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Visionnaire, il est devenu l’investisseur le plus influent des cryptos

L’une des personnalités les plus controversées des cryptomonnaies en est l’investisseur le plus influent.

Chris Dixon n’est pas entré chez a16z du jour au lendemain. Pour devenir l’ange gardien de Coinbase, et pour que son PDG Brian Armstrong le nomme comme “l’investisseur le plus influent”, l’originaire de l’Ohio aux États-Unis a suivi un long parcours, ignoré de beaucoup mais critiqué par certains comme le fondateur de Twitter Jack Dorsey.

“Mon travail n’est pas de prédire l’avenir”, temporisait-il récemment dans un entretien à Forbes. “Mon travail consiste à être assez intelligent pour savoir qui seront les gens intelligents qui se démarqueront” précisait-il. Visionnaire par sa capacité d’être un chasseur de tête, il a réussi à dénicher les meilleures pépites de la planète, dans la tech avant même de se spécialiser dans les cryptos.

Grâce à lui, un palmarès exceptionnel pour le fonds d’investissement a16z : 14 participations dans des opérations de financement de Coinbase dès 2013 (jackpot lorsque la société est entrée en Bourse), investissement dans Uniswap, une plateforme d’échange de cryptomonnaies décentralisées, dans Avalanche (blockchain) et dans NBA Top Shot, une plateforme de NFT.

De 350 millions à plus de 6 milliards de dollars, les fonds investis par a16z en 2021 ont été multipliés par 17,7 grâce aux performances des entreprises sur lesquelles Chris Dixon décernait ses paris. Le journal new-yorkais Forbes a décidé d’en faire le portrait d’un personnage sans qui vous l’aurez compris, le monde de la crypto n’aurait pas eu la même allure.

Visionnaire de la tech

Quelle sera la nouvelle technologie de la décennie, après celle des ordinateurs dans les années 80, d’Internet dans les années 90, puis des téléphones mobiles dans les années 2000 ? C’est en 2013 que Chris Dixon raconte s’être penché sur la question, avant de décerner son choix vers un investissement de 25 millions de dollars dans Coinbase. Mais avant cette opération, son palmarès dans les paris gagnants était déjà complet.

Kickstarter en 2009, Pinterest en 2011, il disait chercher à trouver les “moonshots”, ces entreprises qui capables de devenir des leaders dans leur domaine à l’avenir. Pour récolter des fonds, il profitait du rachat de ses propres startups, Hunch et SiteAdvisor, dont la première s’est revendue 75 millions de dollars par eBay.

Investisseur à son compte entré à la direction d’un des plus gros VC de la planète, Chris Dixon s’est aussi démarqué sur son blog personnel. En 2010 par exemple, il écrivait un billet pour décrire sa vision sur les technologies disruptives de demain. Pour lui, “les prochaines grandes technologies révolutionnaires commenceront par ressembler à des jouets”, écrivait-il. Un raisonnement qui fait écho aujourd’hui avec l’émergence – parfois moquée – des NFT.

Personnalité et stratégie controversées

Derrière son acclamation, Chris Dixon est aussi critiqué. Remercié de Coinbase, il est pointé du doigt par de nombreux partisans de la finance décentralisée et de Bitcoin. Car en investissant dans Coinbase, a16z a fait le choix de parier sur des acteurs centralisés, qui n’ont d’objectif avec les cryptomonnaies que de faire du profit. Résultat : le web3, qui doit être la prochaine version du web nourrie par des projets décentralisés, par la blockchain et par l’absence de poids lourds comme les GAFA, est menacé.

Jack Dorsey, le fondateur de Twitter qui a quitté son poste de PDG pour se focaliser sur le développement de Bitcoin, fait figure des principaux contestataires de la vision de Chris Dixon et du VC a16z. En décembre 2021, il regrettait dans un tweet : “vous ne possédez pas le Web3. Les fonds d’investissement, eux, le possèdent. […] Le Web3 est finalement une entité centralisée avec un label différent”.

Début avril, il en rajoutait une couche en disant que le Web3 ne réglera pas les problèmes du Web 2.0 à cause de ces fonds qui perpétuent les mêmes erreurs de la finance traditionnelle : problème pour les données personnelles, pour la concurrence, pour la sécurité. Cette fois-ci, il faisait son propre mea-culpa en s’excusant lui-même d’avoir fondé Twitter avec un modèle uniquement basé sur la publicité. Actuellement, Jack Dorsey travaillerait sur son propre réseau social décentralisé.

“L’époque d’Usenet, de IRC, du web… même du courrier électronique (avec PGP)… était incroyable. La centralisation de la découverte et de l’identité dans les entreprises a vraiment endommagé Internet. Je me rends compte que je suis en partie responsable et je le regrette”, écrivait-il.

À la suite de ces propos sur Twitter, Chris Dixon réagissait de façon impulsive et bloquait Jack Dorsey. Lorsqu’il défendait lui-même l’importance d’un Web3 décentralisé dans un thread, Jack Dorsey lui rétorquait “qu’il n’était pas Gandhi” et qu’il était “un fonds déterminé à être un empire médiatique qui ne peut être ignoré”. Ce à quoi Chris Dixon lui répondait qu’il invitait tous les acteurs à le rejoindre pour “résoudre ces problèmes” ensemble.

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