Alors que le monde luttait contre la pandémie de COVID-19, de nombreuses personne ont trouvé un refuge sécurisant dans la nature, découvrant ou redécouvrant ainsi ses bienfaits sur la santé mentale et physique. Jay Maddock, psychologue expérimental et directeur du Centre pour la Santé & la Nature à l’Université Texas A&M, souligne que l’intérêt pour les bienfaits de la nature sur la santé a « explosé » depuis lors.
Un constat établi dans un article publié dans le volume 330 de la revue Scientific American, montrant que la communauté scientifique s’intéresse de plus en plus près à cette thématique dans le cadre de la santé publique. Même si la Terre se réchauffe, ce n’est pas une excuse pour ne pas profiter de ce qu’elle a de plus beau à nous offrir !
Des bénéfices scientifiquement prouvés
Une étude réalisée en 2019 auprès de 19 000 personnes au Royaume-Uni indiquait que celles passant plus de deux heures par jour en pleine nature (parcs, forêts ou plages) étaient en meilleure santé que les personnes qui ne le faisaient pas. Clairement, passer plus de temps dans la nature est associé à une multitude d’avantages pour la santé : réduction de la pression artérielle, renforcement du système immunitaire, diminution des risques de maladies cardiovasculaires et amélioration de la qualité du sommeil.
Cette étude suggère également que le temps passé dans la nature pourrait ralentir le raccourcissement des télomères, des structures composées de séquences d’ADN répétitives situées aux extrémités des chromosomes, qui protègent ces derniers de la dégradation. Avec le temps, ceux-ci raccourcissent et ne peuvent plus protéger efficacement les chromosomes, ce qui est considéré comme un indicateur du vieillissement biologique.
Les preuves mises en évidence par cette étude sont assez claires : se promener régulièrement dans la nature réduit les symptômes dépressifs, allège le stress et améliore la fonction cognitive de manière globale.
Inégalités de santé et d’accès aux espaces verts
Cette recherche a été aussi l’occasion de pointer du doigt un souci majeur : l’accès inégal aux espaces verts dans un cadre urbain contribue aux disparités de santé observées dans les communautés à faible revenu. Celles-ci, souvent dépourvues de parcs de qualité et d’espaces arborés, seraient gravement désavantagées.
Jennifer D. Roberts est spécialiste de l’équité en santé à l’Université du Maryland. La chercheuse note que les quartiers autrefois touchés par le « redlining » (pratiques de discrimination géographique en matière de services financiers et en ressources diverses) ne sont pas logés à la même enseigne que les quartiers « classiques ». Même si le « redlining » est désormais illégale, ces quartiers disposent tout de même de moins d’espaces verts que les zones démographiquement similaires qui n’ont pas été affectées par cette pratique.
Pour Marcia P. Jimenez, épidémiologiste à l’École de Santé Publique de l’Université de Boston, implémenter des espaces verts dans ces zones défavorisées est un point de départ primordial. « Augmenter la verdure parmi ces populations vulnérables pourrait essentiellement s’attaquer aux inégalités de santé. C’est par là que nous devons commencer » explique-t-elle.
La technologie au service de la santé
L’entreprise Nature-Quant a développé un outil spécialement dédié à l’évaluation de l’impact des espaces verts sur la santé mentale, baptisé NatureScore. Celui-ci utilise les données cartographiques provenant de Google Street View en les combinant avec l’indice de végétation par différence normalisée (NDVI). Celui-ci est un indicateur utilisé pour analyser la présence et la condition de la végétation dans une zone donnée en se basant sur des images satellites.
Grâce à cette méthode, il est possible d’obtenir une mesure objective et précise de la verdure environnante d’un lieu spécifique. C’est pourquoi Jay Maddock et son équipe l’ont utilisé dans cette étude menée au Texas en 2024 pour d’examiner comment l’accès aux espaces verts affecte la santé mentale des individus. Les résultats sont sans appel : dans les zones disposant d’un NatureScore plus élevé (avec donc une présence plus importante de verdure) les taux d’utilisation des services de santé mentale étaient nettement inférieurs.
Ces résultats suggèrent que les environnements urbains plus verdoyants peuvent jouer un rôle protecteur contre les troubles mentaux, en garantissant un décor plus apaisant pour les personnes y habitant.
Pour les décideurs et les planificateurs de l’espace urbain, ces données sont particulièrement pertinentes. Les résultats de ces études prouvent non seulement les avantages donnés par la présence de la nature à l’échelle individuelle, mais aussi la possibilité de réduire les inégalités de santé à une échelle plus large en orientant correctement les stratégies de planification urbaine. Si vous le pouvez, sortez-donc de chez vous au maximum dès que vous en avez l’occasion. Pas pour faire du shopping, mais pour prendre un bol d’air frais dans le parc le plus proche !
- Une étude de 2019 menée au Royaume-Uni a prouvé les bienfaits de la nature à l’échelle individuelle, que ce soit pour la santé physique ou mentale.
- Cette même étude a pointé du doigt les effets négatifs de l’inégalité d’accès aux espaces verts, notamment pour les communautés les plus défavorisées.
- Dans une étude de 2024 utilisant le NatureScore, les résultats prouvent que les zones végétalisées au Texas tendent à favoriser le bien-être des individus.
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“Tout ce qui tremble et palpite
Tout ce qui lutte et se bat
Tout ce que j’ai cru trop vite
A jamais perdu pour moi”
Comme le chante Jean Ferrat, ‘C’est beau la vie”. Oui, c’est beau. Le souffle de la vie.
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Quel plaisir de lire par ailleurs, “Des bénéfices scientifiquement prouvés” avec références à l’appui, contrairement à nombre de publicités qui s’en vantent sans que l’on sache jamais par qui prouvés, par quoi, par quelle étude, tout comme ces produits soi-disant élus “produits de l’année” … mais je m’égare.
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La nature est une fontaine de jouvence. Aimons-la comme elle nous aime, respectons-la comme elle nous respecte. Comme on dit si justement, la nature peut faire sans nous, mais pas l’inverse.