Un logiciel empêche les crimes de se produire

Arrêter les criminels avant que ceux-ci ne passent à l’acte. C’est une phrase que l’on croirait tout droit sortie de Minority Report, et pourtant… Il semblerait que les précogs du film pourraient ne rien avoir à envier au programme informatique qu’on développé des chercheurs de l’université américaine Santa Clara pour la police de Santa Cruz (Californie).

Arrêter les criminels avant que ceux-ci ne passent à l’acte. C’est une phrase que l’on croirait tout droit sortie de Minority Report, et pourtant… Il semblerait que les précogs du film pourraient ne rien avoir à envier au programme informatique qu’on développé des chercheurs de l’université américaine Santa Clara pour la police de Santa Cruz (Californie).

Deux femmes ont ainsi été arrêtées sur un parking de la ville alors qu’elles s’apprêtaient à voler une voiture, et il a été découvert que l’une d’elles avait plusieurs mandats d’arrêt à son encontre, et que la seconde était en possession de drogues. Tout cela sans qu’aucun appel ne soit lancé au poste de police.

Le programme, élaboré par deux mathématiciens, un anthropologue et un criminologue, est utilisé depuis le mois de juillet. Il aurait déjà permis de devancer certains crimes, et aurait même mené à cinq arrestations.

La mise en place de ce dispositif, pour l’instant expérimental, constitue une nouvelle ouverture dans le domaine de la police prédictive : envoyer des agents à des endroits où les crimes sont fortement susceptibles de se produire.

Des tentatives de ce genre ont déjà été expérimentées dans quelques villes américaines, notamment Chicago, pour laquelle le département de police avait alors créé une unité spécialisée dans l’analyse prédictive. Mais la méthode utilisée à Santa Cruz s’avère beaucoup plus sophistiquée, basée sur des modèles de prédiction des répliques de séismes. Les tremblements de terre ne sont en effet pas (ou peu) prédictibles, mais leurs répliques peuvent être anticipées à l’aide de modèles mathématiques bien rodés. Selon George Mohler, l’un des mathématiciens de Santa Clara, il en est de même pour les crimes. Les activités criminelles ne seraient d’après lui pas aussi aléatoires qu’il n’y paraît, certains crimes pouvant être prédis par ceux qui les ont précédés. Le programme génère donc des “projections” indiquant où, et dans quel intervalle de temps, les crimes se révèlent plus probables. Tout ceci est effectué à l’aide d’une base de données déjà bien complète, équivalent près de huit ans de données. Les projections sont recalibrées quotidiennement en fonction des données de la veille, et le logiciel fourni chaque jour aux agents la liste des des dix points chauds de la ville.

L’utilisation d’un tel système doit cependant être vue comme une aide a la police, dans un temps où les budgets se resserrent et où les effectifs se voient réduits. Et il est vrai que prévenir un crime revient toujours moins cher que de le résoudre…

A noter que le logiciel n’est à ce jour utilisé que pour la prévention de délits mineurs (cambriolages et vols de voitures), et que sa précision doit encore être démontrée. Ses résultats seront évalués dans six mois.

La ville de Los Angeles a cependant déjà confié à l’équipe de chercheurs la mise en place d’un système équivalent, axé sur la violence des gangs, et basé sur les activités de trois bandes rivales qui sévissent actuellement sur la ville.

Reste à voir ce que l’usage de cette technologie va donner, et surtout, jusqu’où elle nous mènera…


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21 commentaires

  1. wow…c’est le futur ce logiciel … j’espère juste que la police n’arrête pas juste sur présomption mais attend bien que le délit soit constaté… sinon on est pleinement dans la problématique soulevée par minority report.

  2. Ca peut permettre d’accroitre la surveillance sur un individu qui pourrait récidiver.

    Autant sur un vol de pommes à l’étalage cela peut-être inutile, autant pour les crimes sexuels et autres gros délits cela mérite l’attention.

    Attention aux faux positif cependant.

