, soit l’équivalent de 1 700 terrains de football. À terme, il doit accueillir près de 370 000 mètres carrés de bâtiments techniques, ce qui en ferait l’un des plus grands complexes de calcul au monde, pour un coût total estimé à 50 milliards de dollars, un chiffre que Trump a lui-même mentionné dans son intervention.
Mais même à cette échelle, Hyperion reste très loin de la surface de Manhattan. La comparaison avancée par Trump apparaît donc largement exagérée, ou bien elle renvoie à un autre projet encore inconnu.

Un nouveau geste pour les géants de la tech
Le message politique est clair. Pour Donald Trump, l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle impose un changement radical de doctrine énergétique. Il a également fait savoir que les réseaux électriques américains ne sont plus capables d’absorber la demande de ces « clusters titanesques », qui nécessitent chacun entre deux et cinq gigawatts de puissance.
Dans ce contexte, il a affirmé avoir autorisé les géants de la tech à se comporter comme de véritables opérateurs énergétiques privés. Ils pourront construire leurs propres centrales, au gaz, au charbon ou au pétrole, directement sur leurs sites.
Il va aussi réduire drastiquement les délais administratifs pour y parvenir. Là où les autorisations prennent aujourd’hui quatre ou cinq ans, il promet des validations fédérales en deux semaines, à condition que les entreprises bâtissent leurs « propres centrales électriques ».
Ce discours s’inscrit dans une stratégie assumée. Depuis plusieurs mois, Trump multiplie les gestes envers la Silicon Valley, qui l’a largement soutenu durant sa campagne. Moins de régulation, plus de liberté industrielle, et un soutien massif à l’innovation. Objectif : accélérer coûte que coûte, et faire de l’infrastructure physique un avantage stratégique face à la Chine.
- Donald Trump a affirmé à Davos que Mark Zuckerberg prépare un centre de données pour l’IA aux dimensions comparables à Manhattan.
- Le projet évoqué pourrait être le campus Hyperion de Meta, mais sa taille réelle reste très inférieure à cette comparaison spectaculaire.
- En coulisses, Trump pousse surtout une stratégie claire : accélérer l’IA en offrant aux géants de la tech une liberté industrielle et énergétique inédite.
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