Au cours de ces dernières semaines, le réseau social WhatsApp, propriété de Facebook, mais aussi plus grand service de messagerie instantanée au monde avec plus de deux milliards d’utilisateurs, était dans la tourmente après avoir annoncé vouloir mettre en commun les données que l’application récolte, avec celles que Facebook détient déjà.
Une idée qui avait pour but d’alimenter un peu plus les bases de données personnelles du F de GAFA, qui n’est pas vraiment connu pour être un grand défenseur de la confidentialité sur le Net. Dans sa défense du « free internet » Facebook explique en effet que pour garder une utilisation de la toile proche de celle que nous connaissons aujourd’hui, avec une consommation en grande partie gratuite, il faut que les utilisateurs soient prêts à faire des concessions, en offrant leurs données personnelles sur un plateau aux grandes plateformes.
Facebook contre Apple : deux versions du Net
En une dizaine d’années, cet amoncellement d’informations sur la vie de monsieur tout le monde est passé d’un déchet numérique que tout le monde voulait voir disparaître, au plus précieux des métaux d’internet. Toutes les grandes firmes ont basé leur modèle économique dessus, et toutes protègent leurs intérêts en étant assez floues dans l’utilisation qu’elles en font, qui à défaut d’être légale – ce qui n’est même pas toujours le cas – transgresse plusieurs règles morales.
Mais face à la question de la vie privée, des contestations populaires émergent de plus en plus dans le débat public. Si l’annonce d’Edward Snowden à ce sujet commence à avoir quelques cheveux blancs, de nouveaux acteurs sont venus défendre ce credo de la confidentialité numérique, et le plus célèbre de tous, c’est Apple.
La marque à la pomme a en effet pris le pari d’aller à l’encontre de la concurrence et de faire de la confidentialité des données personnelles sa marque de fabrique face à des Google, Facebook et autre Amazon qui les utilisent à longueur de journée à des fins commerciales.
Facebook et WhatsApp dans la tourmente
Ainsi les récentes prises de position de la Pomme ont mis de nombreux géants du Net dans l’embarras, et Facebook a été le plus menacé d’entre eux, lui qui fait reposer la totalité de son modèle économique sur les données personnelles et leur revente aux annonceurs pour faire de la publicité ciblée.
Ainsi quand WhatsApp a annoncé que l’application de messagerie allait communiquer les données personnelles dont elle dispose sur ses utilisateurs à la maison mère Facebook, la fronde populaire a été immédiate. De nombreux utilisateurs ont même quitté le réseau social pour se tourner vers d’autres alternatives, qui prennent beaucoup plus à cœur la question de la protection des données, c’est notamment le cas de Signal, qui a vu son nombre d’utilisateurs exploser depuis quelques semaines.
Des « Statuts » pour plus de transparence
Pour étouffer ce début d’incendie, WhatsApp a donc tout récemment annoncé que le service de messagerie allait mettre en place des « Statuts ». Ces derniers sont des messages, directement publiés par l’application, à l’attention de ses utilisateurs pour les rassurer sur la question de leurs données personnelles. On peut ainsi lire « Ce qui est privé reste privé ». WhatsApp essaye ainsi, avec plus ou moins de succès, de dissiper les doutes quant à une mise à jour future du service de messagerie, qui donnerait à Facebook un accès total aux données personnelles de l’application de messagerie la plus utilisée du monde. Cette dernière était d’ailleurs prévue pour le courant du mois, mais face aux nombreuses contestations populaires elle a finalement été reportée à une date ultérieure.
Malgré les tentatives d’apaisement de la filiale de Facebook, le mal semble être déjà fait, et de nombreux utilisateurs ont quitté l’application pour Signal ou Telegram, les deux grands gagnants de ce scandale. Nous avons fait une vidéo sur ces deux applications, qui sont aujourd’hui les meilleures alternatives si vous souhaitez quitter WhatsApp.
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C’est bien gentil pour toutes ces applications, mais où sont basés les serveurs ? En raison du Cloud Act il est tout aussi important de savoir où sont passés les serveurs !!