  3. Je me souviens dans les années 80, nous avions de gros AS400 bi-processeurs dans notre centre de calcul. Ces AS400 mémorisaient toutes les requêtes et faisaient des statistiques sur leurs enchaînements. Au bout d’un certain temps, ils exécutaient les calculs qu’on allait probablement leur demander avant la demande et, lorsque celle-ci arrivait, le résultat était donc instantané. Les machines arrivaient ainsi à faire par avance 80% de ce que nous leur demandions d’où un gain de temps considérable. IBM nommait ce mécanisme comme étant « prédictif » mais ce n’est pas le terme adéquat.

    C’est le même principe qui est appliqué dans le sujet, ce sont des calculs de probabilités basés naturellement sur une base statistique solide.

  4. L’hypothèse est tout de même assez tordu … Si un vol se produit à tel endroit je vois pas en quoi un autre vol aura lieu les jours suivant au même endroit … Mais bon si ça marche soit …

  5. Heu, je vais faire mon chieur, mais ce genre de « logiciel » existe depuis …. toujours. En fait, il n’y a rien de futuriste ni d’original la dedans.

    Ça fait des lustres que la police fait des stats (à la main au début, maintenant, c’est informatisé).

    Je ne parle pas des pseudos résultats que nous pond notre super ministre de l’intérieur pour justifier telle ou telle mesure répressive au JT sur TF1, mais des stats réalisées en interne.

    Ces stats (pas bien compliquées d’ailleurs) recensent tout connement les crimes et délits (horodatage, localisation, type de crime et/ou de délit).

    Il suffit ensuite au premier prefet venu de voir qu’à 2h du mat, dans la zone X, il y a plus de délit qu’à 2h dans la zone Y pour envoyer, de préférence ses patrouille qui seront donc plus susceptible de tomber sur un cas suspect.

    Maintenant, il y a aussi la réalité. En France (comme au US d’ailleurs) ou on sait pertinemment qu’on va tomber sur des crimes dans la zone X, mais, fautes de moyen, et parce que ce n’est pas électoralement rentable on enverra personne patrouiller les équipes dans la zone Y qui est plus « politiquement correcte ».

    Cas concret:

    Vous allez à cannes au milieu de l’avenue de la république un samedi a 3h du mat. Vous avez 50% de chance de tomber sur un crime grave (règlement de compte, vol avec violence, viol).

    Vous restez à Cannes à la même heure, mais sur la rue d’Antibes ou sur la Croisette (Bars chics, Pub à la mode, Boites de nuits hype), vous aurez 80% de chance de tomber sur des petits delits (pick poket sans violence, vol avec bris de glace dans les voitures de luxe, éventuellement quelques rixes entre jetseteurs bourrés en sortie de boite et encore ..).

    Vous verrez en permanence des Policiers patrouiller sur la rue d’Antibes ou sur la croisette, alors que vous n’en croiserez jamais (ou presque) sur l’avenue de la république.

    Pourquoi ?

    Pas de gens « friqués » dans cette zone, aucun interet « politique » à dépenser plus pour des patrouilles à cet endroit.

    Alors minority report ? non. Pas du tout. Juste du bon sens muselé par des impératifs politiques.

  6. Nicolas-Lecointre

    @amapi Je pense tout de même que ce genre de dispositif est nettement plus évolué que la simple surveillance de zones sensibles par la police durant la nuit.
    On parle de véritables modèles mathématiques qui vont cibler des endroits sur lesquels la police n’aurait peut être pas eu idée de patrouiller.
    Et les américains ont à mon avis les mêmes problèmes que la France : leur police a forcément connaissance des quartiers à risque, et elle y est sûrement souvent présente aussi…

  7. Attention à ne pas se focaliser uniquement sur les prédictions et garder une notion d’instinct policier.

    Une zone résidentielle, en été, en période de vacances, sera plus cambriolée d’accord, pour le reste ce sera

  8. @Nicolas Lecointre

    « On parle de véritables modèles mathématiques qui vont cibler des endroits sur lesquels la police n’aurait peut être pas eu idée de patrouiller. »

    C’est exactement ce que je dis. On parle maintenant, de modélisation mathématique, chose qu’on appelait prévisions statistiques il y a 2 décennies.

