La gare de Villejuif-Gustave Roussy était loin de figurer parmi les favorites. On peut même affirmer sans trembler que c’était loin d’être gagné. Face à elle, on trouvait des mastodontes comme la gare Gadigal de Sydney, la station KAFD de Riyad, celle de Mons en Belgique (signée par la star de l’architecture Santiago Calatrava), ou encore l’imposante gare de Baiyun à Canton. Sans oublier sa voisine de Saint-Denis-Pleyel, également en lice. Toutes ont dû s’incliner devant ce joyau souterrain inauguré le 18 janvier dernier sur le prolongement de la ligne 14.
La gare Villejuif-Gustave Roussy, c’est d’abord un nom : Dominique Perrault. L’architecte français, déjà célèbre pour avoir conçu la Bibliothèque nationale de France, a imaginé un concept pour le moins audacieux : un immense cylindre de 70 mètres de diamètre, creusé à près de 50 mètres de profondeur, coiffé d’une verrière monumentale qui capture la lumière du jour pour la conduire jusqu’aux quais. De quoi inspiré l’auteur de Silo. Cet exploit technique fait de Villejuif-Gustave Roussy la gare la plus profonde de France, détrônant la mythique station Abbesses et ses 36 mètres de profondeur.
Le résultat est saisissant. Les voyageurs qui descendent vers les quais traversent un espace où il n’existe plus de frontière entre la surface et les profondeurs. Dominique Perrault a joué avec les matériaux (inox lisse, perforé, maillé ou poli miroir) afin de faciliter le passage de la lumière et apporter de la modernité à l’ensemble. Les reflets se multiplient, la lumière rebondit.
Faire de chaque gare un lieu de vie
Cette reconnaissance internationale récompense l’ensemble du projet Grand Paris Express qui avait pour objectif de faire de chaque gare un lieu de vie, pas seulement un point de passage. Jean-François Monteils, président du directoire de la Société des Grands Projets, ne cache pas sa satisfaction :
Ce prix récompense notre maîtrise d’ouvrage et l’engagement de l’État aux côtés des filières françaises d’excellence, l’ingénierie comme l’architecture, ici incarnée par Dominique Perrault. Nous avons le même objectif sur les 68 gares du Grand Paris Express : concilier ambition architecturale, insertion urbaine et performance technique.
Au-delà de sa beauté architecturale, la gare joue un rôle clé pour le territoire. Elle dessert directement l’Institut Gustave-Roussy, premier centre européen de recherche et de soins contre le cancer. Pour les milliers de patients, soignants et chercheurs qui s’y rendent quotidiennement, l’arrivée du métro représente une révolution. Désormais, vingt minutes suffisent pour rallier Châtelet-Les Halles, point central de distribution vers les autres lignes.
Implantée au cœur du nouvel écoquartier Campus Grand Parc, à deux pas du parc départemental des Hautes-Bruyères et de ses 25 hectares de verdure, la station s’impose aussi comme un nouveau pôle de vie urbaine. Tout a été pensé pour favoriser les mobilités douces. On trouve par exemple six accès vers l’extérieur et 320 places de stationnement pour les vélos. Et ce n’est qu’un début. Avec l’arrivée de la ligne 15 Sud prévue pour l’été 2026, Villejuif-Gustave Roussy deviendra un nœud majeur du réseau francilien. Les projections tablent sur 100 000 voyageurs par jour.
Fier de cette distinction, le Ministère de la Culture a d’ores et déjà annoncé que la station serait prochainement labellisée “Architecture contemporaine remarquable”. Rien que cela !
- La gare Villejuif-Gustave Roussy a remporté le Prix Versailles 2025, la consacrant plus belle gare du monde devant Sydney, Riyad et Canton.
- Conçue par Dominique Perrault, elle plonge à 50 mètres sous terre tout en captant la lumière naturelle grâce à une verrière de 70 mètres de diamètre.
- Accessible en 20 minutes depuis Châtelet via la ligne 14, elle accueillera 100 000 voyageurs par jour dès l’ouverture de la ligne 15 Sud en 2026.
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