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Votre patron peut-il vous filmer au travail ?

La Cnil vient de sanctionner une entreprise sur ce motif.

Suivi d’activité sur l’ordinateur, enregistreurs de frappes au clavier… les dispositifs de surveillance au travail ont le vent en poupe et les abus potentiels sont justement dans le viseur de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) qui vient de publier un communiqué éclairant à ce sujet.

Un dispositif intrusif

Le gendarme des données personnelles a infligé une amende de 40 000 euros à une entreprise qu’il a choisi de ne pas nommer. Cette société exerce dans le secteur immobilier et elle a surveillé ses salariés de manière disproportionnée.

Il en va ainsi d’un dispositif de vidéosurveillance particulièrement intrusif qui captait les images et le son des salariés dans les locaux. La Cnil précise à ce sujet :

La société ne justifiait d’aucune circonstance exceptionnelle concernant la captation du son et d’images en continu via le système vidéo. De tels agissements portent une atteinte excessive aux droits des salariés.

L’autorité a également sanctionné le recours à un logiciel qui scrutait l’activité de certains collaborateurs. Ce dernier était censé juger de leur travail et de leur productivité en détectant automatiquement si un employé cessait de frapper sur le clavier ou de bouger sa souris pendant 3 à 15 minutes avec de potentielles retenues sur salaire à la clé.

D’ailleurs, cette surveillance particulièrement marquée n’est pas une méthode pertinente pour évaluer l’investissement professionnel, estime la Cnil : « Or, les périodes pendant lesquelles le salarié n’utilise pas son ordinateur peuvent également correspondre à du temps de travail effectif dans le cadre de ses missions (réunions ou appels téléphoniques, par exemple) ».

Fliquer ses salariés est une mauvaise idée

Le risque lié à ce dispositif est aussi qu’il « peut conduire à la captation d’éléments d’ordre privé ». Il en va ainsi des e-mails personnels, ou encore des mots de passe. Le gendarme des données a donc décidé de rendre public ce cas « afin ‘d’informer toute personne soumise à de tels dispositifs ». L’entreprise concernée a accepté de retirer immédiatement son logiciel de surveillance.

Outre ces risques légaux, la surveillance des salariés semble être une très mauvaise idée pour les sociétés. D’après les recherches de David Welsh, professeur à l’université d’État de l’Arizona, ces stratégies ont en effet tendance à inciter les employer à enfreindre les règles ou à mener de petits actes de sabotage : pauses non autorisées, un travail volontairement plus lent, ou encore du vol de matériel plus fréquent. Plus d’informations à ce sujet dans notre précédent article ici.

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