    On à amélioré les résultats de la modélisation. C’est tout.

    Et comme je l’ai dis. Ça existe déjà en France, c’est ça, entre autre, qui à servit de justification à Sarkozy, quand il était ministre de l’intérieur, pour diminuer les effectifs de la police.

    Son raisonnement (le même que celui que tu expliques) était de dire que puisqu’on pouvait savoir ou se commettait le plus de crimes et délit, on pouvait rationaliser le nombre de patrouille.

    On voit exactement ou ça nous à mené.

    Il y a tout un tas de préjugé sur les Policiers, mais quand on voit comment ça se passe de l’intérieur, on se dis que si ce genre de logiciels est utile, il faut aussi tenir compte de leur instinct et de leur expérience.

    Par exemple, le logiciel tant venté au USA doit etre re paramétré régulièrement sur une même zone (en cas de travaux sur une vois, en cas de mouvement social, etc …) alors qu’un policier saurait immédiatement et d’instinct que le risque de crime sera plus élevé ce soir à cet endroit car il vient d’y avoir une intervention télévisé qui n’a pas plus au la communauté locale.

    Seulement, en France comme au USA (bien que certain point diffère comme les polices locales) il y a un manque flagrant de moyen.

    Le logiciel pourra modéliser ce qu’il veut, quand vous n’avez pas assez de monde, il faudra faire des coupes pour savoir qui « protéger », et la, ce ne sera plus le logiciel qui va trancher, mais les impératifs électoraux.

    Un dernier exemple.

    Chez nous, on a supprimé l’intégralité, ou presque, des commissariat de proximité, en particulier dans les zones à risques.

    Le taux de criminalité a explosé les années suivantes.

    Un logiciel ne remplacera jamais leur présence, et toutes les « prédictions » du monde ne changerons rien.

    Si on devait mesurer l’effet, sur le terrain, entre les résultats obtenus par la rationalisation des effectifs actuels, et l’ajout de commissariats de proximités dans les zones défavorisé, je peux sans risque, parier ma main droite que la deuxieme solution remporterait la victoire haut la main.

  9. c’est ce qui se fait en France avec les radars, automatiques ou non : on les place aux endroits où on est plus susceptible de dépasser la vitesse et non pas où c’est le plus dangereux. D’où rentrées d’argent en nombre !!

  10. Ne rigolez pas mais à première lecture du titre j’ai lu

    « un logiciel qui empêche de se reproduire » 🙂

    Bon c’était en survolant à vitesse grand V mon flux RSS de news et puis de toute façon cela existe déjà ce type de logiciel cela s’appelle un Jeu Multi-Joueurs en réseau de type mmorpg 😉

  11. On peut dire ce qu’on veut mais le film minority report ( car c’est sa version la plus connue auprès du grand public ) a vraiment marquer les esprits sur certains aspects et on parle souvent de lui comme référence.

    Je me souviens le nombre de fois où j’ai lu un article sur une gestuelle possible similaire en vrai ( écran miniroty report quoi ).
    Là, on a le logiciel. Mais c’est carrément moins intéressant, ni même passionnant.. car c’est qu’un simple outil de statistiques performant.

  12. Bala Kritikeshan on

    Reste a savoir ce que ce logiciel definit comme crime. Est-ce qu’il serait possible de predire et donc punir les fraudeurs massifs qui ont contribue au krach boursier d’il y a quelques annees, ainsi que les differents « chefs » qui cachent leur implications dans les desastres ecologiques? Ou bien va-t-on se contenter d’arreter des vols a l’etalage?

  13. Prédire l’heure et le jour exact c’est impossible avec cette méthode, les quartiers chauds resteront chauds, c’est sûr. Mais comment savoir à quel endroit exactement il y aura un crime ? Le mieux serait d’introduire un mini ordinateur dans le cerveau de chaque humain sur terre et d’envoyer une alerte lorsque celui-ci s’apprête a commettre un crime.

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