Verkor a signé le contrat qui lui garantira le rôle sur lequel toute sa stratégie est basée : produire des batteries électriques à Renault, et en particulier Alpine, pour commencer. Toute la stratégie de la jeune startup née au cours de la pandémie converge vers cette production — celle pour laquelle les investisseurs ont également accepté de mettre la main à la poche et injecter dans Verkor plus de 150 millions d’euros, en un rien de temps.
La production du premier modèle 100 % électrique chez Alpine est attendue pour 2025, la startup Verkor a donc deux ans pour être au point. Une grande partie du projet est basé en France : la voiture sera produite dans l’usine Renault de Dieppe, la batterie à Dunkerque. Pour le coup, Verkor a longtemps hésité, mais a décerné son choix sur le nord de la France pour y installer son usine qui sera une “méga-factory” sur le modèle de celui de Tesla.
L’idée de produire en France est un vrai défi, et Verkor aurait pu choisir de se délocaliser en Italie ou encore en Espagne. Ses actionnaires, les Français Renault, Schneider Electric, Capgemini ou encore Arkema ont certainement influencé la réflexion, même si l’on compte aussi des fonds étrangers comme le Suédois EQT Ventures. Verkor a besoin d’eux : l’usine devrait coûter pour un total de 2,5 milliards d’euros et plus de 1000 emplois seront créés.
À la fin de la décennie, la masse salariale atteindrait même 2000 emplois. Les débuts des travaux doivent commencer cette année et la signature du contrat avec le groupe Renault ce jeudi laisse entendre que la startup serait dans les temps.

Du bassin minier à la “Vallée de la batterie”
Une fois terminé, le site industriel français deviendra “la vallée de la batterie”, en faisait la mention le Président de la République Emmanuel Macron dans une interview à La Voix du Nord en février 2022. Un “renouveau du bassin minier”, dans le même temps. La région en a besoin, pour reprendre de son dynamisme alors que Paris aspire le reste des startups, et les politiques sont particulièrement motivés à orienter les fonds liés à l’innovation dans les startups industrielles aujourd’hui.
Une grande partie du pilotage de cette stratégie passe par le plan France 2030 dans lequel Bpifrance, la banque d’investissement publique possède plusieurs dispositifs et fonds. Pour les startups et PME industrielles, 2,3 milliards d’euros seront alloués. En tout, le plan du gouvernement a fixé la barre à 54 milliards d’euros (dont 34 milliards d’euros de nouveaux crédits) pour mener à bien tous les projets (pas uniquement l’industrie), et 8,4 milliards seront débloqués la première année du lancement du dispositif (il n’est pas très clair à savoir quand les investissements débutent).
Outre la motivation à pousser Verkor, les startups de la mobilité (objectif : produire 2 millions de voitures électriques et hybrides) et tout autre industriel, France 2030 va chercher à décarboner l’ensemble de l’industrie, lancer des leaders de la greentech (hydrogène vert notamment), produire 20 biomédicaments contre le cancer et les maladies chroniques, investir dans le spatial, l’alimentation et le nucléaire (avec une “meilleure” gestion des déchets). Les entrepreneurs et les entrepreneuses auront bien besoin de ce soutien de l’Etat et d’un écosystème particulièrement soudé derrière un même projet, et compenser la baisse du capital-risque par un focus plus important sur les projets intelligents et solides.
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