RAW Ring : voilà le nom de cette bague. C’est aussi celui d’une start-up qui pense avoir trouvé une solution à un mal ancien : la trahison. Le principe ? Un anneau connecté censé détecter des signes « anormaux » chez son porteur grâce à l’IA ; battements de cœur, température corporelle, interactions physiques ; pour avertir son ou sa partenaire que « quelque chose ne va pas ». Le site de la marque (d’une laideur sans nom soit dit en passant) l’affiche fièrement : « Si quelque chose cloche, vous serez prévenu. C’est aussi simple que ça. »
Surveiller pour mieux aimer : la nouvelle norme conjugale ?
À peine dévoilé, le projet a provoqué un malaise palpable. Le New York Post a évoqué un « tracker de loyauté dystopique ». Marina Anderson, PDG de RAW, n’a pas la même vision. Elle affirme vouloir « redonner un sens au mot confiance » dans un monde où « près de 50 % des mariages finissent par un divorce ». Aussi crédible que d’installer une caméra de surveillance dans une salle de bain pour « protéger l’intimité ».
À en croire la communication de la marque, le but serait donc d’outiller les couples pour mieux « se comprendre », à grand renfort de biosenseurs et d’intelligence artificielle.

Un outil de contrôle maquillé en preuve d’amour
Derrière ce vernis marketing déjà extrêmement douteux se cachent des intentions plus que discutables. L’entreprise tente de se démarquer des outils de pistage existants, affirmant que le port du RAW Ring est volontaire, visible, et donc incompatible avec toute tentative de dissimulation. « Si vous prévoyez de tromper, vous ne porterez jamais cet anneau », justifie Anderson. On notera au passage cette idée nauséabonde mise en avant : la transparence par contrainte.
Que pouvait-on attendre de plus d’une femme, qui, selon son profil LinkedIn, est passée de Prequel, à Badoo, pour finir par transformer l’amour en tableau de bord avec son projet chez RAW. Après avoir passé des années à peaufiner des campagnes marketing pour applications de rencontres, la voilà revenue avec le RAW Ring. Une suite logique : après avoir rendu les relations plus faciles à commencer, elle veut désormais les rendre plus faciles à contrôler.
La filiation avec d’autres objets connectés est évidente. Dès 2015, l’Apple Watch proposait la fonction Digital Touch permettant d’envoyer une simulation animée de son battement de cœur à un contact, dont l’usage n’a pas été franchement dominant par la suite. Le RAW Ring pousse cette logique plus loin, en associant cette lecture biologique à une fonction de détection comportementale. Sur son site, la société promet même une « fusion biosensorielle » et une analyse « des signaux vocaux et émotionnels » ; autant d’éléments pour « détecter la vérité ».
Difficile d’imaginer ce que ce type d’objet pourrait provoquer entre deux êtres en manque de confiance. RAW assure avoir anticipé les dérives et garantit que « le partage peut être interrompu à tout moment ». La belle affaire.
Rien n’indique, à ce jour, que l’objet existe réellement puisqu’aucun prototype n’a été montré. Il n’en fallait pas plus pour vendre l’idée, mais ce qu’elle dit de notre époque n’est pas franchement flatteur. Un besoin anxieux de preuves, une gestion automatisée de la vie intime et cette foi un brin naïve que la technologie saura peut-être un jour réparer ce que la parole humaine n’arrive plus à contenir. À défaut de réparer ce qui ne fonctionne pas dans une relation, on tente de tracer et d’espionner.
- Une start-up veut résoudre la question de la fidélité conjugale avec un anneau connecté alimenté par de l’IA.
- Sous prétexte de renforcer la confiance, l’outil propose une surveillance permanente de l’autre sous couvert de consentement.
- Aucun prototype n’existe pour le moment, seul un site internet et des déclarations ahurissantes de la PDG.
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