Après la Bulgarie, un autre des six pays encore réticents au passage de l’Euro pourrait changer d’avis. En attendant des évolutions du côté du Danemark, de la Roumanie, de la Pologne, de la Hongrie et de la République tchèque, la Suède a montré des signes d’ouverture. Lors d’un débat au Parlement, la ministre suédoise des Finances, Elisabeth Svantesson, a indiqué mardi 27 janvier qu’elle envisagerait la création d’une commission chargée d’évaluer une éventuelle adoption de l’euro par la Suède et ses banques.
Pour s’ouvrir à des travaux d’étude sur le passage de l’Euro en Suède, et la fin de la couronne suédoise, la ministre doit encore obtenir une victoire de sa coalition lors des prochaines élections parlementaires nationales, le 13 septembre prochain. Ce jour-là, les citoyens sont invités aux urnes pour élire les prochains 349 députés qui formeront le Riksdag, l’Assemblée nationale suédoise. À l’heure actuelle, l’assemblée est majoritairement constituée de membres du Parti social-démocrate suédois des travailleurs (106 sièges) et du parti des démocrates de Suède (71 sièges).
La droite peut former un bloc d’opposition avec le parti modéré, les chrétiens-démocrates, les Libéraux et le parti du centre, mais il n’est pas aussi fort que celui du bloc majoritaire des démocrates (198 sièges contre 127 à l’heure actuelle). D’où l’importance des prochaines élections pour voir comment pourra se dérouler la politique en Suède sur le mandat 2026-2030, alors que la ministre des finances actuelle, porteuse du projet de passage à l’Euro, est membre du parti modéré (centre droit, conservateur libéral).
Souveraineté monétaire ou ambition économique ? Stockholm doit choisir
La ministre Elisabeth Svantesson n’a pas clairement dit qu’elle comptait passer à l’Euro mais qu’une « étude approfondie des bénéfices et des risques est nécessaire ». En plus de devoir obtenir suffisamment de sièges à l’assemblée pour faire passer une telle mesure, il faudra aussi obtenir un soutien dans l’opinion commune, qui semble assez difficile pour le moment. En effet, la population suédoise est réticente à l’idée de perdre sa monnaie nationale.
Selon une étude nationale de Statistics Sweden, l’office suédois de la statistique (équivalent de l’Insee en France), seuls 32 % de la population répondait favorable au passage de l’Euro en Suède en 2025, contre 49,5 % se déclarant favorables au maintien de la couronne suédoise. En quelques années, Stockholm, la capitale suédoise, est devenue un pôle important de nouvelles entreprises, notamment dans la tech (Klarna), en plus de ses entreprises industrielles comme Volvo et de sa Bourse (qui a récemment listé Verisure, la plus grosse IPO européenne).
La Suède doit pourtant, à l’instar des autres pays membres de l’Union européenne, s’engager à se conformer et passer à l’Euro depuis le Traité d’Athènes de 2003. La Suède, comme le Danemark, possède cependant une exemption depuis un référendum la même année que le traité. Ce ne fut pas le cas de la Bulgarie, qui, après 18 ans, passait à l’Euro le 1er janvier 2026 après une décision officielle le 8 juillet 2025 et l’acceptation de la Banque centrale européenne et l’absence d’opposition des autres États membres.
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