Sur X, Free a publié un message sans équivoque : “Les autres : n’ont plus accès à leurs sites préférés. Les abonnés Free Mobile :”, accompagné d’une capture d’écran de son service mVPN. La sous-entendu est limpide : alors que la plupart des Français sont privés d’accès aux sites pornographiques, les clients de l’opérateur peuvent les consulter librement grâce au VPN gratuit et intégré à leurs forfaits.
Les autres : n'ont plus accès à leurs sites préférés
Les abonnés Free Mobile : pic.twitter.com/TMMQNuipc3— Free (@free) October 13, 2025
Retour en arrière. Mi-septembre dernier, Free créait la surprise en annonçant Free mVPN, un VPN entièrement intégré au réseau mobile d’un opérateur. Disponible sans surcoût pour les abonnés des forfaits Free 5G et Série Free, ce service s’active directement depuis l’application en un simple clic. Il faut toutefois être majeur pour avoir accès à cette fonctionnalité.
La promesse ? Une navigation sécurisée et chiffrée de bout en bout avec une protection contre les sites malveillants. L’activation dure 12 heures avant de se désactiver automatiquement. Les deux serveurs de sortie sont localisés en Europe et Free s’est engagé à élargir prochainement le choix des destinations (pour rappel, NordVPN offre plus de 120 pays où se connecter). L’avantage par rapport à un VPN traditionnel, c’est que les utilisateurs n’ont pas à télécharger et utiliser d’application tierce.
Mais derrière ce discours officiel sur la sécurité et la confidentialité, tout le monde a compris l’usage détourné : contourner les restrictions géographiques imposées par la France, notamment sur les sites pornographiques. Et Xavier Niel n’a jamais cherché à le cacher.
Car le timing du lancement de mVPN n’a rien d’un hasard : Depuis plusieurs mois, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique durcit le ton contre les plateformes pour adultes. La loi SREN de mai 2024 a donné au régulateur des pouvoirs renforcés pour sanctionner et bloquer les sites qui ne vérifient pas l’âge de leurs utilisateurs. Nombreux sont ceux qui ont quitté la France avant même les contraintes, à l’instar de PornHub ou YouPorn qui ne sont plus accessibles. D’autres ont fait le choix de mettre en place une solution pour contrôler l’âge des utilisateurs, à l’instar de Xvideos.
Protéger les mineurs
Les chiffres avancés par l’Arcom justifient ces mesures drastiques : 2,3 millions de mineurs français consulteraient chaque mois des sites pornographiques, soit près de 40% des enfants du pays au premier semestre 2024. C’est pour cette raison que le régulateur a imposé ces nouvelles règles, n’en déplaise aux personnes majeures qui souhaitent accéder à ce type de contenus en toute discrétion.
Face à ces blocages, la solution s’est vite imposée pour les internautes français : les VPN. Ces réseaux privés virtuels masquent l’adresse IP réelle et permettent de se géolocaliser virtuellement dans un autre pays où les restrictions n’existent pas. L’Arcom elle-même reconnaît qu’un Français sur trois utilise désormais un VPN mais la plupart des acteurs sérieux (NordVPN, ExpressVPN, etc.) imposent une vérification d’âge. C’est est toutefois rarement le cas parmi les VPN gratuits, comme l’explique 01net.
“Site de Pétanque”
Et c’est là que Xavier Niel a montré qu’il n’avait peur de rien. Dès le lendemain du lancement de son fameux mVPN, un utilisateur l’interpellait sur X : “Je peux retourner sur les sites de pétanque, Xavier ?” L’allusion aux sites pornos ne trompait personne. La réponse du milliardaire ? Un simple et franc “Oui”.
Le patron de Free récidivait quelques heures plus tard en retweetant un article évoquant un contournement du blocage anti-porno qui se ferait “par hasard”. Son commentaire a fait le tour de la toile. Message reçu : Free ne se cache pas et assume pleinement que son VPN permette d’accéder aux contenus bloqués, malgré ses limitations.
Face aux attaques des politiciens, Free s’est défendu en soulignant que les VPN sont légaux et déjà proposés par des dizaines d’acteurs sur le marché. L’opérateur rappelle aussi que son contrôle parental gratuit reste actif même avec le VPN et que l’activation du service nécessite un accès à l’espace client, théoriquement réservé aux adultes.
Mais avec ce nouveau tweet provocateur, Xavier Niel montre qu’il n’a aucune intention de baisser pavillon. Au contraire, il revendique cette position de défenseur de la liberté numérique face à un régulateur qu’il juge impuissant. Pour lui, Free “rend du pouvoir d’achat aux Français” en démocratisant un service habituellement payant.
L’Arcom se retrouve dans une impasse : sanctionner Free pour avoir proposé un outil légal utilisé à des fins de contournement ouvrirait un débat juridique complexe sur la liberté d’internet.
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